MORT D’ALEX PRETTI AUX USA, VU D’AFRIQUE :A quand la fin des bavures policières à Minneapolis ?
Que se passe-t-il à Minneapolis aux Etats-Unis ? Telle est la question que bien des observateurs se posent au regard de ce qui se passe dans cette ville américaine située dans la métropole du Minnesota. En effet, le 7 janvier dernier, une Américaine, du nom de Renée Good, y a été tuée alors qu’elle participait à un vaste mouvement de protestation contre la présence de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Deux semaines plus tard, Alex Pretti, un infirmier blanc âgé de 37 ans, a été abattu dans les mêmes circonstances par des forces de l’ordre fédérales. Et ce n’est pas tout.
La mort est en train de se banaliser à Minneapolis
On se rappelle, en effet, que c’est dans cette même ville devenue presqu’une nécropole à ciel ouvert, qu’avait été tué, en 2020, Georges Floyd, par les forces de police, provoquant un véritable tollé mondial. D’où la question : à quand la fin des bavures policières à Minneapolis ? En fait, on ne le sait que trop bien. Cette violence policière trouve son origine dans la politique migratoire du président américain, Donald Trump, qui fait de la répression, un axe majeur. A preuve, peu après l’assassinat d’Alex Pretti, Donald Trump, plutôt que de condamner la Police, s’est illustré par des prises de position qui laissent croire qu’il ne regrette pas les faits. Pour lui, ce sont les dirigeants démocrates de la ville de Minneapolis qui sont responsables de ce qui s’est passé. Certes, il tente de calmer le jeu suite à la clameur qu’ont provoquée ses propos, mais le mal est déjà fait. En tout cas, à l’allure où vont les choses, la mort est en train de se banaliser à Minneapolis si fait que personne n’est à l’abri de violences ou bavures policières. C’est dire si c’est dans l’intérêt des Noirs comme des Blancs, de se donner la main afin de travailler à y faire respecter la vie humaine. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il faut rendre un hommage appuyé à tous ceux qui se sont dressés comme un seul homme, contre la politique migratoire de l’Administration Trump. Vu d’Afrique, le geste de solidarité dont Alex Pretti a fait montre, en défendant la cause des migrants, est à saluer à plus d’un titre. Il a perdu la vie en voulant faire respecter la dignité humaine. Pour lui, au-delà de la race, toute cause humaine mérite d’être défendue. Et c’est tout à son honneur ; tant il aura marqué l’histoire d’une pierre blanche. Maintenant qu’il n’est plus de ce monde et qu’il a montré la voie à suivre, il revient à ses compatriotes qui, comme lui, placent l’être humain au centre de tout, de poursuivre le combat. Car, comme on aime à le dire, seule la lutte libère. Déjà, le mouvement de contestation en cours, est la preuve, s’il en est, que bien des Américains ne partagent pas la même vision que Trump en matière de lutte contre l’immigration. Même si, pour l’instant, il ne recule pas, Donald Trump, face à la pression, pourrait in fine fléchir un tant soit peu.
Les dirigeants africains ne doivent pas aussi rester les bras croisés
En effet, s’il est vrai que les Etats-Unis sont la première puissance mondiale, il reste cependant entendu qu’ils ne peuvent pas vivre en autarcie et ont, pour une raison ou pour une autre, aussi besoin des autres pays. Cela dit, s’ils parviennent, par exemple, à faire bloquer les financements de l’ICE au Congrès, les démocrates auront réussi un coup puisqu’ils pourront ainsi empêcher les recrutements au profit de cette police devenue le fer de lance de la politique anti-migratoire de Trump, et qui, à ce jour, a procédé à l’arrestation de milliers de personnes à travers les Etats-Unis. Quant aux dirigeants africains, ils ne doivent pas aussi rester les bras croisés. En effet, s’ils veulent épargner à leurs ressortissants, des traitements humiliants et inhumains liés à l’immigration clandestine, ils doivent mettre un point d’honneur à améliorer leur gouvernance, notamment en créant des emplois pour les jeunes aux fins de les fixer dans leurs terroirs respectifs. Mais cela semble plus facile à dire qu’à faire dans la mesure où, bien des dirigeants, une fois aux affaires, ne pensent qu’à eux et à leurs proches.
« Le Pays »
