HomeA la uneRETRAIT DU TITRE DE LA CAN 2025 AU SENEGAL AU PROFIT DU MAROC : Quand la CAF se discrédite

RETRAIT DU TITRE DE LA CAN 2025 AU SENEGAL AU PROFIT DU MAROC : Quand la CAF se discrédite


Deux vainqueurs pour une même compétition. C’est la prouesse qu’a réussie la Confédération africaine de football (CAF) qui a retiré, le 17 mars dernier, le titre de champion d’Afrique de la CAN Maroc 2025, au Sénégal, au profit du pays organisateur déclaré vainqueur sur tapis vert. Du jamais vu dans l’histoire du football moderne où de mémoire, jamais l’on n’a assisté à un tel revirement, après l’homologation d’un match, qui plus est, une finale de compétition continentale couronnée par une remise officielle de trophée. C’est dire si cette décision du jury disciplinaire de la CAF, est aussi inédite qu’elle fait scandale aux yeux de nombreux amoureux du football africain.

 

Une affaire qui n’aurait jamais dû dépasser les limites de la pelouse

 

Et elle paraît d’autant plus absurde et incongrue qu’elle intervient deux mois après le couronnement des Lions de la Teranga par l’instance dirigeante du football africain. Et ce, au cours d’une cérémonie officielle organisée à l’issue de la rencontre et en mondovision. Cérémonie au cours de laquelle le président de la CAF himself, entouré de ses collaborateurs, a procédé à la remise du trophée et des médailles aux vainqueurs, en présence d’éminentes personnalités au nombre desquelles le Prince Moulay Rachid, frère du Roi Mohammed VI du Maroc, et le président de Fédération internationale de football et associations (FIFA), Gianni Infantino. Revenir deux mois plus tard pour dire le contraire, tient d’autant plus du ridicule qui contribue à discréditer la CAF et à ternir son image, que beaucoup avaient déjà tourné la page de cette compétition où la controverse concernant les décisions arbitrales, n’a jamais manqué. Nonobstant le fait que le Maroc a brillamment relevé le défi organisationnel.   Et c’est peu dire que la polémique est bien partie pour enfler davantage, avec cette décision décalée de la CAF qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Et qui risque d’avoir un goût amer dans la bouche de nombreux Sénégalais qui s’apprêtent à fêter le Ramadan dans quelques heures. Car, au-delà des arguments avancés, c’est le timing qui pose, ici, le plus problème. Et on aurait compris que le règlement soit appliqué le jour de la finale, et que le Sénégal fût déclaré forfait sur place. Mais en manquant de le faire en son temps, et en laissant la rencontre aller à son terme pour sortir cette décision controversée, la CAF prête d’autant plus le flanc à la critique qu’au plus fort de la compétition, certains l’accusaient déjà de manigances visant à favoriser le couronnement du pays organisateur.  Par ailleurs, force est de reconnaître que même dans le fond, le débat est aussi loin d’être clos. Le Sénégal se réservant le droit, si ce n’est déjà fait, de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour défendre son trophée. C’est dire si l’on est bien parti pour un feuilleton judiciaire pour trancher une affaire qui n’aurait jamais dû dépasser les limites de la pelouse. Et cela est très déplorable. Car, le football est d’abord et avant tout un jeu. Et il ne doit pas perdre son essence. C’est ce qui fait, du reste, sa beauté, en plus d’être un puissant facteur de rapprochement des peuples et de renforcement de la cohésion sociale.

 

Tout porte à croire que la CAF a poussé le bouchon trop loin

 

 Mais dans le cas d’espèce, il faut craindre que cette décision ne contribue à raviver les tensions et les rancœurs entre supporters des deux pays. Et si les choses en restaient là, l’on imagine déjà l’atmosphère dans laquelle pourrait se jouer la prochaine opposition entre les deux nations, sachant que la finale de la CAN a été émaillée d’incidents violents dont le dossier est encore pendant devant la Justice marocaine. Le procès en appel des supporters sénégalais, condamnés en première instance pour des actes de « hooliganisme » lors de la finale de la CAN 2025 et emprisonnés depuis lors, ayant été reporté au 30 mars prochain. Pour en revenir à cette décision qui fait débat, tout porte à croire que la CAF a poussé le bouchon trop loin, en prenant une décision administrative qui remet en cause sa propre crédibilité. Et les conséquences pourraient être d’autant plus dommageables pour son image, qu’en plus de ne pas être à sa première incartade, elle ne semble pas avoir tiré leçon du camouflet à elle infligé par le TAS. Ce dernier avait annulé sa décision, jugée inique à l’époque, de faire rejouer la finale retour de la Ligue des champions africaine 2019 entre l’Espérance de Tunis et le Wydad de Casablanca, qui avait aussi connu des incidents. En tout état de cause, maintenant que la CAF a jeté le pavé du retrait de la Coupe dans la mare, on attend de voir ce qu’il va se passer pour le Maroc et le Sénégal. Et on se demande combien de temps durera cette énième phase des prolongations de cette finale qui n’en finit pas de faire parler d’elle.

 

« Le Pays »

 

 


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