HomeA la uneTIRAILLEMENTS AUTOUR DU PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE SUR FOND DE RIVALITE FAYE/SONKO : Cette guéguerre qui peut affecter la vie de la Nation

TIRAILLEMENTS AUTOUR DU PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE SUR FOND DE RIVALITE FAYE/SONKO : Cette guéguerre qui peut affecter la vie de la Nation


Au Sénégal, le projet de loi de finances rectificative porté par le gouvernement, fait l’objet de tiraillements. Et le chef du parlement, Ousmane Sonko par ailleurs président des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF), majoritaires à l’Assemblée nationale, a mis en garde contre ce projet de loi dont il exige la relecture de certains points, sous peine de subir la fatwa de ses élus. Et avec 130 députés sur les 165 que compte le parlement, c’est peu dire que le PASTEF, à lui seul, a les moyens pour faire rejeter ce projet de loi par la Représentation nationale. Ce qui mettrait le gouvernement dans l’embarras. Et tout porte à croire que le patron du perchoir est prêt à mettre ses menaces à exécution, s’il n’est pas entendu. Comment peut-il en être autrement quand on voit la tournure qu’a prise sa rivalité avec le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, son compagnon de lutte d’hier devenu son plus farouche adversaire aujourd’hui ?  Toujours est-il qu’en fondant son propre mouvement politique pour marquer la rupture avec le PASTEF, le chef de l’Etat a mis fin à une relation autrefois fusionnelle avec son ancien allié, mais désormais marquée par une stratégie de positionnement dans la perspective de la présidentielle à venir. Et la rivalité entre ces deux figures emblématiques du pays, est aussi forte que la rupture a été violente avec le débarquement fracassant de l’ancien Premier ministre aujourd’hui stratégiquement installé à la tête du parlement dont il semble vouloir se servir pour tailler des croupières au chef de l’Etat. L’on est d’autant plus porté à le croire que tout, dans le comportement d’Ousmane Sonko, montre que le natif de Thiès est impatient de devenir calife à la place du président Bassirou Diomaye Faye qu’il a pourtant contribué à faire roi. Une querelle de leadership potentiellement d’autant plus lourde de conséquences pour le pays que les partisans du chef de l’Etat affichent, de leur côté, leur volonté de le voir poursuivre son action à la tête du pays, au-delà de son premier mandat en cours. C’est dire si cette guéguerre entre le chef de l’Etat et son dauphin constitutionnel peut affecter la vie de la Nation. Surtout si les relations entre les deux hommes devenus très méfiants l’un envers l’autre, doivent tourner à la paranoïa dans une volonté de s’affaiblir mutuellement ou de se nuire politiquement. Toujours est-il que depuis qu’il s’est installé au perchoir, ce n’est pas la première fois qu’Ousmane Sonko tente d’imposer le tempo de la musique au gouvernement. On se souvient, en effet, de ces propositions de lois sur l’encadrement des fonds spéciaux et la réforme visant à modifier l’équilibre des pouvoirs entre l’Exécutif et le Législatif, votées toutes deux à l’Assemblée nationale, mais successivement retoquées par le Conseil Constitutionnel. Et ce dans un contexte où l’opposition emmenée par le PASTEF, n’a eu de cesse de mettre la pression sur le pouvoir autour du calendrier électoral concernant les locales ; le mandat de ces élus départementaux et municipaux arrivant à échéance en janvier prochain. De bonne guerre pour un Ousmane Sonko désireux de profiter de l’assise de son parti et de sa capacité de mobilisation sur le terrain face à un Bassirou Diomaye Faye qui a visiblement besoin de temps pour mieux implanter son jeune mouvement et qui semble jouer la montre. Mais tout porte à croire que dans ce duel fratricide sur fond de calculs politiciens, l’ancien maire de Ziguinchor est loin de s’avouer vaincu. Et il n’est d’autant pas prêt à jeter les armes que ce projet de loi de finances rectificative n’est pas son seul point de désaccord avec l’Exécutif. Il ne voit pas non plus d’un bon œil le recours au mécanisme du G20, de restructuration de l’importante dette du pays. Autant de points de dissensions qui ne mettent pas le Sénégal à l’abri d’un blocage institutionnel, si le veto du parlement devait peser quelque part. Reste à espérer que pour le bien du pays, un compromis sur la question sera trouvé. Autrement, le prix à payer pourrait être lourd pour le peuple sénégalais. Et ce serait dommage que cela soit de la responsabilité de ces deux personnalités qui fondaient les espoirs de tout un peuple, mais qui se retrouveraient à en être les bourreaux pour une question d’ego et d’ambitions personnelles.

 

« Le Pays »


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