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ATTAQUE MEURTRIERE CONTRE UN CONVOI DIPLOMATIQUE PRES DE GOMA : Une triste publicité pour la RDC

L’ambassadeur italien, Luca Attanasio, en poste depuis début 2018, en RDC, a été la cible d’une attaque armée le 22 février dernier, dans l’Est du pays, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, alors qu’il voyageait dans un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM). Cette région, joyau naturel et touristique, abrite le fameux parc des Virunga, créé en 1925 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette réserve qui s’étend sur 7 769 km², de Goma jusqu’au territoire de Béni, est surveillée, selon des sources officielles, par 689 rangers armés dont au moins 200 ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Cela en dit long sur l’insécurité qui y règne.

Qu’était donc allé chercher l’ambassadeur dans cette zone d’extrême insécurité ? La question est d’autant plus légitime, si l’on considère la présence, en ces lieux très hostiles, de la dizaine de groupes armés qui opèrent entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda. En effet, ces groupes armés se disputent entre montagnes et forêts, et ce, depuis plus de 25 ans, les richesses du sol et du sous-sol de cette partie de la RDC.

C’est dans un tel environnement à la fois paradisiaque et inhospitalier, que le diplomate italien, Luca Attanasio, a été blessé par balles à l’abdomen, dans une tentative d’enlèvement présumée, selon les autorités locales. Evacué vers un hôpital à Goma dans un état jugé critique, il succombera à ses blessures, tout comme son chauffeur et l’un de ses gardes du corps.

Rome est en deuil. L’irrémédiable est arrivé. Peut-on, au moins, tirer des leçons pour l’avenir ? La RDC devra désormais prendre toutes les dispositions afin d’éviter qu’une situation semblable ne se reproduise, au risque d’entacher les relations diplomatiques avec d’autres pays.

Il n’est pas courant qu’un ambassadeur perde la vie dans une banale tentative d’enlèvement

Car, la sécurisation des ambassadeurs doit être l’une des priorités, par excellence, des pays hôtes. Pour le cas de la RDC, rappelons que c’est un pays où se conjuguent instabilité sociopolitique et opérations meurtrières de bandes armées difficiles à maîtriser, auxquelles s’ajoutent les risques sanitaires et la corruption à outrance. Certes, il existe dans le monde, des zones plus hostiles, notamment les pays connus pour leur grande insécurité liée au djihadisme armé, à l’instar de l’Afghanistan, de l’Irak ou de la Syrie. Mais même dans ces pays, il n’est pas courant qu’un ambassadeur perde la vie dans une banale tentative d’enlèvement. D’où la question : toutes les précautions sécuritaires avaient-elles été vraiment prises ?

Car, on le sait, depuis un certain temps, c’est comme si les assaillants armés avaient décidé de jeter leur dévolu sur les diplomates. Ce fut le cas, par exemple, à Ouagadougou où l’ambassadeur du Maroc au Burkina Faso, Youssef Slaoui, avait été agressé dans la nuit du jeudi 11 février 2021, par des individus roulant à moto. L’un des malfrats, un homme de 36 ans, avait été abattu pendant l’intervention des forces de l’ordre qui avaient su réagir à temps et avec professionnalisme. Très vite, le gouvernement, tout en espérant que cela n’entachera pas les liens séculaires qui unissent les peuples burkinabè et marocain, a pris des mesures afin de renforcer la sécurité autour des ambassades et des zones de résidence. Cette marque de responsabilité doit être l’apanage de tous les pays, notamment ceux d’Afrique !

 

Monique NARE

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