BOULANGERIES EPINGLEES POUR MANQUEMENTS A LA REGLEMENTATION : Le nécessaire renforcement du contrôle
Une opération de contrôle menée en fin d’année 2025 par les services compétents, en l’occurrence la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM), a permis d’épingler plusieurs boulangeries de la place pour de graves manquements à la réglementation en vigueur. En effet, pendant que certaines boulangeries rusaient avec le poids de la baguette du pain, d’autres exerçaient dans l’illégalité parce que ne disposant d’aucune autorisation d’exercer. Et ce n’est pas tout. Il y en a qui ne se soucient pas des conditions d’hygiène dans lesquelles est fabriqué le pain. A l’issue donc du contrôle, certaines boulangeries ont été sommées de fermer, et d’autres ont vu leurs premiers responsables interpellés. Pour une opération de salubrité publique, c’en est une. Surtout quand on sait que le pain est l’une des denrées qui est beaucoup consommée. On ne peut donc pas tolérer que les uns s’amusent avec la santé des autres. Tout se passe, en effet, comme si, pour certains, le commerce rime toujours avec fraude si bien qu’ils travaillent toujours à se frayer un chemin pour contourner les textes en vigueur. Et Dieu seul sait s’ils sont nombreux qui agissent ainsi ; l’essentiel étant pour eux de se faire des sous. A ces gens-là, il faut leur opposer la réglementation dans toute sa rigueur afin qu’ils comprennent que les textes sont faits pour être respectés.
Les services compétents doivent multiplier les opérations de contrôle sur le terrain
Cela dit, l’opération fructueuse conduite par les services de contrôle dans les boulangeries, n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu la collaboration des populations. C’est pourquoi il faut saluer les hommes et les femmes dont les dénonciations ont permis d’arriver à ce résultat. Il y va de l’intérêt de tous. Car, comme l’a relevé le premier responsable de la LCB, « la réglementation, à elle seule, ne suffit pas ». Pour être efficace, elle doit être accompagnée de la veille citoyenne qui permet de connaître la réalité du terrain avec parfois ses pratiques malsaines. Il faut donc que les uns et les autres sachent vigilance garder en optant pour la culture de la dénonciation. C’est à ce prix que l’on peut espérer troubler le sommeil de tous ceux-là qui ont fait le choix de fouler au pied la réglementation en vigueur pour n’en faire qu’à leur tête. La preuve est qu’en dépit de la décision prise par l’autorité gouvernementale, fixant le prix et le poids du pain, il s’en trouve des boulangeries qui rament à contrecourant. Faut-il y voir de la bravade ? Ou s’agit-il d’une stratégie visant à se faire des sous sur le dos du pauvre consommateur ? C’est pourquoi il faudra, s’il y a lieu, revoir la législation en vigueur afin de durcir les mécanismes de répression. Cela pourrait dissuader les éventuels apprentis sorciers qui, dans l’ombre, sont en train d’affiner leurs stratégies pour pouvoir commettre leurs basses besognes. Et ils sont si téméraires qu’ils sont prêts à tout jusqu’au jour où ils seront épinglés. C’est dire si autant les citoyens ne doivent pas hésiter à dénoncer tout acte suspect, autant les services compétents doivent multiplier les opérations de contrôle sur le terrain. Car, s’ils savent que les contrôleurs peuvent inopinément débarquer dans leurs établissements respectifs, les tenanciers prendront les dispositions pour se conformer aux normes afin d’échapper aux éventuelles sanctions. Mais s’ils savent qu’après leur passage, les contrôleurs n’y reviendront plus si ce n’est dans un an, certains vont reprendre leurs vieilles mauvaises habitudes avec tout ce que cela comporte comme conséquences pour le consommateur.
Sidzabda
