ZEPHIRIN DIABRE A PROPOS DU MEETING DU CFOP : « C’est un exercice banal qui empêche le pouvoir de dormir »

ZEPHIRIN DIABRE A PROPOS DU MEETING DU CFOP : « C’est un exercice banal qui empêche le pouvoir de dormir »

Le chef de file de l’opposition politique burkinabè a tenu, le 20 avril dernier, une conférence de presse à son siège sis à la zone du bois à Ouagadougou. Cette rencontre a permis aux membres de l’Opposition d’annoncer les couleurs du meeting prévu pour se tenir le 29 avril prochain, à la Maison du peuple de Ouagadougou.
« Surprise », c’est, selon le Chef de file de l’Opposition politique (CFOP), Zéphirin Diabré, l’état d’âme dans lequel se trouve l’Opposition politique après avoir constaté que son meeting prévu pour le 29 avril prochain, fait des « frayeurs dans le camp d’en face ». « Nous avons été surpris de constater que ce meeting qui est un exercice somme toute banal, semble empêcher le pouvoir de dormir », a-t-il déclaré devant les Hommes de médias, le 20 mars dernier. En effet, a-t-il poursuivi, le parti au pouvoir, dès l’annonce de l’événement, a été gagné par une certaine fébrilité, multipliant ainsi des actions pour le boycotter. Sont de celles-ci, foi de Zéphirin Diabré, la tenue de réunions dans certains milieux socio-professionnels où de l’argent a été distribué pour convaincre des gens de ne pas se rendre à la Maison du peuple. « Aussi, des maires du MPP de certains arrondissements ont reçu comme consignes d’organiser des réunions dans leurs secteurs pour soi-disant présenter le PNDES. Des jeunes des secteurs nous ont signalé que des agents, du MPP leur promettent des distributions d’argent exactement à l’heure du meeting et des leaders de partis politiques de l’Opposition m’ont informé qu’ils ont été approchés par des émissaires du MPP qui leur demandent de faire des déclarations pour se désolidariser du meeting », a également énuméré le CFOP. Des actions qui, selon lui, sont à mettre au compte de l’agitation et qui dénotent que la peur est dans le camp de la majorité. En dépit de tout cela, le rassemblement qui, il faut le dire, marque la rentrée politique de l’Opposition, aura bel et bien lieu et, à entendre Zéphirin Diabré, il s’agira de rappeler vigoureusement aux dirigeants qu’ils ont été élus pour s’occuper des problèmes des Burkinabè. Rôle d’ailleurs, a-t-il ajouté, dévolu à l’Opposition et qui est de contraindre, par des activités de protestation, le pouvoir à écouter le cri de cœur des citoyens. Il n’a donc pas manqué d’inviter les militants et sympathisants de l’Opposition et l’ensemble des citoyens à effectuer le déplacement à ce rassemblement qui, contrairement aux dires, ne vise pas à renverser qui que ce soit.
« Les marchés de gré à gré sont distribués aux Hommes d’affaires qui financent le MPP »
Néanmoins, paraphrasant Bassolma Bazié, le Chef de file de l’Opposition dira que « celui qui est mal assis, s’il tombe, c’est son problème ». Cela dit, il a indiqué que le meeting brillera par un certain nombre de particularités. D’abord, selon Zèph, parce que c’est la 1re fois, depuis la fin de la Transition, que l’Opposition politique dans son ensemble organise un rassemblement public. « Jusque-là, nous nous sommes contentés de déclarations écrites ou orales… Il fallait laisser un temps minimal à nos dirigeants pour qu’ils fassent leurs preuves… ; plus d’une année a passé… On n’a rien vu du tout. L’Opposition veut donc hausser le ton pour leur faire entendre les revendications des Burkinabè », a déclaré le chef de file de l’Opposition. Et de poursuivre que la 2e particularité de ce meeting réside dans le fait qu’il survient dans un contexte éprouvant pour les Burkinabè. Contexte qui, de son point de vue, est toujours marqué par les maux qui ont conduit à l’insurrection populaire. « La corruption est plus présente que jamais et les marchés de gré à gré sont distribués aux Hommes d’affaires qui financent le MPP », nous a confié Zéphirin Diabré. Enfin, la 3e donne qui, pour lui, rend le meeting particulier, est que lors de cette rencontre, l’Opposition va publier une plate-forme minimale et organiser son combat autour d’elle. Cette plate-forme dénommée « Plate-forme de combat démocratique », servira de référentiel pour l’Opposition, permettant de juger le travail du pouvoir MPP.
Adama SIGUE

 

Certaines réactions du CFOP aux préoccupations soulevées par les Hommes de médias lors de la conférence de presse

