COUPURE DU SIGNAL DE RFI EN RDC

COUPURE DU SIGNAL DE RFI EN RDC

Silence, on veut tricher sans témoin

Trois jours après l’élection présidentielle en République démocratique du Congo, l’horizon n’est toujours pas dégagé. En effet, après avoir coupé l’internet au lendemain des votes, les autorités congolaises viennent de procéder au retrait de l’accréditation de la correspondante de RFI à Kinshasa. Décision que cette radio rejette et exige le rétablissement de son signal. Sera-t-elle entendue? Seules les autorités congolaises en ont la réponse. Mais d’ores et déjà, l’on peut, sans risque de se tromper, affirmer qu’en réduisant ainsi au silence la voix de cette radio du monde dans toutes les villes du pays, les autorités congolaises montrent leur volonté de travailler dans l’ombre. Cela est d’autant plus vrai que RFI et l’internet permettent à n’en pas douter aux citoyens qui sont dans l’attente des résultats de s’informer sur les irrégularités constatées çà et là, lors des votes le 30 décembre dernier et sur les manœuvres en cours. Lentement mais sûrement, Kabila et ses acolytes sont en train de franchir le rubicon. Leur attitude montre clairement qu’ils sont en train de préparer quelque chose de louche. En vérité, le pouvoir Kabila veut tricher sans témoin qu’il ne s’y prenait pas autrement. Et l’on ne serait pas surpris de voir Kabila faire un hold-up électoral au profit de son dauphin Ramazani Shadary. Si en plus des irrégularités constatées on en vient à couper le signal d’une radio comme RFI sur l’ensemble du territoire, c’est que le pouvoir ne veut pas que les populations sachent ce qu’il trame dans le noir. Mais comme on le dit, tout ce qui se fait dans le noir finit par remonter à la lumière. Kabila et ses raspoutines doivent savoir que les Congolais ne sont pas dupes. C’est un secret de Polichinelle, le scrutin du dimanche ne s’est pas déroulé dans des conditions de transparence et d’équité. Si Washington estime que ce scrutin n’a été ni, libre ni équitable, c’est que le chapelet d’irrégularités est long et dont certaines auront été produites par des officines du pouvoir dans l’unique but de permettre à son candidat de remporter le scrutin haut la main. C’est pourquoi d’ailleurs, les USA n’excluent pas la prise de nouvelles sanctions contre des responsables congolais qui auraient porté un coup de canif à la démocratie.

 

Eviter que l’alternance soit piégée en RDC

 

Mais cette épée de Damoclès dissuadera-t-elle les sbires de Kabila? Rien n’est moins sûr. En tous les cas, il faut souhaiter que cette menace soit suivie d’effet afin d’éviter le hold-up électoral en cours. Il faut, à tout prix, éviter que l’alternance soit piégée en RDC. Et pour y parvenir, il n’y a pas mille solutions, il faut mettre la pression sur le camp Kabila avant la publication des résultats provisoires par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), prévue pour dimanche prochain. Le hic est qu’en la matière, l’on ne peut trop compter sur les Occidentaux. A cause des immenses richesses du Congo qu’ils convoitent, ils ne peuvent véritablement remonter les bretelles au locataire du palais de marbre. Ce qui n’est pas le cas heureusement, pour l’Eglise catholique qui ne cesse d’œuvrer à ramener dans l’enclos cette brebis égarée. Du reste, en reportant à aujourd’hui la présentation de son Rapport préliminaire d’observation, la Commission justice et paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ne veut sûrement pas faire dans la dentelle. En effet, la CENCO qui dit disposer d’un réseau de 40 000 observateurs a déjà donné le ton. Cette organisation de l’église dit regretter que des observateurs se soient vus interdire l'accès à certains bureaux de vote pendant les opérations de dépouillement. C’est dire si elle est déterminée à recenser le maximum d’irrégularités dont les principaux auteurs ne sont autres que Kabila et ses courtisans. Le contenu de ce rapport pourrait édifier plus d’un Congolais.

Dabadi ZOUMBARA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Google+