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XENOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD : Une insulte à la mémoire de Madiba

La République sud-africaine est en proie à une poussée xénophobe. Les violences contre les étrangers ont déjà causé des morts et créé la psychose dans le pays, le 2 septembre dernier. Ces actes xénophobes, faut-il le rappeler, ne sont pas une première dans le pays. On se souvient qu’en 2008, des violences de ce genre avaient occasionné la mort d’une soixantaine de personnes. Ces plaies à peine cicatrisées,  voilà le pays de Mandela qui retombe dans ses travers.

Cette xénophobie est un comportement indigne de la Nation arc-en-ciel. Il met à mal l’image d’un pays qui devait être le symbole du melting-pot africain. Les auteurs de ces violences ont enlaidi les couleurs de l’Arc-en-ciel. Ce pays, on le sait, a tant souffert dans sa chair, des effets de l’apartheid et s’en est sorti grâce à l’action conjuguée certes, de Sud-africains, mais aussi de ressortissants des autres pays africains et du reste du monde. Il est incompréhensible qu’un peuple qui a bénéficié du soutien multiforme et multidimensionnel d’autres peuples aux heures sombres de son histoire, en vienne à se comporter de la sorte, à chasser de façon si violente les étrangers de son territoire.

Le peuple sud-africain qui sait ce que veut dire l’exclusion, la violence contre un groupe d’hommes, devait plutôt être le chantre de la lutte contre le racisme, la xénophobie et toutes les formes de violation des droits humains. Il est inacceptable que l’Afrique du Sud se rende coupable de tant d’ingratitude et d’une telle barbarie. Ceux qui se sont battus aux côtés du peuple sud-africain dans sa longue marche vers la liberté, sont ainsi payés en monnaie de singe.

Leur attitude est de nature à vendanger   l’œuvre monumentale de Madiba. L’icône du pays et fierté de l’Afrique, a dû se retourner plus d’une fois dans sa tombe. Le combat pour le respect de tout homme, qui ne peut se faire sans le respect de son droit à la vie, que Nelson Mandela a mené toute sa vie, est mis à rude épreuve une fois encore, par de sinistres individus.

Ceux qui estiment que les étrangers sont la cause de leur  malheur, doivent se remettre en cause

 

On peut comprendre l’amertume de la jeunesse sud-africaine en proie au chômage et à la cherté du coût de la vie. Et c’est dire si les élites politiques ont échoué à améliorer substantiellement leurs conditions de vie. Mais ce qui n’est ni compréhensible, ni admissible, c’est le fait de rendre les étrangers responsables de tous les malheurs du pays. Certes, la xénophobie n’est pas le propre de l’Afrique du Sud. Dans bien des pays, les étrangers sont indexés quand la situation économique et sociale n’est pas reluisante. Face au chômage et à la misère, les populations autochtones ont tendance à chercher un bouc émissaire. L’étranger devient de facto   l’ennemi à abattre par tous les moyens.  Et bonjour les dégâts. Mais de tels amalgames doivent être   évités, surtout dans un pays qui se veut symbole du mélange des populations.

La vérité est que très souvent, les immigrés se battent bec et ongles pour réussir. Ils travaillent dur pour s’en sortir dans le pays d’accueil. Ils mènent parfois des activités que les autochtones refusent de faire puisqu’ils les trouvent avilissantes ou peu porteuses. Et quand, à force de sacrifices et d’abnégation, leurs affaires finissent par prospérer, il s’en trouve des individus parmi ceux qui sous-estimaient ce qu’ils faisaient, pour jalouser leur succès.

Bien entendu, certains étrangers ne sont pas toujours exempts de reproches. Mais cela ne saurait justifier la violence aveugle dont ils sont l’objet, comme c’est le cas en  Afrique du Sud actuellement. Il y a de petites querelles, des incompréhensions inhérentes à toute cohabitation. Et les problèmes de cohabitation doivent se régler de façon civilisée et apaisée. Ceux qui estiment que les étrangers sont la cause de leur  malheur, doivent se remettre en cause. Ils doivent se demander s’ils ont fait, eux-mêmes, les efforts nécessaires pour gagner leur vie, s’ils ont travaillé à se doter des compétences nécessaires à la réussite dans tel ou tel autre domaine d’activités.

« Le Pays »

 

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