HomeA la uneDRAME MEURTRIER A RUBAYA EN RDC : Que peut faire Kinshasa ?  

DRAME MEURTRIER A RUBAYA EN RDC : Que peut faire Kinshasa ?  


Avec plus de 2 millions de km2, la République démocratique du Congo (RDC) est incontestablement l’un des pays les plus vastes du continent africain. Mais le pays, il faut aussi avoir le courage de le reconnaître, vit des problèmes à la taille de sa superficie, tant et si bien qu’il est constamment sous le feu des projecteurs. En effet, quand ce n’est pas  la guerre qui fauche mortellement des vies humaines, ce sont des catastrophes naturelles qui endeuillent des familles. A preuve, alors que les armes n’ont pas totalement cessé de crépiter dans le Kivu désormais sous contrôle des rebelles de l’Alliance fleuve Congo (AFC)/M23, l’on a assisté à un drame meurtrier d’une grande ampleur à Rubaya, dans la partie orientale du pays.

 

Kinshasa fait un clin d’œil à la communauté internationale dans l’espoir de bénéficier d’un soutien

 

Il s’agit de glissements de terrain qui ont laissé plusieurs cadavres sur le carreau. Combien sont-ils exactement à avoir perdu la vie ? On ne saurait y  répondre ; tant les chiffres divergent. En effet, alors que les autorités locales parlent de 200 morts, la  société civile, quant à elle, évoque un bilan proche de 400 morts. Face à une telle guerre des chiffres, il est difficile de dire qui a raison et qui a tort. Mais une chose est certaine : Rubaya est en deuil suite à des glissements de terrain. En principe, plutôt que de se perdre dans des divergences stériles, cette catastrophe, en elle-même, suffit pour réunir les Congolais autour de l’essentiel. Que nenni ! Pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que Rubaya est une zone placée sous la tutelle de l’AFC/M23 que les autorités congolaises ne veulent pas voir même en peinture ? Dès lors, on comprend pourquoi au lendemain du drame, Kinshasa a appelé «  la communauté internationale à prendre pleinement la mesure  de la situation qui résulte », dit-elle, « d’une occupation armée et d’un système organisé de pillage » par les rebelles et leur parrain rwandais. Une telle sortie, il faut le reconnaître, cache mal un aveu d’impuissance. Car, tout se passe comme si Kinshasa, après avoir opposé vainement une résistance aux rebelles de l’AFC/M23 qui avancent la fleur au fusil, fait un clin d’œil à la communauté internationale dans l’espoir de bénéficier d’un soutien quelconque. Sera-t-elle entendue ? On peut en douter. Car, en dehors des condamnations de principe, aucune grande puissance n’a jusque-là, franchi le pas en volant militairement au secours de la RDC. Pire, même les pays africains tels que l’Afrique du Sud et le Burundi qui avaient dépêché des troupes sur le sol congolais à l’effet de soutenir les forces armées congolaises, ont fini par les retirer pour des raisons diverses, abandonnant ainsi le pays de Félix Tshisékédi à son propre sort. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers Doha au Qatar, d’où, un compromis, on l’espère, pourrait être trouvé entre Kinshasa et l’AFC/M23. A ces pourparlers de paix pourrait s’ajouter le dialogue national que les uns et les autres appellent de tous leurs vœux et dont on espère qu’il produira les résultats escomptés, c’est-à-dire trouver des solutions aux problèmes congolais.

 

L’AFC/M23 doit s’assumer pleinement en œuvrant à une bonne gestion de la catastrophe

 

On attend de voir, ce d’autant que le président Tshisékédi a récemment jeté un pavé dans la mare en posant des conditions qui ont été vite rejetées par la partie adverse, avec à sa tête l’ex-président Joseph Kabila. Mais en attendant, la gestion de la catastrophe de Rubaya montre, si besoin en était, que Kinshasa n’y peut rien. La zone échappant à son contrôle, ses actions sont limitées. Elle est obligée de faire contre mauvaise fortune bon cœur, en se soumettant aux desiderata de l’AFC/M23 qui, à Rubaya, comme dans les autres localités du Kivu, a mis en place « une administration semblable à celle d’un Etat ». Cela dit, puisqu’il contrôle Rubaya, l’AFC/M23 doit s’assumer pleinement en œuvrant à une bonne gestion de la catastrophe et surtout en assurant une prise en charge optimale aux blessés. S’il ne le fait pas, l’histoire retiendra qu’il a manqué à ses responsabilités là où Kinshasa était prête à en assumer les siennes. Toutefois, quand on sait que le site minier de Rubaya, à lui seul, produit entre 15 et 30% du coltan mondial, on ne peut s’empêcher  de se poser une question : à quand le retour de la paix dans l’Est de la RDC ? La réponse à cette question dépendra de la capacité de l’élite dirigeante congolaise à œuvrer pour une équitable répartition des richesses et ce, à travers la mise en place d’une gouvernance vertueuse. A défaut, les mêmes causes continuent de produire les mêmes effets avec à la clé le crépitement incessant des armes.

 

« Le Pays »

 

 

 


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