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BURUNDI

Ce changement de style de Ndashyimiye qui rassure

Depuis son arrivée au pouvoir, le président burundais, Evariste Ndashyimiye, multiplie les consultations. En effet, après le clergé, les responsables de partis politiques et les hommes d’affaires les plus influents du Burundi, c’est au tour des anciens chefs d’Etat d’être reçus au palais de Gitega, du nom de la nouvelle capitale burundaise. Domitien Ndayizaye et Sylvestre Ntibantunganya se sont vu dérouler le tapis rouge par le successeur de feu Pierre Nkurunziza. Toute chose que les deux ex-chefs d’Etat ont saluée à sa juste valeur, estimant qu’il s’agit d’une « première » depuis quinze ans; ce qui correspond à la durée du règne du pasteur Nkurunziza.  En tout cas, d’aucuns y voient un changement de style aussi bien dans « la manière » que dans la « forme » d’autant que le nouveau chef d’Etat semble avoir changé de ton dans le discours ; lui qui avait donné des frayeurs à plus d’un lorsqu’il promettait, lors de son investiture, de « poursuivre l’œuvre » de son prédécesseur. Quand on sait que le magistère de son défunt mentor, était fait d’arrestations, d’assassinats ciblés, d’enlèvements et de répressions, on comprend dès lors pourquoi les Burundais avaient vite crié au scandale d’autant que Ndashyimiye était l’un des bras répressifs du régime.

 

Le nouveau président est animé de bonne volonté mais a les mains liées

 

En décidant donc d’aller à l’écoute de toutes les couches socioprofessionnelles, le nouveau président donne l’impression de vouloir rompre avec l’ordre ancien pour in fine, imprimer sa marque. C’est tout à son honneur quand on sait qu’il hérite d’un pays profondément divisé, où les rancœurs sont encore tenaces. Cela dit, il gagnerait à œuvrer pour le retour au pays de tous les réfugiés en vue d’une véritable réconciliation nationale. Car, comme on le sait, le Burundi, sans exception, a besoin de tous ses fils et filles. C’est pourquoi on en vient à regretter l’absence remarquée du major Pierre Buyoya aux côtés des autres anciens chefs d’Etat à Gitega. A-t-il boycotté la rencontre ou bien ne l’a-t-on même pas invité ? Difficile d’y répondre. Pour le moins, on sait que Pierre Buyoya avait maille à partir avec Pierre Nkurunziza qui était allé jusqu’à le déclarer « ennemi numéro un » de son régime.  Autre chose à déplorer dans la gouvernance de Ndashyimiyé, c’est la persécution, dit-on, dont sont victimes les militants et sympathisants de Agathon Rwasa, candidat malheureux à  la présidentielle. C’est peut-être la preuve, comme le disent certains, que le nouveau président est animé de bonne volonté mais a les mains liées par le carré de généraux qui l’ont fait roi.

 

B.O

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