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ATTAQUE AU NIGER ET RAPT DE LYCEENS AU NIGERIA

Entre impuissance et batailles acharnées

Les élections municipales et régionales nigériennes ont été ensanglantées par l’hydre terroriste qui a perpétré, dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 décembre dernier, une attaque dans la commune de Toumour dans la région de Diffa.  Le bilan fait froid dans le dos : 27 personnes tuées, plus de 800 maisons incendiées dont le marché central, plusieurs blessés enregistrés. Cette barbarie inouïe est la preuve, s’il en est, que le Niger reste impuissant face à Boko Haram. Tout laisse croire que le message envoyé par les assaillants, n’était autre que de dissuader les électeurs nigériens. Et l’on pourrait dire que la secte nébuleuse aura réussi son coup puisque de nombreux bureaux de vote étaient restés fermés le jour du scrutin. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Niger a du pain sur la planche. C’est d’autant plus vrai que les Nigériens seront appelés encore aux urnes le 27 décembre prochain, pour choisir parmi les candidats en lice, celui qui va présider aux destinées du pays durant les cinq prochaines années. C’est dire si le pays de Mahamadou Issoufou a tout intérêt à mettre les bouchées doubles pour éviter un bain de sang le jour du scrutin. La tâche s’annonce d’autant plus ardue que le Niger est un grand territoire qui vaut cinq fois le Burkina. Ce pays est d’autant plus mal barré qu’il ne peut compter ni sur son voisin burkinabè ni sur le Mali encore moins sur le Nigeria, tous en proie aux violences terroristes. Mais on a le sentiment que le malheur du Niger vient surtout du Nigeria, ce géant aux pieds d’argile dont l’armée, en dépit de ses effectifs pléthoriques, n’arrive pas à stopper les atrocités d’Abubakar Shekau et de sa bande de criminels qui multiplient les intrusions sur le territoire nigérien, du côté de Diffa surtout.

 

Cette piqûre de rappel de la bête immonde traduit l’urgence à mieux sécuriser les centres d’éducation

 

Pour preuve, ils viennent d’opérer un rapt de centaines de lycéens dans le fief du président Muhammadu Buhari qui avait pourtant promis en 2015, d’en finir avec les terroristees en 90 jours, s’il accédait au pouvoir. Plus de 5 ans après, si les lycéennes de Chibok ont été libérées dans leur grande majorité, force est de constater que les lycéens de Kankara restent introuvables et ce, malgré l’appel du président général aux services de sécurité, à faire de la libération de ces adolescents, une priorité. Un véritable pied de nez donc au président Buhari puisque les ravisseurs ont opéré ce rapt au moment même où ce dernier se la coulait douce dans sa régionale natale. Il  gagnerait  à faire libérer au plus vite ces lycéens avant que certains ne subissent un lavage de cerveau et finissent par être utilisés comme des kamikazes. Buhari a d’autant plus intérêt à aller vite qu’il s’agit là d’êtres fragiles qu’il s’est engagé à protéger au même titre que l’ensemble des Nigérians. En tout cas, en attendant que ces lycéens soient retrouvés sains et saufs, cette piqûre de rappel de la bête immonde traduit l’urgence à mieux sécuriser les lycées et autres centres d’éducation. Certes, quand on connaît la taille du Nigeria, l’on peut dire que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais en matière de sécurité, aucun sacrifice n’est de trop. Même si on a le sentiment que l’armée nigériane ne fait pas assez contre l’hydre. Il est vrai que l’action conjuguée avec les pays voisins comme le Tchad d’Idriss Deby Itno et le Cameroun de Paul Biya, avait contribué à réduire considérablement la voilure de cette vermine. Mais tout porte à croire que Boko Haram a repris du poil de la bête. Car, en dépit des dissidences en son sein, ce mouvement islamiste dispose encore d’une grande capacité de nuisance. En tout cas, c’est peu dire qu’il donne du fil à retordre aux armées nigérienne et nigériane. Car, On assiste, pour ainsi dire, à un ping-pong incessant entre impuissance et batailles acharnées.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

     

 

    

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