SUCCESSION D’ANTONIO GUTERRES A LA TETE DE L’ONU :Quelles chances pour Macky Sall ?
La succession d’Antonio Guterres au poste du Secrétariat général (SG) de l’ONU, est ouverte. Pour l’instant, ils sont trois candidats en lice. Il s’agit, pour ne pas les nommer, de l’ancienne présidente chilienne, Michelle Bachelet, du Directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Tous les deux cités sont originaires de l’Amérique latine. Le troisième candidat, quant à lui, est Africain d’origine. Il s’agit de l’ex-président sénégalais, Macky Sall. Son dossier a été transmis, en début de semaine en cours, par le président burundais et par ailleurs, président en exercice de l’Union africaine (UA), Evariste N’dayishimiye.
Macky Sall fait face à un goulot d’étranglement de taille. Il ne bénéficie pas du soutien officiel de son pays
Quelles sont donc les chances du prédécesseur du président Diomaye Faye, de l’emporter face à ses adversaires ? La question reste posée ce d’autant que l’Amérique latine qui a aligné deux candidats, réclame le poste du Secrétariat général de l’ONU. Si fait qu’elle pense que son heure a sonné. Et ce n’est pas tout. Car, depuis quelque temps, des voix et non des moindres, s’élèvent pour exiger l’avènement d’une femme à la tête de l’organisation onusienne. On pourrait penser qu’en tant que femme et originaire de l’Amérique latine, Michelle Bachelet est en pole position pour l’emporter face aux deux autres. Mais là aussi, il faudra, pour l’instant, se garder de tout angélisme ce d’autant plus que Washington semble opposée à toute candidature féminine à la tête de l’ONU. C’est dire si le jeu reste ouvert puisqu’aucun des candidats en lice ne bénéficie a priori d’une longueur d’avance sur les autres. Cela dit, Macky Sall pourra-t-il créer la surprise en devenant le troisième Africain et ce, après Boutros Boutros Ghali et Koffi Anan, à occuper le poste de SG de l’ONU ? On attend de voir. En effet, s’il est vrai qu’il a le profil de l’emploi et qu’il bénéficie du soutien de l’UA qui porte sa candidature, force est de reconnaître que Macky Sall fait face à un goulot d’étranglement de taille. Il ne bénéficie pas du soutien officiel de son pays qui lui reproche certains faits. On se rappelle encore les conditions dans lesquelles ce dernier a quitté le pouvoir. En effet, du fait de ses turpitudes, nombreux sont ses compatriotes qui ont perdu la vie dans les violentes manifestations qui avaient secoué le pays. Et comme pour ne rien arranger. Macky Sall, avant de passer la main, a pris sur lui, la responsabilité de cacher la dette du Sénégal et ce, jusqu’à ce que des experts de la Banque mondiale lèvent le lièvre. Toutes choses qui ont contribué à écorcher son image. Avec donc un tel précédent, on se doutait bien que Dakar renâclerait à apporter son soutien à Macky Sall qui, soit dit en passant, a fait voir, sous son magistère, des vertes et des pas mures au président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Donc pour ces derniers, soutenir l’ex-président au poste de SG de l’ONU, serait non seulement une manière de le projeter à la lumière, mais aussi de le soustraire à d’éventuelles poursuites judiciaires.
C’est l’Afrique tout entière qui verrait son image rehaussée si Macky Sall accède à la tête de l’ONU
En l’absence donc du soutien officiel de son pays, tout se passe comme si Macky Sall se lance dans la course à la succession d’Antonio Guterres, avec un pied cassé. Saura-t-il surmonter cet handicap et coiffer au poteau ses adversaires ? C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Car, au-delà du Sénégal, c’est l’Afrique tout entière qui verrait son image rehaussée si Macky Sall accèdait à la tête de l’ONU. Pour cela, il faudra que les uns et les autres acceptent de surpasser leurs ego surdimensionnés en privilégiant les intérêts du continent qui, aujourd’hui plus qu’hier, est déchiré par de nombreux conflits. Cela est d’autant plus important que l’ex-président sénégalais, à ce qu’on dit, entretient de bonnes relations avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (les Etats-Unis, la France, la Russie, la Chine et le Royaume Unis) qui ont droit de veto. En tout cas, pour autant qu’elle souhaite que sa voix porte, l’Afrique, au regard des grands bouleversements mondiaux qui sont en train de s’opérer, gagnerait à présenter un visage uni. « S’unir ou périr », comme le rappelait si bien Kwame N’krumah.
« Le Pays »
