HomeA la uneAN II DE BASSIROU DIOMAYE FAYE AU POUVOIR : Des signaux positifs qui cachent mal de nombreux défis

AN II DE BASSIROU DIOMAYE FAYE AU POUVOIR : Des signaux positifs qui cachent mal de nombreux défis


Le 2 avril 2024, Bassirou Diomaye Faye, élu Président à la faveur de la présidentielle du 24 mars de la même année, prêtait serment. Il succédait à Macky Sall, devenant ainsi le 5e président de la République du Sénégal. Cela fait donc deux ans que le natif de Ndiaganiao est aux affaires ; lui qui, dès les premières heures de son arrivée au pouvoir, promettait une gouvernance de « rupture » axée sur la justice sociale et la lutte contre la corruption. A l’épreuve du terrain, Bassirou Diomaye Faye a-t-il pu tenir ses promesses ? Autrement dit, en deux ans, le Sénégal se porte-t-il mieux qu’il ne l’avait été ? Autant de questions que bien des observateurs se posent.

 

 

Sous le magistère de Diomaye Faye, les Sénégalais ont connu une baisse drastique des prix des denrées alimentaires

 

A toutes ces interrogations, on ne saurait répondre ni par l’affirmative ni par la négative, comme l’exige le principe grammatical et cela, parce qu’en politique, un oui peut cacher un non et vice- versa. Cela dit, du bilan du président Faye après deux ans au pouvoir, on peut dire qu’il y a des signaux positifs qui cachent mal de nombreux défis. Car, si l’on peut déplorer l’embastillement de certains Sénégalais du fait de leurs opinions, force est de reconnaître que des audits de la gestion de l’ex-président Macky Sall, ont permis de déceler de graves irrégularités qui, faut-il le relever, ont conduit certains anciens caciques au cachot. Et dans la foulée, a été découverte une rondelette dette que le président sortant et son gouvernement avaient soigneusement cachée aux Sénégalais et cela, pour des raisons qu’eux seuls connaissent. Si, pour l’instant, Macky Sall n’est pas inquiété outre mesure, il n’est pas exclu que, dans les jours ou mois à venir, des poursuites judiciaires soient engagées contre lui. Surtout qu’il a fait voir des vertes et des pas mûres à ceux qui lui ont succédé au pouvoir. Ces derniers ont déjà annoncé la couleur à travers la remise en cause de la loi d’amnistie couvrant les crimes commis entre 2020 et 2023, votée sous l’ancien régime. En fait, on ne le sait que trop bien. Derrière la volonté affichée par Dakar, de rendre justice aux victimes, pourrait se cacher une intention de règlement de comptes politiques. L’avenir nous le dira. Mais en attendant, il faut reconnaître que sous le magistère de Diomaye Faye, les Sénégalais ont connu une baisse drastique des prix des denrées alimentaires. Toutes choses dont se félicitent bien des Sénégalais qui estiment qu’en dépit de la situation économique difficile du pays, le successeur de Macky Sall s’efforce de respecter ses engagements. C’est tout à son honneur même si la gestion de la crise universitaire par le pouvoir de Dakar, n’a pas été du goût de certains étudiants qui n’ont pas fait mystère de leur désenchantement. Et c’est malheureusement dans ce contexte que le Président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont choisi pour étaler leurs divergences sur la place publique.

 

 

 

Si Faye et Sonko ne parviennent pas à aplanir les divergences de vues, ils courent à leur propre perte

 

 A preuve, à maintes sorties publiques, le chef du gouvernement, sans aller avec le dos de la cuillère, a volé dans les plumes du chef de l’Etat. Et comme on le sait, derrière ces tirs de barrage, se cache un choc des ambitions dans la perspective de la présidentielle de 2029. En effet, alors qu’Ousmane Sonko ronge ses freins, estimant que son heure a sonné, Diomaye Faye ne l’entend pas de cette oreille si fait qu’il fait feu de tout bois pour briguer un second mandat. La suite, on la connaît. On s’achemine vers un clash ouvert entre les deux hommes aux tempéraments très différents. En tout cas, si Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne parviennent pas à aplanir les divergences de vues qui les opposent, ils courent à leur propre perte et cela, avec toutes les conséquences qui pourraient en découler. Surtout dans un pays comme le Sénégal où l’opinion, très sévère, ne pardonne pas aux hommes politiques, leurs turpitudes.

 

« Le Pays »


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