A la uneLignes de force

DEBAT SUR LES MESURES SANITAIRES CONTRE LE COVID-19 AU BENIN

Une polémique qui n’a pas lieu d’être

Le Bénin prend les devants. Alors qu’il n’y avait qu’un seul cas confirmé à la date du lundi dernier, le Bénin a décidé de prendre les devants en prenant 11 nouvelles mesures pour lutter plus efficacement contre le coronavirus (COVID-19). Parmi ces mesures sanitaires, la limitation des entrées et sorties aux frontières terrestres, le placement en quarantaine de façon systématique de tous ceux qui entrent au pays par les airs, la réduction de délivrance de visas. Si certains applaudissent la prise de ces mesures jugées musclées, d’autres accusent le gouvernement d’aller trop vite en besogne. Si la réaction de ces derniers est compréhensible au regard des conséquences que les nouvelles mesures pourraient entraîner, l’on ne peut non plus donner tort au gouvernement. Ne dit-on pas que prévenir vaut mieux que guérir? Ne dit-on pas aussi que gouverner c’est prévoir? Le gouvernement est dans son rôle. Face à un péril mondial qui met en quarantaine des mastodontes comme les Etats-Unis, la Chine, etc., le Bénin peut-il se payer le luxe de prendre des risques ? Assurément non. Ceux qui blâment l’Etat béninois doivent comprendre qu’en matière de lutte contre une épidémie aussi contagieuse que le COVID-19, la prévention peut s’avérer une meilleure parade pour contrer la propagation du virus. Si des pays comme l’Italie ont franchi la barre des 2 000 morts, c’est parce qu’ils ont tergiversé dans la prise de mesures préventives. En Afrique, on aime les critiques faciles. Si Talon ne faisait rien et que la maladie se rependait comme une traînée de poudre à travers tout le pays, les mêmes qui lui adressent des critiques acerbes, n’hésiteraient pas à le clouer au pilori. Cela dit, le gouvernement doit veiller à ce que l’application des mesures prises et dont les conséquences sont évidentes, permette de circonscrire le mal. C’est en cela que les citoyens verraient l’utilité de ces mesures qui mettront à coup sûr, la vie du pays au ralenti.

C’est la voie pour espérer se mettre à l’abri du virus

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le COVID-19 vient bouleverser les habitudes des Africains. Et Dieu seul sait combien de temps cela va durer, étant donné qu’aucun remède ni vaccin n’est disponible pour l’heure. C’est pourquoi il ne faut pas lésiner sur les mesures préventives. Si la Chine semble maîtriser aujourd’hui la propagation du mal, c’est justement parce qu’elle a vite pris des mesures drastiques que certains pays d’Europe n’ont pas hésité à critiquer, oubliant que le COVID-19 ne connaît ni race, ni couleur encore moins d’ethnie. En attendant que l’Etat béninois songe à un allègement des mesures, les Béninois vont devoir se plier à celles en vigueur. En tout cas, ils n’ont pas d’autre choix que de respecter les directives gouvernementales. Même si cela crée des grincements de dents, c’est la voie pour l’instant pour espérer se mettre à l’abri du virus. Autant dire que c’est pour leur bien. Du reste, ceux qui s’en prennent au gouvernement doivent savoir que le Bénin n’est pas le seul pays à prendre de telles mesures. D’autres Nations à l’image de la France ou de l’Italie, ont pris des mesures bien plus drastiques. On ne doit pas faire preuve d’irresponsabilité face à un mal qui répand la terreur, fait fuir des amis et même des amoureux. Epidémie que d’aucuns qualifient de mal que le ciel inventa pour punir les crimes de la terre, puisqu’elle n’épargne ni riche, ni pauvre. Si le COVID-19 fait peur aux citoyens et même aux Etats, ce n’est certainement pas à cause du taux de sa létalité puisqu’il n’excède pas 6% en Europe et 4% en Afrique, mais tout simplement parce qu’il est trois fois plus contagieux que la grippe. De 2 à 5 cas, certains pays ont, en l’espace d’un mois, franchi le seuil des 10 000 cas. D’où l’urgence d’employer tous les moyens pour confiner le virus. Et quand on sait que le système sanitaire des Etats africains laisse à désirer, il y a de quoi prendre les devants avant que la maladie ne gagne du terrain. En tout cas, c’est une polémique qui n’a pas lieu d’être.

Dabadi ZOUMBARA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Google+
Fermer