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REVENDICATIONS SOCIALES

L’UAS rejette l’appel à la trêve sociale

 

 

Les secrétaires généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes membres de l’Unité d’action syndicale (UAS) étaient en conclave le 22 juin à la Bourse du travail. Au menu des échanges, la rencontre gouvernement/syndicats et la demande de trêve sociale par le Haut conseil du dialogue social. Dans l’ensemble, les participants ont rejeté la demande de trêve en attendant le retour de la base.

Vers un rejet de la trêve sociale demandée par le Haut conseil du dialogue social ! C’est ce qui ressort de l’assemblée générale des secrétaires généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes membres de l’Unité d’action syndicale (UAS), tenue le 22 juin dernier à la Bourse du travail de Ouagadougou. A l’ouverture des travaux, le président par intérim de mois de l’UAS, Urbain Sandwidi, a donné l’ordre du jour, à savoir la rencontre gouvernement/syndicats et la demande de trêve sociale formulée par le Haut conseil du dialogue social. Après avoir recueilli les avis des participants, il ressort que la tendance s’oriente vers un rejet. Nous concevons mal qu'il soit question d'une quelconque trêve sociale tant que ces engagements ne sont pas satisfaits, rétorque le président par intérim. Mais ce n’est qu’un avis au niveau de la région du Centre. Des circulaires ont été envoyées au niveau des régions pour recueillir leurs avis. En attendant, les relations entre le gouvernement et les partenaires sociaux ne sont pas au beau fixe, foi de M. Sandwidi. « Les relations qui existent entre le gouvernement actuel et les partenaires sociaux, en ce qui concerne les travailleurs, les organisations syndicales, sont des relations empreintes de mépris que nous avons constatées. Depuis la nuit des temps, nous avons régulièrement tenu ces concertations, jusqu’en 2016. Depuis, plus rien. Tout ce que les syndicats ont fait pour approcher le gouvernement pour examiner les points, est resté sans réponse, sans suite. Vous comprendrez avec nous que nos relations sont des relations de négligence, mais nous pensons qu’ils sont conscients que les travailleurs, les partenaires sociaux, la population, sont, dans la chaîne de développement économique de tout pays, une composante à ne pas négliger», a-t-il expliqué. A l’en croire, suite à la demande de trêve formulée par le président du Haut conseil de dialogue social (HCDS), l'Unité d'action syndicale (UAS) du Burkina a répondu par écrit, que la trêve sociale ne se décrète pas. « De façon particulière, les travailleurs de la plupart des secteurs d'activités sont confrontés à la non-mise en œuvre de vieux engagements que le gouvernement a pris avec leurs syndicats et cette non-mise en œuvre se mue parfois en remise en cause », peut-on lire dans la correspondance. A ces engagements, s'ajoute l'exigence du respect de la liberté syndicale. «Nous concevons mal qu'il soit question d'une quelconque trêve sociale tant que ces engagements, dont certains datent de 2012, ne sont pas satisfaits », selon la lettre.

Issa SIGUIRE

 

Quelques engagements non mis en œuvre

- l’opérationnalisation du check off ;
- l’opérationnalisation des permanents syndicaux ;
- la finalisation de la relecture du Code du Travail ;
- la finalisation de la relecture de la loi 033 ;
- la signature et la mise en œuvre de l’arrêté portant tarifs de transport pour les agents publics affectés ;
- la mise en place d'un fichier informatique du foncier;
- la signature de l'arrêté conjoint n° 2013-195/MEF/MFPTSS du 30 mai 2013 portant procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue salariale pour fait de grève ;
- le règlement définitif des dossiers sociaux résiduels, objet de recommandations pertinentes du Comité Paritaire Gouvernement/Syndicats, institué par le gouvernement dont le règlement des droits sociaux dus aux ex-travailleurs de l'ex-ONPF, des travailleurs de l’ex-FASO FANI bénéficiaires de décisions judiciaires individuelles, des travailleurs de l'ex-Voltelec traités par un comité interministériel et validé en Conseil des ministres ;
- la prise des textes et mesures d'application de la loi W 033-2009/AN du 16 juin 2009 portant régime foncier rural pour éviter les expropriations abusives des paysans ;
- l'adoption des différents textes nécessaires à la mise en œuvre des élections professionnelles ;
- le relèvement des salaires des travailleurs du privé;
- la baisse des tarifs de l'eau et de l’électricité ;
- la baisse des prix des hydrocarbures;
- la finalisation de l'étude en vue de la prise en compte des indemnités et autres accessoires dans le calcul de la pension des fonctionnaires, y compris les fonctionnaires détachés;
- la réouverture des gares ferroviaires ;
- l'élaboration des textes pour la création et la mise en service, d'ici juin 2017, d'une Agence générale de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) pour aider à sauvegarder les intérêts de l’Etat, notamment par l’identification et la saisie des bleus et fonds détournés par les dignitaires du régime de Blaise Compaoré, en vue de recouvrer l’ensemble des biens et fonds expatriés ;
- le passage de la RTB et des Editions Sidwaya au statut de société d’Etat.

Source : Correspodance de l’UAS

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