CANDIDATURE DE DENIS SASSOU NGUESSO A UN 5e MANDAT : C’est le contraire qui aurait étonné
Après plus de quatre décennies au pouvoir, le président Denis Sassou Nguesso, n’est toujours pas prêt à faire valoir ses droits à la retraite. Loin s’en faut ! Aujourd’hui âgé de 82 ans, le fils d’Edou a annoncé, le 5 février dernier, à l’occasion d’une foire agricole, sa volonté de briguer un cinquième mandat à la présidentielle du 15 mars prochain. C’est le contraire qui aurait étonné. En tout cas, avec l’annonce de cette candidature, il ne faut pas rêver d’alternance au Congo Brazzaville. On est d’autant plus fondé à le penser que le système électoral congolais est verrouillé de l’intérieur. Et ce n’est pas tout. Denis Sassou Nguesso a travaillé à réduire l’opposition à sa plus simple expression. En effet, tous les poids lourds qui pouvaient lui tailler des croupières, ont été jetés en prison. Et ce n’est pas le général Jean-Marie Michel Mokoko qui purge une peine de vingt ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat, parce qu’il avait contesté la victoire du prince régnant, en 2016, qui dira le contraire. Pour sa part, si le révérend pasteur Ntumi refuse de prendre part à la présidentielle, c’est sans nul doute parce qu’il est convaincu que le scrutin est joué d’avance. Et il n’a peut-être pas tort. D’ores et déjà, l’opposition accuse le président Sassou de mener une campagne avant l’heure parce qu’il a entrepris de sillonner les grandes régions de son pays pour non seulement vanter ses réalisations au cours de son mandat de 2021-2026, mais aussi faire des promesses en cas de réélection. Cela dit, si l’opposition, du moins ce qu’il en reste, a opté pour le boycott massif, parce qu’à ses yeux, les conditions d’une élection transparente et équitable ne sont pas réunies, le président Sassou aura, à coup sûr, des opposants « motards » pour l’accompagner, afin de légitimer sa victoire qui se profile à l’horizon.
Tout laisse croire que ce n’est pas demain la veille que les Congolais connaîtront une vraie alternance démocratique
Mais, comme le dit l’adage, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Mais cela, Sassou n’en a cure ; l’essentiel, pour lui, étant de remporter la victoire. Tout porte à croire que l’homme, tout comme certains de ses pairs de l’Afrique centrale, à l’image de Paul Biya, veut régner ad vitam aeternam. Sinon, que peut-il encore proposer à son peuple en cinq ans qu’il n’ait pas encore donné en quarante ans ? Cela dit, si le locataire du Palais du Peuple continue de boire tranquillement son petit lait, pardon son champagne, c’est parce que bien des Congolais vivent dans la résignation, attendant que Dame nature fasse son œuvre. On le sait, il y a une chape de plomb qui s’abat sur le peuple congolais, surtout sur les opposants et autres défenseurs de la démocratie et des droits humains. Et tout laisse croire que ce n’est pas demain la veille que les Congolais connaîtront une vraie alternance démocratique. Ce d’autant que ce n’est un secret pour personne que Sassou prépare son fils Christel à lui succéder. Pauvres Congolais ! Car, il n’est pas exclu qu’une fois parvenu aux affaires, le fils marche dans les pas de son père dont la gouvernance politique est loin d’être vertueuse.
Dabadi ZOUMBARA
