REOUVERTURE DE LA GRANDE MOSQUEE DE POUYTENGA : Les protagonistes toujours à couteaux tirés

REOUVERTURE DE LA GRANDE MOSQUEE DE POUYTENGA  :   Les protagonistes toujours à couteaux tirés

La communauté musulmane de Pouytenga, en concertation avec toutes les parties prenantes, a essayé de rouvrir la grande mosquée de ladite ville,  le vendredi 17 mai 2018, fermée depuis 3 mois  et demi suite à une crise née entre imams. Cette première tentative a échoué sous une tension vive entre les protagonistes.

 

La nouvelle avait été annoncée au cours d’une conférence de presse animée par Moussa Derra et Guébrila Bikienga, respectivement vice-président et secrétaire général de la communauté musulmane de Pouytenga. Il s’est agi d’informer les participants sur l’évolution générale de l’affaire mosquée, repasser les actions entreprises pour sa réouverture. La décision phare et la dernière est celle de la communauté nationale qui propose d’envoyer des imams pour officier les prières de vendredi, en attendant l’entente entre les deux belligérants, ont déclaré les animateurs de la conférence tenue le jeudi 16 mai dernier. Ces conférenciers rappellent que : « Fermée depuis le 2 février  dernier par arrêté du haut-commissaire suite à une crise  survenue entre des imams  par rapport à la direction de la prière du vendredi 17 mai dernier, la grande mosquée de Pouytenga  a tenté de revivre le vendredi. Depuis ce temps mort, des actions de réconciliation ont été menées dont, entre autres,  plusieurs rencontres avec la communauté musulmane nationale et avec le haut-commissaire de la province, des médiations entreprises çà et là avec le camp adverse… bref, plusieurs pistes de solution ont étés explorées mais jusque-là, tout est resté vain.  En rappel, c’est la direction de la prière de vendredi à tour de rôle proposée par la communauté musulmane de Pouytenga qui a été la pomme de discorde entre les deux camps, à savoir l’exécutif de la communauté musulmane et le camp de l’imam Mahamadi Tassembédo, actuel Imam de ladite mosquée». Des semblants de compromissions entre les deux camps auraient été faits, pour rassurer les autorités et les fidèles. En  effet, « la communauté musulmane nationale a décidé d’envoyer des imams pour diriger ces prières de vendredi, en attendant que les protagonistes s’entendent. C’est ainsi que le vendredi 18 mai dernier, les envoyés devaient venir prier, mais c’était sans compter avec la mauvaise volonté du camp de l’imam Tassembédo qui n’entend toujours pas la solution de cette manière. Ces derniers sont venus encore pour perturber la prière alors qu’on attendait la mission qui était en train de venir. Nous nous sommes aussi défendus et ils ont pris la clé des champs. On note quelques blessés légers », dira  le vice-président de la communauté musulmane de Pouytenga, El Hadj Moussa Derra. En effet, on pouvait constater des personnes armées de coupe-coupe, de gourdins, de fouets, de couteaux, de cailloux et des courses-poursuites étaient visibles. « Evidemment, nos hôtes ont rebroussé chemin à partir de Koupéla. Parmi ces hôtes, il y avait Check Mahamoud Bandé. Nous avions cru qu’à l’occasion du mois béni du Ramadan, on allait enterrer cette crise qui n’a que trop duré. Mais hélas ! Nous tendons toujours la main pour que tous ces milliers de vieilles,  de vieux et autres personnes vulnérables qui vivent autour de la mosquée, en somme, les fidèles, puissent prier le Dieu tolérant. Nous allons approcher nos guides religieux, avant d’entreprendre d’autres voies en vue de pouvoir effectuer la prière le vendredi prochain Inch Allah»,  a ajouté El hadj Moussa Derra. El hadj Idi Kassina, Imam à Samnkaorin, tout comme El hadj Nassirou Koanda, Marwan Cissé et Abdhalla Koanda, tous pro-Imam Tassembédo, rétorquent : « Nous voulons la réouverture de la mosquée, à condition qu’on ne touche pas au côté des Imams qui sont bien organisés depuis l’antiquité. Nous ne serons jamais d’accord pour le principe de la prière à tour de rôle et faire venir des imams d’ailleurs pour la prière. La communauté musulmane est venue trouver les imams. Et le statut est clair là-dessus : « c’est le grand imam qui choisit ses adjoints et personne d’autre. Et puis, retenez que personne ne pourra venir d’ailleurs résoudre ce problème. S’ils veulent la vérité et la paix, qu’ils renoncent à ce projet de diriger la prière de vendredi à tour de rôle», a-t-il conclu. En tout cas, les autorités sont bien prévenues, car, comme le dit l’adage, « mieux vaut prévenir que  guérir ».

Par SIDPASOLGDE

 

 

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