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BEPC 2021 SUR FOND DE REFORMES  CONTROVERSEES

Les résultats en SVT et en HG particulièrement attendus

C’est ce mardi 22 juin 2021 que débutent les épreuves écrites du Brevet d’études du premier cycle (BEPC). L’on peut d’abord faire observer que cette appellation n’est plus en phase avec la réalité. Car, l’appellation « premier cycle » n’existe plus. Elle a été remplacée par l’appellation « Post-primaire ». De ce fait, le diplôme qui sanctionne la fin des études de ce cycle, devrait s’appeler « BEPP », c’est-à-dire Brevet d’études du post-primaire. Cela dit, le BEPC 2021 se déroule dans un contexte marqué par une grosse polémique en lien avec des réformes opérées dans deux matières. Il s’agit des Sciences  de la vie et de la terre (SVT) et de Histoire et Géographie. L’objet de la polémique porte sur la pertinence ou non du sujet unique dans ces deux disciplines. Pour certains encadreurs pédagogiques, la première qualité d’une épreuve est sa validité. En d’autres termes, c’est sa capacité à couvrir les contenus enseignés dans le niveau donné. De ce point de vue, le sujet unique, pour autant qu’il réponde à cette qualité, est une très bonne chose. Ce point de vue est battu en brèche par d’autres encadreurs. Ces derniers, qui se disent solidaires du mouvement d’humeur des élèves, voient dans les réformes, non seulement une volonté du pouvoir de réduire les chances de réussite des candidats à ces deux épreuves, mais aussi un alignement des gouvernants sur les injonctions des institutions de Betton Woods tendant à exclure les enfants du « peuple » du système éducatif. Ce sont ces deux camps, peut-on dire, qui sont en train de s’étriper. Et à la controverse se sont mêlés  des gens qui n’ont aucune compétence pour discuter d’un tel sujet. Mais que voulez-vous ? Le Burkina Faso est ainsi fait que depuis l’insurrection, tout le monde est devenu expert ou consultant en tout. Et les plus bruyants sont très souvent, malheureusement, des gens qui, sur le sujet querellé, excusez le terme, sont de véritables ignares.

 

Un système éducatif digne de ce nom, ne peut se passer de réformes au risque de se fossiliser

 

Dans ces conditions, malheur aux professionnels qui osent se risquer à des réformes, quand bien mêmes celles-ci seraient pertinentes. Aujourd’hui, par exemple, les Français ont réformé l’orthographe dans leur pays. Certains vont jusqu’à demander la suppression de la dictée. Il faut être d’une témérité hors du commun pour tenter cette réforme chez nous. Car, il se trouverait des gens plus royalistes que le roi pour vous tomber dessus à bras raccourcis. Cette année, au Bac, en France, l’on a retenu, au regard du Covid-19, de prendre en compte les notes obtenues en classe dans la certification de cet examen scolaire. L’on risque gros en tentant cela au pays des Hommes intègres. Car, il s’en trouverait des « académiciens », plus érudits que Richelieu, pour vous indiquer l’échafaud. Pourtant, un système éducatif digne de ce nom, ne peut se passer de réformes au risque de se fossiliser. Pour la petite histoire, combien de Burkinabè savent que l’épreuve d’histoire géographie n’était pas écrite mais orale ? Et il n’y a pas que cette discipline qui ait connu des réformes. Cela dit, le Burkina va expérimenter cette année le sujet unique en Histoire-géographie et en Sciences de la vie et de la terre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats dans ces deux matières, seront particulièrement attendus. Si ceux-ci se révèlent concluants, la polémique risque de mourir de sa belle mort. Si ce n’est pas le cas, il faut avoir le courage  de réajuster les choses en ayant à l’esprit les intérêts des apprenants. Car, quoi que l’on dise, les encadreurs pédagogiques sont là pour réfléchir à la qualité du système éducatif. Et cela passe, entre autres, par la remise en cause permanente de l’évaluation des apprentissages. A la session de 2020, les inscrits étaient au nombre de 316 671. Le pourcentage des admis était de 34,47%. Cette année et au moment où nous tracions ces lignes, nous n’avions pas pu accéder au nombre d’inscrits. Mais il reste à espérer que le taux de succès dépassera largement celui de 2020. En attendant, on souhaite aux candidats et aux candidates bonne chance.

 

Sidzabda

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