GESTION DES INONDATIONS AU KENYA : Au-delà des mesures ponctuelles…
Le ciel est-il en train de tomber sur la tête des Kényans ? Telle est la question que l’on ne peut s’empêcher de se poser et ce, au regard des pluies torrentielles qui se sont abattues sur Nairobi, la capitale du Kenya, dans la nuit de vendredi à samedi. Le bilan, encore provisoire, fait état de 23 morts laissés sur le carreau sans compter les nombreux dégâts matériels. Pour faire face à la situation, le président William Ruto a ordonné le dépoiement d’une équipe d’intervention essentiellement composée de soldats et cela, en vue de coordonner les opérations de sauvetage. Tout en présentant ses condoléances aux familles touchées par la catastrophe, il a aussi ordonné le déblocage et la distribution de « réserves alimentaires stratégiques » aux victimes des inondations. Mais toutes ces mesures d’urgence sont loin de sédater les Kényanes et Kényans qui, sur les réseaux sociaux, laissent éclater leur colère. Pour eux, s’il est vrai que les phénomènes naturels sont difficiles à anticiper, le gouvernement est en partie responsable de ce qui est arrivé ; lui qui, disent-ils, avait promis de revoir la qualité des infrastructures, mais qui, on ne sait pour quelle raison, n’a donné aucune suite à sa promesse. Si fait que cet Exécutif se retrouve aujourd’hui groggy de ses propres turpitudes, contraint de parer au plus urgent. C’est dire si, au-delà des mesures ponctuelles prises pour gérer la catastrophe en cours, Nairobi gagnerait à se secouer davantage en prenant des décisions fortes en vue de conjurer ce que d’aucuns considèrent comme un mauvais sort.
Nul n’est à l’abri d’une catastrophe naturelle
Surtout quand on sait que ce n’est pas la première fois que le Kenya est victime d’une catastrophe naturelle d’une grande ampleur. Autant dire que la situation requiert des solutions durables pour autant que le président Ruto ne veuille pas passer le temps à jouer les pompiers, ravivant ainsi la colère de ses compatriotes. Et au-delà du Kenya, c’est toute l’Afrique de l’Est qui est concernée ; elle qui, entre sécheresses et inondations, ne sait plus à… quelle catastrophe se vouer. Il ne faut donc pas dormir sur ses lauriers et commettre l’erreur de croire que ça n’arrive qu’aux autres. Non, nul n’est à l’abri d’une catastrophe naturelle. Seule compte la capacité de chaque pays à y faire face. Certains pays ont su anticiper les choses si bien qu’ils arrivent à riposter face à n’importe quel drame naturel. Mais d’autres attendent que le pire arrive avant de commencer à se démener tels de beaux diables, espérant ainsi une solution miracle. Qui ne sait pas, par exemple, que l’une des solutions aux inondations, passe par un meilleur drainage des eaux de pluies aux fins d’éviter leur stagnation ? Aussi est-il recommandé aux populations, même si certaines d’entre elles ont l’oreille dure, d’éviter de s’installer dans les zones à risques. Mais si les autorités compétentes choisissent de laisser faire, elles n’ont pas d’autres choix que de mettre un point d’honneur à viabiliser ou à humaniser ces zones précaires, au risque d’en prendre plein la figure.
Boundi OUOBA
