HomeA la uneCAPTURE DE NICOLAS MADURO :Que peut encore l’ONU ?

CAPTURE DE NICOLAS MADURO :Que peut encore l’ONU ?


L’arrestation éclair, samedi dernier, du président vénézuélien, Nicolas Maduro, par les forces américaines, à Caracas, suivie de son transfert à New-York, a mis en évidence une fracture au sein de l’ordre international. D’un côté, une conception extraterritoriale de l’Etat de droit, revendiquée par Washington ; de l’autre, les principes de souveraineté et de non-agression consacrés par la Charte de l’ONU. Au mépris du droit international, l’Administration Trump est intervenue militairement au Venezuela pour enlever le président Nicolas Maduro et son épouse. Cette intervention militaire a violé littéralement la souveraineté d’un pays et la Charte des Nations unies. L’interventionnisme américain est un coup dur porté à la stabilité du monde. 80 ans après la création de l’ONU, la loi du plus fort semble avoir encore pignon sur rue dans le monde. Sur quelle base légale un Etat, si puissant soit-il, doit-il intervenir dans un autre pays pour enlever son président? Même si certains alliés de Trump ont approuvé son action au Venezuela, bon nombre de réactions à travers le monde, ont condamné une violation de la souveraineté d’un Etat. Dans tous les cas, rien ne peut justifier une telle action, surtout pas les arguments brandis par Trump, qui avait toute la latitude de trouver un compromis avec le Venezuela, à travers un cadre de dialogue et de concertations. En tout cas, le Conseil de sécurité de l’ONU qui a été sévèrement critiqué pour son incapacité à arrêter les guerres à Gaza et en Ukraine, a, là, l’occasion de redorer son blason auprès de ceux qui l’accusent de nonchalance ou d’impuissance face aux différentes crises dont il a la charge.

 

La capacité de l’ONU à maintenir un ordre international fondé sur des règles, est manifestement mise à mal

 

Car, pour certains observateurs, si les Etats-Unis restent impunis pour leurs actions au Venezuela, cela pourrait avoir de très graves répercussions sur d’autres conflits internationaux latents. D’autant plus que la capacité de l’ONU à maintenir un ordre international fondé sur des règles, est manifestement mise à mal.  Cela dit, que peut encore l’ONU, surtout face aux Etats-Unis de Donald Trump ? On a envie de dire : pas grand-chose, si l’on se réfère au passif de cette institution, dont l’autorité est, de plus en plus, bafouée par les nations dites puissantes. Et pire, l’auteur du kidnapping de Maduro, ne rate aucune occasion de se délecter de sa grosse prise, dont la capture, manifestement, va bien au-delà de la lutte contre le narcotrafic. En effet, l’objectif, de l’aveu même de Trump, est de mettre la main sur la première réserve mondiale de pétrole, estimée à près de 300 milliards de barils, soit environ 18% des réserves mondiales ; un volume supérieur à celui de l’Arabie saoudite. Mais le plus inquiétant, faut-il le souligner, c’est cette fascination qu’ont certains, pour le plus fort, notamment celui qui écrase. Une mentalité où l’on confond puissance et justice, autorité et brutalité. Ils deviennent, en effet, de plus en plus nombreux en Afrique, et partout dans le monde, ceux qui ont intégré l’idée que le monde fonctionne forcément de cette façon: les forts commandent ; les faibles se taisent. Et au lieu de questionner ce système, on l’applaudit. Pire, on s’y identifie, comme si la victoire du dominant devenait la sienne.

 

ST

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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