ZEPHIRIN DIABRE FACE A LA PRESSE : Le groupe parlementaire  UPC/RD  « est une usurpation de titre »

ZEPHIRIN DIABRE FACE A LA PRESSE : Le groupe parlementaire  UPC/RD  « est une usurpation de titre »

L’Union pour le progrès et le changement (UPC) a animé une conférence de presse en fin de matinée du 9 octobre dernier à son siège sis à Gounghin. Objectif : éclairer les Hommes de médias sur  la situation qui prévaut au sein du parti, suite à l’annonce faite dans la presse, de la création d’un second groupe parlementaire du même parti au sein de l’Assemblée nationale. Pour le président du parti, Zéphirin Diabré, et ses camarades qui ont animé la conférence, le MPP veut débaucher de nouveaux soutiens pour affaiblir l’UPC dans la perspective des élections de 2020. Pour eux, ceux qui prétendent avoir créé le second groupe parlementaire UPC/RD, font une usurpation de titre.

« Il n’existe pas un groupe parlementaire appelé   UPC/Renouveau », pour la simple raison, selon les conférenciers,  que la création des groupes parlementaires se fait à l’issue de la conférence des présidents de groupes parlementaires et d’un acte du président de l’Assemblée nationale. L’UPC tend la main aux « démissionnaires » à qui il pardonne les fautes jusqu’à ce qu’ils quittent définitivement le parti, selon les conférenciers. Visiblement à l’aise devant les journalistes, Zéphirin Diabré et ses camarades ont solennellement appelé le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, à réunir la Conférence des présidents (de groupes parlementaires) et trancher la question le plus urgemment possible, afin de situer l’opinion publique sur la création ou non d’un nouveau groupe parlementaire au sein de l’Assemblée nationale. Pour le moment, le groupe parlementaire « UPC/ Renouveau democratique» n’existe pas, selon les conférenciers. Ils ont fait savoir que la direction du parti avait programmé de rencontrer la délégation des démissionnaires le 7 octobre dernier lorsque celle-ci a, le 4 octobre, notifié verbalement au parti leur volonté de quitter le groupe parlementaire UPC pour en créer un autre. Qu’est-ce qui motive cette initiative des démissionnaires ? Pour les conférenciers, les démissionnaires reprochent au parti de ne leur avoir pas porté secours suite à la révélation, par voie de presse, de l’implication des démissionnaires dans un complot des plus hauts responsables du MPP visant l’UPC, en vue de créer un nouveau parti, dans la perspective des élections de 2020. Pour les conférenciers, il appartenait d’abord aux députés mis en cause par la révélation de presse, d’apporter un « démenti cinglant » à cet effet, pour, selon les conférenciers, situer les militants à la base et l’opinion publique, et rassurer la direction du parti.  Ce qui n’a pas été le cas, alors que c’est la position que le parti attendait d’eux, foi de Zéphirin Diabré. L’UPC était-elle en train de préparer la succession de certains députés au niveau des provinces dans la perspective des élections de 2020, comme l’auraient soutenu les démissionnaires ? Pour les conférenciers, cela est absurde car  ce sont les militants à la base qui choisiront les candidats en 2020, en fonction de leur bilan et non la direction du parti, a précisé Zéphirin Diabré. Les démissionnaires auraient reçu des « assurances très fortes quant à la reconnaissance et au financement » du groupe parlementaire qu’ils créeraient, ont indiqué les conférenciers pour qui leurs arguments, tels le manque de démocratie interne au parti ou l’inégalité dans le traitement des députés, sont aussi infondés que ridicules.

