CHOC PETROLIER CONSECUTIF A LA GUERRE AU MOYEN-ORIENT : Comment l’Afrique va-t-elle négocier ce virage ?
Près de deux semaines après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les combats continuent de faire rage. En effet, tel un lion blessé, l’Iran riposte à tout- va aux frappes israélo-américaines. Tant et si bien qu’à ce stade, il est difficile, voire impossible de dire de quoi sera fait demain. Même le président américain, Donald Trump, et son allié israélien, Benjamin Netanyahuru, semblent dépassés par les évènements ; eux qui pensaient qu’après avoir eu la peau du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’Iran abdiquerait aussi facilement. Bien au contraire, la situation est devenue très complexe.
On espère que l’Afrique saura tirer les leçons qui s’imposent
Quant à l’Afrique, même si elle est loin du théâtre des opérations, elle ne subit pas moins les contrecoups de cette guerre qui se mène au Moyen-Orient. A preuve, avec la prise et le contrôle du détroit d’Ormuz par l’Iran, le transit du pétrole mondial a pris un sérieux coup, entraînant une flambée des prix des carburants dans certains pays. C’est le cas, par exemple, de la Sierra Leone où les prix à la pompe ont grimpé. Le litre d’essence est passé de 28 à 32 leones, soit une hausse d’environ 15%. Il s’agit de la deuxième augmentation depuis le mois de janvier ; la première étant liée à une hausse des taxes dans la loi de finances 2026. Conséquence : certains conducteurs, redoutant une pénurie, ont pris d’assaut les stations d’essence ; d’où de longues files d’attente dans plusieurs villes du pays. Il en est de même pour le Nigeria où la panique gagne les uns et les autres. Car, s’il est vrai que les stations d’essence ne sont pas, pour l’instant, prises d’assaut, force est de reconnaître que le pays enregistre déjà une hausse du prix du pétrole à près de 20%. Si le Nigeria, en tant que pays pétrolier, ressent les effets de la guerre au Moyen-Orient, qu’en sera-t-il pour les autres pays qui n’en produisent pas ? En d’autres termes, comment l’Afrique compte-t-elle négocier ce virage ? Autant de questions que l’on se pose, sans réponse, pour l’instant. En principe, l’Afrique ne devrait pas s’inquiéter outre mesure ; certains de ses pays étant connus pour être de grands producteurs de l’or noir. Sauf que le continent se retrouve vulnérable face aux chocs mondiaux liés aux matières premières et à la logistique. Les perturbations du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz et l’explosion des primes d’assurance contre les risques de guerre, constituent un choc externe pour l’Afrique. En effet, si certains pays exportateurs de pétrole pourraient brièvement bénéficier de recettes plus élevées, la réalité demeure accablante pour la plupart des économies africaines qui, on le sait, dépendent des importations de carburants raffinés, d’engrais et de denrées alimentaires. Comme quoi, le tout n’est pas de produire des matières premières. Il faut mettre un point d’honneur à les transformer. Cela dit, on espère que l’Afrique saura tirer les leçons qui s’imposent pour ne pas être la victime collatérale de conflits dont elle n’est pas partie prenante.
Les plus forts tenteront toujours d’écraser les plus faibles
En tout cas, à l’allure où vont les choses et si rien n’est fait pour stopper la guerre en Iran, bien des économies africaines s’en trouveront fragilisées et le pouvoir d’achat des populations, baissera drastiquement. C’est dire si l’Afrique est si loin si près du Moyen-Orient. En effet, s’il est vrai que les Africains ne reçoivent pas directement de missiles sur leurs têtes, ils en entendent au moins les détonations assourdissantes depuis leurs pays respectifs. Mais qu’y peuvent-ils face à un président comme Donald Trump qui se soucie d’eux, comme d’une guigne ? Pour lui, seuls comptent ses intérêts. Car, il faut le dire, s’il a décidé de frapper l’Iran, c’est beaucoup moins par souci de mettre fin à un système qu’il juge tyrannique, que par sa volonté de faire main basse sur les ressources pétrolières du pays. Ainsi va la vie. Les plus forts tenteront toujours d’écraser les plus faibles surtout si les seconds sont perçus comme des menaces pour les intérêts des premiers.
« Le Pays »
