La nouvelle du vendredi

LA NOUVELLE DU VENDREDI : Que veut-il cet homme ?

J’avais décidé ce dimanche de rendre visite à ma tante Rosa et sa fille Mélia. Il faut dire qu’avec ma jeune nièce Mélias, une professeure d’histoire de 23 ans, nous nous entendons bien. Et Mélia connaissant mon adhésion pour les échanges sans barrières, ne manque jamais une occasion de m’entraîner dans des discussions animées et passionnantes.
Après un parcours scolaire et universitaire sans faute, à 24 ans, Mélia travaille à présent dans un collège de la ville de Bobo-Dioulasso. Assis sur la terrasse de leur maison, nous mangions un bon plat de chenilles lorsque son portable sonna. Intentionnellement, elle laissa l’appareil sonné un temps et sans décrocher.
- Oncle, que me veut-il cet homme ?
Je ne savais pas de quoi elle parlait.
- De quel homme me parles-tu ?
- Tonton, tu as certainement oublié, mais une fois, je t’ai parlé de Gildas.

Ce nom me disait quelque chose mais je l’avais certainement oublié.
Alors Mélias se donna la peine de me rafraîchir la mémoire.
- Gildas et moi, c’est une vieille histoire. Nous nous sommes fréquentés pendant trois années sans véritable projet de mariage. Une sorte d’histoire sentimentale et d’amitié sans vision et sans destination. Un soir, il m’a annoncé son mariage avec une autre fille et cela ne m’a fait ni froid ni chaud car j’étais lucide sur notre relation. Je lui souhaitai
heureux ménage !  Tout compte fait, je préférais ainsi tourner la page. Cela fait deux années que Gildas est marié avec en prime un bébé. Nous nous appelions souvent au téléphone. Un soir, il m’appela et souhaita me rencontrer. J’étais hésitante, mais il me convainquit qu’il traversait une période difficile et souhaitait mon soutien au nom de notre vieille amitié. J’ai eu tort de l’écouter. Sans me dire ouvertement les choses, il m’avoua avoir fait la plus grosse bêtise de sa vie en épousant une autre fille qui se trouve être le contraire de ce qu’il imaginait. Une sorte de mea-culpa dans le tard avec son enfant. Lorsque je lui posai la question de savoir ce que je peux faire pour l’aider, il me confia :
- C’est toi que j’aurai dû épouser. Qu’est-ce qui m’a pris ? Je crois que j’étais simplement fou ou aveugle…
- C’est tard Gildas et il faut que tu l’acceptes. Je vais être très claire avec toi, le passé est le passé et jamais, je ne jouerai le rôle de maîtresse. Tu connais mes principes. Et je crois que pour t’aider et te conseiller, il te faut une autre personne. Lui ai-je dit ce jour.
Seulement, Gildas ne veut pas entendre cela. Sous prétexte que nous pouvons nous voir de temps en temps par pure amitié, il ne cesse de m’appeler.
Souvent, je me demande tonton. Que veut-il vraiment cet homme ?
Je ne savais que répondre.
Tante Rosa qui venait d’entrer dans la maison, confisqua la parole.
- Mélia, si c’est de Gildas que tu parles, laisse-moi te répondre franchement. Cet homme ne veut rien et ne souhaite que te créer des ennuis. Il est temps de prendre ton courage et de tourner la page. La vie est faite de choix et chacun doit assumer le sien avec toutes ses conséquences ou avantages. Si cet homme avait voulu de toi, c’est toi qu’il aurait choisi. Mais du moment qu’il a préféré une autre que toi… et bien, qu’il assume.
Je ne sais pas si Mélia suivra le conseil de tante Rosa mais je partageai avec elle le fond de ma pensée : « Une belle amitié peut évoluer vers l’amour. Mais il faut beaucoup de gymnastique et d’habilité pour transformer l’amour en amitié. »

Ousseni NIKIEMA
Tél. : 70 13 25 96
lescontesdedunia@yahoo.fr

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