Un complot en gestation depuis janvier 2016

L’UPC est victime d’un complot en gestation depuis janvier 2016, selon Zéphirin Diabré. En effet, la question de rallier la majorité ou de rester dans l’Opposition politique, depuis la réunion du Bureau politique national de l’UPC, semble avoir aiguisé les appétits de certains députés UPC depuis ce temps, à entendre les conférenciers. Ceux qui n’ont pas pu faire prévaloir leurs idées à cette occasion, ont nourri l’idée d’un groupe parlementaire distinct comme un instrument de négociation de postes avec le MPP, cessant de ce fait de participer aux réunions des instances de l’UPC et avançant toujours des prétextes, selon les conférenciers. L’ex-président du groupe parlementaire, Daouda Simboro, est venu pour casser le parti, selon l’actuelle présidente par intérim dudit groupe parlementaire. Le président démissionnaire du groupe UPC qu’il est, a une fois laissé entendre, selon les conférenciers, que « des gens sont devenus ministres à 32 ans, pourquoi à 50 ans d’autres ne le seront pas ? » Ce qui, selon les conférenciers, accrédite l’idée selon laquelle certains sont venus à l’UPC non pas par conviction, mais par intérêt ou calculs politiques. En quittant le groupe UPC, les démissionnaires doivent se souvenir comment ils ont été élus députés, selon le député Moussa Zerbo.  « la marque UPC est un label qui ne peut être utilisé n’importe comment, n’importe quand et par n’importe qui », a-t-il souligné. Et d’ajouter que ce sont l’image de l’UPC et ses logos qui ont été utilisés pour que l’ex-président du groupe parlementaire, Daouda Simboro, soit élu député de la Kossi.  S’il était si fort, l’UPC devrait contrôler la Kossi, mais il (Daouda Simboro) a été battu à plate couture par ses adversaires, s’est-il lâché. De l’avis des conférenciers, certains (parmi les démissionnaires) auraient même fait de la fixation sur 2015, croyant que l’UPC remporterait la victoire et gèrerait donc le pouvoir d’Etat. La plupart d’entre eux seraient des membres de commissions à l’Assemblée, voyageant constamment entre 2 avions et ayant beaucoup d’avantages que bien d’autres députés n’ont pas, ont relevé les conférenciers, spécifiant le cas de Charles Lona Ouattara qui a bien plus d’avantages en sa qualité de 3e vice–président de l’Assemblée nationale. « Je ne suis pas le pouvoir d’Etat, je ne peux pas distribuer des prébendes », a lancé Zéphirin Diabré qui a dénoncé ce qu’il a qualifié de « cercle politico-mafieux au service d’un projet politique à l’évidence funeste » que l’UPC a su déjouer, dit-il, « grâce à la droiture de certains députés intègres qui ont refusé d’adhérer au projet ». Il a indiqué, à ce propos, que de fortes sommes d’argent auraient été proposées à des députés pour faire échouer le projet de motion de censure ou pour boycotter la consigne de vote de l’Opposition lors du vote de la loi PPP (Partenariat public-privé). Les difficultés de la vie dans l’Opposition, peuvent amener des impatiences ou des frustrations ; toute chose qui peut expliquer certains comportements marqués du sceau de l’erreur, a précisé Diabré à l’endroit des démissionnaires. Pour autant,  les uns et les autres ne doivent pas servir de « chair à canon pour des ambitions inavouées », a-t-il ajouté. « Aucun militant de l’UPC n’est plus fort que le parti », a rappelé Diabré pour qui les règles du parti s’imposent à tous, de la même manière. Un principe non négociable à son avis. Les jours à venir, l’opinion nationale saura la suite de l’épisode. Les démissionnaires vont-ils rentrer dans les rangs de l’UPC ? Vont-ils remettre leurs mandats respectifs aux militants comme ceux-ci l’exigent ou bien l’UPC aura-t-elle 2 groupes parlementaires à l’Assemblée ?

Lonsani SANOGO

 

 

 

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4 Commentaires

  1. Octave Denis

    Il ne sied pas de s’offusquer du fait que le ministre de la sécurité Simon Compaoré ait diligenté la sécurisation des domiciles des députés frondeurs de l’UPC qui ont été des cibles de vandalisme et de menaces verbales. En effet, quand des militants et sympathisants de l’UPC, sous l’effet incontrôlé de la colère, ont donné des ultimatums à ces députés avec des propos graves tels que, si vous ne démissionnez pas dans les brefs délais de l’UPC, vous allez rejoindre Salif Diallo. Ce sont des déclarations graves de conséquences pouvant déboucher sur des cas de meurtres parmi les parlementaires frondeurs. Dans une telle atmosphère, les services de sécurité ont l’obligation de prendre des mesures préventives pour assurer l’intégrité physique des députés et de leurs domiciles. A supposer que par excès de zèle, des gens agités au sein de la foule assassinent un ou des députés frondeurs, les accusations pour situer les responsabilités pourraient être diversement interprétées. D’aucuns pourraient accuser des partisans du pouvoir(MPP), d’être des coupables. D’autres, diraient que la responsabilité incombe entièrement à l’UPC et à son leader Zéphirin Diabré, qui aurait été incapable de contenir les mouvements de colère de ses militants. Par conséquent, il n’y a pas lieu d’accabler ni le ministre de la sécurité, ni les CRS qui ont pris des dispositions pour sécuriser les domiciles sous menaces. L’Etat a le devoir d’assurer la sécurité pour tous en cas de besoin, sans discrimination d’appartenance politique ou religieuse.

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  2. Thérèse

    La voie et les méthodes utilisées par le parti du Chef de file de l’opposition(UPC) pour le règlement de ses dissensions internes sont déplorables et aux antipodes des principes républicains dans un état de droit. Les actes d’intimidation et de vandalisme perpétrés par des militants agités de l’UPC contre certains députés frondeurs du parti sont lourds de conséquences. Le président de l’UPC Zéphirin Diabré doit savoir que de tels agissements de ses militants le discréditent ainsi que son parti. Si jamais par excès de colère, en plus des saccages de domiciles, des gens venaient à perdre la vie, la responsabilité du président de l’UPC se retrouvera gravement engagée. Les autorités en charge de la sécurité ont eu de bons réflexes en prenant des mesures pour sécuriser les domiciles des députés ciblés par les actes extrémistes. Ce n’est pas au chef de file de l’opposition qu’on doit enseigner les principes des droits humains qui requièrent que tout litige doit se régler en justice.

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    1. Fayçal

      Quand le profane se donne des aires d’experts, sa fait toujours marré. je vois pas en quoi les agissement honteux des députés frondeurs discréditeraient l’UPC,. c’est plutôt le contraire..
      je passais

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