Les Hommes de médias ont demandé quelle appréciation l’Opposition fait des coïncidences entres certaines activités qu’elle mène et l’ouverture de certains dossiers.
Réponse de Zéphirin Diabré : « On peut aussi y voir des tentatives d’intimidation »
« La coïncidence qu’il y a souvent entre les actions de l’Opposition et la réactivation de certains dossiers est une question que nous nous posons également. Il y a le meeting qui est prévu pour le 29 avril prochain et comme par hasard, on réveille le dossier de traduction devant la Haute cour de justice, des membres du dernier gouvernement de Blaise Compaoré. On peut avoir deux lectures de cette situation. Soit c’est une anticipation pour montrer à l’opinion qui nous est favorable, que les critiques que nous faisons à ce niveau ne sont pas fondées. Soit on peut aussi y voir des tentatives d’intimidation pour freiner les ardeurs des partis politiques concernés. Il est clair que si le 29, des membres du dernier gouvernement du président Blaise Compaoré sont convoqués à la Haute cour de justice et qu’ils sont conservés là-bas pendant des jours, ceux qui se trouvent être des chefs de partis politiques membres du cadre de concertation, ne seront pas là. C’est une manière sans aucun doute de couper l’élan à notre niveau. »
Par rapport au choix du site qui peut être source d’insécurité
Réponse de Zéphirin Diabré : « En général, les choses commencent là-bas et ça fini à la Place de la révolution »
« Il est plus facile d’assurer la sécurité dans une enceinte close qu’à l’air libre. Tout le monde sait que la cuvette de la Maison du peuple a aussi une valeur symbolique. C’est très important. En général, les choses commencent là-bas et finissent à la Place de la révolution dans ce pays. C’est facile à contrôler lorsque nous sommes dans une enceinte close. Donc le choix de la Maison du peuple est judicieux. »
Quid de la réconciliation ?
Réponse de Zéphirin Diabré : « Nous avons décidé d’harmoniser notre compréhension de la question »
« Il convient de noter que si la CODER en fait un élément central dans sa politique, cela ne veut pas dire que pour les autres partis politiques, c’est quelque chose qui ne vaut pas la peine d’être considéré. La CODER a échangé avec le reste de l’Opposition et souhaite que cette réconciliation soit prise en considération par l’ensemble de l’Opposition. Nous avons donc décidé d’harmoniser notre compréhension de la question. Un comité sera mis en place pour faire un travail qui nous permettra de nous entendre sur les différents paramètres. D’ailleurs, cela fait écho au mémorandum demandé par les dirigeants du pays pour parfaire la compréhension de la question. La position du Chef de file de l’Opposition repose sur le triptyque « vérité, justice et réconciliation », étant entendu que la justice doit être la même pour tous, indépendante et équitable. Il faut aussi que cela soit opérationnalisé. »
Par rapport à la sortie du Premier ministre
Réponse de Zéphirin : « On dirait que le président de l’Assemblée nationale est un opposant »
Le président de mon groupe parlementaire a su bien résumer la question. Il a dit que le meilleur discours sur l’état de la nation, c’est celui que le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo, a servi. Il n’y a plus rien à dire. Notre réaction, c’est la réaction du président de l’AN car nous partageons l’appréciation qu’il a apportée. Entre autres, le fait d’avoir demandé au PM d’écouter l’Opposition et de ne pas la traiter d’ennemi. Nous sommes des adversaires mais pas des ennemis. C’est peut-être celui qui est étranger à notre affaire qui voit les choses comme cela. Nous qui sommes là, à des degrés divers, nous avons été présents à des moments importants de notre histoire, où le pays aurait pu se déchirer. C’est parce que, de part et d’autre, il y a eu des concessions que nous en sommes là aujourd’hui et que des gouvernements sont nommés et que des Premiers ministres peuvent venir. Vraiment, on dirait que le président de l’Assemblée nationale est un opposant. On dirait qu’il lit dans nos pensées. Il a dit au PM de ne pas se contenter des rapports qu’on lui apporte, mais de descendre sur le terrain. C’est exactement ce que nous avons dit. Parlant du PNDES, il a dit que les gens ne voient pas encore les résultats du PNDES. Il a dit encore au PM que si l’an prochain il se présente devant eux sans leur dire où sont les 18 000 milliards de F CFA, l’hémicycle sera trop étroit pour lui. Ça, c’est fort. Il a intérêt donc à régler cette affaire-là avant l’an prochain. Mais nous, nous n’allons pas jusque-là car nous n’entendons pas lyncher quelqu’un. Nous sommes non violents. Donc, s’il suit bien les conseils que semble lui donner le président de l’AN et s’il n’oublie pas les menaces que l’intéressé a faites à son endroit, peut-être que prochainement, on sera dans de meilleurs dispositions. »
Pourquoi l’Opposition estime-t-elle que la Justice est instrumentalisée ?
Réponse de Léonce Koné : « Nous invitons le régime au respect de nos lois »
« Nous avons, au sein de l’Opposition, des raisons d’avoir des doutes sur la manière dont s’exerce la justice actuellement, surtout en ce qui concerne les dossiers à caractère politique. En tout cas au CDP, nous disons que nous ne sommes pas du tout pour l’impunité. Nous voulons que tous les citoyens burkinabè à qui on a reproché des faits qui constituent un délit, soient poursuivis en Justice et jugés. Mais, nous voulons que cela se passe dans des conditions conformes à nos textes. Pourtant, nous ne sommes pas sûrs que ce soit le cas actuellement. J’en veux pour exemple le procès qui est engagé contre les membres du dernier gouvernement du président Blaise Compaoré. Nous estimons que ces poursuites, dès l’origine, ne respectaient pas la loi burkinabè. Nous invitons donc le régime au respect de nos lois. »
Propos retranscrits par A.S

 

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