HomeDroit dans les yeuxEXPORTATION FRAUDULEUSE D’ANES : Sévir pour l’exemple

EXPORTATION FRAUDULEUSE D’ANES : Sévir pour l’exemple


Dans un communiqué rendu public le 9 mars dernier, le ministre en charge des ressources animales rappelle l’interdiction et ce, jusqu’à nouvel ordre, de l’exportation d’ânes. La loi date d’il y a près de dix ans, mais si l’autorité a choisi de la remettre au goût du jour, c’est parce qu’elle estime que le contexte l’exige. Car, faut-il le rappeler, les ânes, depuis quelques années, font l’objet d’une grande  convoitise. Si fait que, par camions entiers, ils sont convoyés vers d’autres pays. Prenant toute la mesure de la situation, l’Union africaine (UA) s’était elle-même invitée au débat en interdisant formellement les exportations d’ânes. Mais le phénomène est très loin d’avoir pris fin. A preuve, dans certains pays limitrophes du Burkina par exemple, il a été procédé à la mise en place d’abattoirs dédiés aux ânes, alors même qu’ils ne disposent pas de ressources asines significatives. C’est dire si  l’espèce asine, à l’allure où vont les choses, est menacée de disparition si rien n’est fait pour la protéger. Surtout que sa peau intervient aussi bien dans la médecine traditionnelle que dans la fabrication des produits cosmétiques. C’est, du reste, pour cette raison qu’il faut féliciter les autorités burkinabè qui ont pris une mesure courageuse en interdisant l’exportation des ânes. Elles ont eu le nez creux. Mais comme on le sait, il y a des gens qui pensent toujours que les textes ne sont pris que pour les autres. Eux, ne se sentent pas concernés si bien qu’ils continuent d’en faire à leur tête. C’est le cas, par exemple, de ces individus sans foi ni loi qui, alors que l’encre même du  communiqué du ministre n’a pas encore séché, s’adonnaient déjà à l’exportation frauduleuse des ânes.

 

L’âne mérite d’être traité avec bienveillance

 

Mais mal leur en a pris, puisqu’ils ont été alpagués et seront, d’un moment à l’autre, situés sur leur sort. C’est le lieu de rendre un hommage appuyé aux services compétents pour leur vigilance. Il faut ouvrir l’œil, et le bon. Car, convaincus que ça n’arrive  qu’aux autres, certains tenteront la même opération. Pour eux, seule la fin justifie les moyens. Il ne faut donc pas donner de répit à ces gens-là qui, chaque jour qui passe, cherchent des failles à exploiter en vue d’atteindre leurs objectifs. C’est dire si la lutte  contre l’exploitation d’ânes requiert beaucoup de fermeté. Ce d’autant que certains, dès qu’on leur fait  miroiter de l’argent, se moquent des textes. Ils affinent leurs stratégies pour contourner les dispositions officielles.  Cela dit, quand on connaît  le rôle très important que joue l’âne dans le vécu quotidien des paysans, on tombe des nues de voir que cet animal ne bénéficie pas des égards auxquels il a droit. En effet, bien plus que tout autre animal, l’âne aide le paysan dans le labour des champs et dans le transport des vivres et autres. Très résilient, il peut travailler en continu durant toute une journée sans relâche. Rien que pour cela, il mérite d’être traité avec bienveillance. Mais  à cause de la recherche effrénée de l’argent, certains paysans préférèrent se séparer de leurs ânes pour se retrouver groggys de leur cupidité pendant la saison des pluies. Et plutôt que les uns tirent leçon des erreurs des autres, ils  préfèrent s’adonner à la même incurie. En tout cas, en temps  normal, les paysans devraient eux-mêmes, être en première ligne de la lutte contre l’exportation frauduleuse des ânes à travers la dénonciation et cela, dans la mesure où leur survie dépend en grande partie de cet animal.

 

Sidzabda

 


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