HomeA la uneSORTIE DALEIN DIALLO SUR LA GOUVERNANCE EN GUINEE : Comme de l’eau sur les plumes d’un canard

SORTIE DALEIN DIALLO SUR LA GOUVERNANCE EN GUINEE : Comme de l’eau sur les plumes d’un canard


Le processus électoral a connu son épilogue en Guinée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses se sont déroulées comme l’imaginaient les uns et les autres. Car, sans surprise, c’est le général Mamadi Doumbouya qui, à l’issue d’une transition qui aura duré plus de trois ans, a remporté haut la main, la présidentielle. Son investiture, sauf changement de dernière minute, est prévue pour se tenir le 17 janvier prochain à Conakry. Mais comme on le sait, la victoire, pour ainsi dire du tombeur d’Alpha Condé, fait l’objet de controverses de la part de certains poids lourds de l’opposition qui ont été écartés du jeu électoral.

 

 

Mamadi Doumbouya est en train de faire place nette

 

C’est le cas de Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), en exil en Côte d’Ivoire, qui, sans porter de gants, n’a pas hésité à dénoncer les « dérives autoritaires » du locataire du Palais Sékoutouréya  qu’il accuse d’être à l’origine des maux actuels dont souffre la Guinée. Tout en regrettant une confiscation du pouvoir, il estime que la dernière présidentielle dans son pays, plutôt que de permettre un retour à l’ordre constitutionnel, n’a fait que consacrer la « prolongation de la transition ». Il n’a peut-être pas tort ce d’autant qu’aux premières heures de son arrivée au pouvoir, Doumbouya avait manifesté la volonté de « mettre de l’ordre » et de passer la main le plus rapidement possible. Mais l’appétit venant en mangeant, l’officier militaire a fini par prendre goût au pouvoir si fait qu’il a décidé, à la surprise générale, d’être candidat à sa propre succession. Et brochant sur le tout, bien des Guinéens l’accusent d’avoir érigé la peur en mode de gouvernance. A preuve, bien des hommes politiques ont été contraints à l’exil ou à la clandestinité au moment où des acteurs de la société civile sont embastillés. D’autres sont même portés disparus. C’est le cas, par exemple, de Foniké Mengué, Mamadou Billo Bah et Mourane Camara dont on est sans nouvelle depuis maintenant plus d’un an. C’est dire si Mamadi Doumbouya est en train de faire place nette. Manifestement très allergique à la contradiction, il a travaillé à s’assurer la victoire à la présidentielle du 28 décembre dernier. Si l’on en juge par le manque de poigne et d’épaisseur des candidats auxquels il faisait face, on comprend que les choses étaient pliées d’avance. Et comme si cela ne suffisait pas, Doumbouya continue sa phagocytose. Car, certains partis politiques de l’opposition sont menacés de dissolution dans les jours ou mois à venir. En effet, ces partis sont sommés de tenir régulièrement leurs instances alors même que leurs leaders ont fui la Guinée. C’est le cas, par exemple, de l’UFDG de Dalein Diallo qui, pour ainsi dire, est en sursis. Car, le premier responsable, en exil, qui est d’ailleurs sous le coup de poursuites judiciaires, ne prendra pas le risque de faire le déplacement de Conakry sous peine de se faire alpaguer tel un malpropre. Du reste, l’intéressé lui-même le reconnaît. Derrière cette pression sur l’opposant, difficile de ne pas voir la main du pouvoir.

 

Dalein Diallo préfère prolonger son exil

 

« Ce n’est pas le moment de rentrer, compte tenu du danger que je représentais… », a-t-il laissé entendre. C’est donc clair. Conscient qu’il joue gros en rentrant, dans les conditions actuelles au bercail, Dalein Diallo préfère prolonger son exil. Mais tout laisse croire que pour le maître de Conakry, toutes les flèches lui sont décochées sur son boubou, comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Il n’en a cure. En tout cas, à l’allure où vont les choses, les uns et les autres s’interrogent sur l’avenir des partis d’opposition emblématiques en Guinée.

 

« Le Pays »


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