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COUP DE SANG D’EX-REBELLES EN COTE D’IVOIRE : La rançon de la compromission

COUP DE SANG D’EX-REBELLES EN COTE D’IVOIRE : La rançon de la compromission

Encore des bruits de bottes en Côte d’Ivoire ! C’est le moins que l’on puisse dire de la manif hier, 8 mai 2017, d’ex-rebelles qui, pendant quelques heures, ont bloqué l’entrée de la ville de Bouaké. Même si à l’opposé des mutins de janvier, ceux-ci n’était pas armés et ne s’attaquaient ni aux populations ni à leurs biens, ce nouveau coup de sang traduit un profond malaise. Surtout qu’il intervient à un moment où les autorités ivoiriennes croyaient avoir réussi à ramener le calme. On a même envie de dire qu’il s’agit là d’un pied de nez fait au président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara (ADO) qui, pas plus tard que le 1er mai dernier, disait condamner avec la dernière énergie cette manière de revendiquer. Mais quand on examine les unes après les autres les revendications de la centaine d’ex-rebelles démobilisés en colère, à savoir le paiement de primes ECOMOG à hauteur de 12 millions de F CFA et des arriérés de primes caporal de 2007-2011, on a parfois envie de dire que les autorités ivoiriennes n’ont pas su anticiper les choses. Car, en satisfaisant aux revendications de 8 500 ex-rebelles intégrés par le versement de primes, ADO et son gouvernement savaient mieux que quiconque qu’ils avaient ouvert la boîte de Pandore aux conséquences incalculables. La preuve avait été, dans un premier temps, donnée par les militaires et gendarmes non concernés par cet accord financier, qui, à leur tour, s’étaient violemment mutinés si fait que des affrontements qui en ont découlé, on dénombrait quatre morts laissés sur le carreau, notamment à Yamoussoukro, la capitale politique.

Le président Ouattara paie pour ses compromissions avec le diable

Et cette fois-ci, ce sont les "démobilisés" comme on les appelle, qui entrent dans la danse pour réclamer leur part ; en témoigne le slogan qu’ils scandaient : « on veut notre part du gâteau ». En fait, on ne le sait que trop bien. Le président Ouattara paie pour ses compromissions avec le diable. Car, faut-il le rappeler, ces "démobilisés" en colère et leurs anciens frères d’armes qui se sont mutinés en janvier dernier, l’ont soutenu pendant la crise post-électorale de 2010-2011. Et à moins de faire preuve de naïveté, on savait bien qu’en acceptant d’intégrer certains dans l’armée régulière, les choses ne se passeraient pas comme sur des roulettes, c’est-à-dire sans couacs ni anicroches. Et comme pour ne rien arranger, la fameuse réforme de l’armée tant annoncée par le régime Ouattara tarde encore à voir le jour. Or, le pays a lancé en 2016, une loi de programmation militaire jusqu’en 2020, qui prévoit la modernisation et des achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs. Comment alors réformer ou moderniser une armée pleine de contrebandiers dont le but premier n’est pas de défendre l’intégrité du territoire ivoirien, mais de se faire des sous par tous les moyens. En tout cas, il faut espérer que les négociations engagées par les autorités préfectorales de Bouaké avec les croquants, aboutissent à des résultats probants. A défaut, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut craindre une nouvelle rébellion.

B.O

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