HomeA la uneVICTOIRE DU SENEGAL A LA CAN 2025 :Les Lions de la Teranga au sommet de l’Atlas

VICTOIRE DU SENEGAL A LA CAN 2025 :Les Lions de la Teranga au sommet de l’Atlas


La finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) s’est disputée à guichets fermés, le 18 janvier 2026, dans une forteresse en ébullition et devant une marée humaine rouge et verte, en transe. Dans le Stade Moulay Abdellah de Rabat saturé de supporters et de ferveur, les Lions du désert marocain et ceux de la savane sénégalaise ont décidé de poser leurs griffes sur le match et de rugir dès l’entame, attaquant la rencontre pied au plancher, sans calcul ni retenue. Dans ce rendez-vous footballistique avec l’histoire, le Sénégal n’a pas seulement affronté le Maroc sur le terrain. Il a défié un contexte hostile, une pression populaire écrasante et une équipe hôte portée par cinquante années d’attente et de mémoire collective chargée de frustrations, depuis la génération fondatrice de la CAN 1976, jusqu’aux promesses maintes fois ajournées des décennies suivantes.

 

Le Sénégal sort de cette CAN doublement consacré

 

 

Face à cette charge émotionnelle, les Lions de la Teranga ont opposé le calme des équipes mûres, la force de celles qui savent où elles vont. Cette victoire sénégalaise ne relève ni du hasard ni d’un simple exploit isolé. Elle s’inscrit dans la continuité d’un projet patiemment construit, fondé sur la rigueur, la constance et une identité de jeu assumée depuis plusieurs années. Porté par un encadrement expérimenté et une génération arrivée à pleine maturité, le Sénégal a démontré que son ascension au sommet du football africain, n’était ni conjoncturelle ni accidentelle. Tactiquement, cette finale fut un véritable bras de fer entre deux adversaires pétris d’expérience. Le Maroc, fidèle à la philosophie de Walid Regragui, a fait preuve de sobriété, de lucidité et d’une grande intelligence situationnelle, cherchant à resserrer les lignes et à exploiter les failles de l’adversaire. En face, les Lions de la Teranga ont opposé une puissance collective impressionnante, une rigueur défensive héritée de l’école Giresse-Cissé et une capacité remarquable à absorber la pression avant de frapper au but au moment opportun. Le Sénégal n’a pas cherché la domination stérile. Il a accepté de laisser l’initiative par séquences aux Marocains, de subir parfois, avant de faire la différence avec un réalisme froid et une précision chirurgicale, appliquant ainsi à la lettre cette maxime éternelle que seuls les grands savent incarner : les finales ne se jouent pas, elles se gagnent. Cette victoire, aussi précieuse que disputée, ne doit en rien occulter la noblesse du Maroc. Le pays hôte a livré un combat franc, loyal et âpre, semant le doute et provoquant la peur dans la tanière sénégalaise jusqu’à la dernière minute de match. Par la qualité de son jeu et son engagement total, il a prouvé que son talent demeure immense et que sa dignité reste intacte malgré la défaite. Au total, le Sénégal sort de cette CAN doublement consacré. Sacré par le résultat, mais aussi par la confirmation éclatante de son statut de puissance continentale durable.

 

 

Cette CAN aura été une véritable ode au football africain

 

 Le Maroc, lui, peut se prévaloir d’un succès tout aussi majeur en dehors du terrain : une organisation d’orfèvre, des infrastructures dignes des plus grandes scènes internationales, et un public fervent mais discipliné. Le Royaume chérifien a placé la barre très haut et oblige désormais les futurs organisateurs de la CAN à revoir leurs ambitions à la hausse. Toutefois, malgré ce bilan globalement positif, il serait malhonnête de parler de perfection. L’arbitrage a, une fois encore, joué les trouble-fêtes. Déjà pointée du doigt lors des éditions précédentes, cette plaie qui peine à se cicatriser, a suscité incompréhension et frustration. Tant que cette question structurelle ne sera pas traitée avec rigueur et exigence, le football africain traînera une ombre inutile derrière ses progrès pourtant éclatants. En dehors de cette fausse note persistante, cette CAN aura été une véritable ode au football africain, longtemps caricaturé comme instinctif et désorganisé. A Rabat, le continent a montré qu’il s’est affranchi de ses complexes, en conjuguant intensité, intelligence tactique et qualité technique. L’Afrique n’a pas seulement sacré un champion, elle a également affirmé une ambition : celle d’un football prêt à jouer juste et à se faire respecter sur toutes les pelouses du monde, à quelques mois du Mondial 2026. Rideau donc sur cette 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, qui laisse derrière elle des sourires éclatants, des larmes discrètes, mais surtout une satisfaction largement partagée quant à la qualité du spectacle offert. Mention enfin au Nigeria, solide troisième, vainqueur de l’Egypte au terme d’un duel haletant et d’une séance de tirs au but cruelle pour les hommes du légendaire Hossam Hassan.

 

« Le Pays »


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