A la uneLa chronique du fou

ADMINISTRATION PUBLIQUE

Le préfet, un laissé-pour-compte  

Au lendemain de l’attaque de Solhan dans la commune de Sebba, dans la région du Sahel, j’ai vu circuler une photo sur les réseaux sociaux, qui a retenu mon attention et m’a quasiment choqué. Il s’agit de celle de la résidence du préfet de Sebba. Pour ceux qui ne l’ont pas vue, retenez qu’il s’agit d’une vieille bâtisse située quelque part dans une brousse de Solhan. Certains parlent même d’une hutte tandis que d’autres parlent de taudis ou de cabane rustique. En tout cas, tous les termes jusque-là utilisés pour désigner la résidence du préfet de Sebba, sont très péjoratifs surtout quand on sait que celui-ci représente le chef de l’Etat dans sa circonscription de base. Malheureusement, les préfets sont aujourd’hui abandonnés à eux-mêmes. Par endroits, les populations oublient même qu’ils sont là. Et le cas du préfet de Sebba n’est pas isolé. Il faut, pour ceux qui en doutent encore, aller dans certaines zones reculées pour comprendre qu’être préfet, c’est accepter de vivre le calvaire. Non seulement les résidences qui leur sont réservées ne ressemblent à rien. Mais aussi ils cohabitent avec les reptiles et parfois, en saison des pluies, les maisons cèdent. Et ce n’est pas tout. Quand vous entrez dans le bureau d’un préfet, vous tombez des nues. Vous n’y verrez qu’une table dressée, sur laquelle est déposé un calendrier. Souvent même, les visiteurs n’ont pas sur quoi s’asseoir. Voyez-vous ? Je ne suis pas en train de dévaloriser la fonction de préfet. Loin de là ! Tel n’est pas mon objectif. Bien au contraire, je veux que les choses changent. Surtout quand on sait que le préfet est nommé en Conseil des ministres et que dans son ressort territorial, il coiffe les instituteurs, professeurs, agents de santé, services de police ou de gendarmerie, etc.

 

 

A défaut de supprimer  le poste, il faut donner toute l’importance qu’il faut au préfet

 

 

Je ne trouve donc pas normal que des subordonnés soient mieux traités que leur supérieur du point de vue administratif.  Je me rappelle qu’autrefois, un préfet n’était pas n’importe qui (et ailleurs, dans un de nos pays voisins, un préfet n’est pas n’importe qui). Il disposait des pleins pouvoirs dans son ressort territorial. Tant et si bien qu’il était craint et ses consignes scrupuleusement  respectées. Mais avec l’avènement de la communalisation intégrale, les choses ont changé. Si bien que les maires sont aujourd’hui plus visibles que les préfets. Cela peut se comprendre puisqu’administrativement parlant, les populations n’ont plus rien à cirer avec les préfets. Elles établissent leurs actes de naissance et ceux de leurs enfants à la mairie. Et ce n’est pas tout. Car, dès que l’on arrive dans une localité, on voit se dresser majestueusement l’hôtel de ville. Ce qui n’est pas le cas de la préfecture qui, très souvent délabrée et en piteux état, se trouve dans un coin perdu. Tout cela m’amène à me poser une question : pourquoi ne pas supprimer le poste de préfet ? Certes, on me dira que c’est le représentant de l’Etat dans la plus petite circonscription administrative. Mais, dans le fond, il ne représente rien. Il est l’ombre de lui-même. En tout cas, à défaut de supprimer  le poste, il faut donner toute l’importance qu’il faut au préfet pour ne pas donner l’impression qu’il ne sert à rien. J’espère   que mon message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

 

« Le Fou »

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