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BOMBARDEMENT DU POSTE FRONTALIER MAROCAIN PAR LE FRONT POLISARIO : Eviter à tout prix l’embrasement

Le Front Polisario a bombardé le poste frontalier de Guerguerat sous contrôle marocain dans le territoire disputé du Sahara occidental, le 24 janvier 2021. Et comme si cela ne suffisait pas, il a menacé le Royaume chérifien d’une escalade militaire. En attendant que les indépendantistes mettent à exécution leurs menaces, l’on pourrait dire que cette action du Front Polisario est une véritable menace pour la paix dans cette zone. Et il faut éviter à tout prix un embrasement. Il faut d’autant plus l’éviter qu’une éventuelle riposte du Maroc, pourrait pousser certains soutiens  de taille du Front Polisario, à entrer dans la danse, notamment l’Algérie qui a pris fait et cause pour les indépendantistes. On en vient  à se demander si le but de l’exercice militaire grandeur nature, mené dans la zone par le pays d’Ahmed Ben Bella,  ne visait pas à déceler les failles du dispositif sécuritaire marocain.  Le moins que l’on puisse dire, en tout cas, c’est que la tension est montée d’un cran dans cette zone.  Faut-il voir en cela l’ouverture virtuelle de l’ambassade américaine dans la zone ?  Cette hypothèse n’est pas à balayer du revers de la main. Ce d’autant que la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur l’ensemble du territoire querellé par l’Administration Trump, avait effarouché non seulement les indépendantistes, mais aussi l’Algérie qui, du reste, n’avait pas hésité à voler dans les plumes du désormais ex-président américain.

Cela dit, cette nouvelle tension interpelle non seulement l’Union africaine (UA), mais aussi et surtout l’ONU, elle qui essaye depuis plus d’un quart de siècle, d’amener les frères ennemis à fumer le calumet de la paix. Or, tout porte à croire que tant que la question du statut du Sahara occidental ne sera pas réglée, les indépendantistes et le Roi Mohammed VI continueront à se regarder en chiens de faïence. Il urge donc que les instances continentale et mondiale fassent de cette question de la République arabe sahraoui démocratique (RASD) proclamée depuis 1976 par les indépendantistes mais contestée par le Maroc, l’une des priorités de cette nouvelle année.

Ni le Maroc ni le Front Polisario n’ont véritablement intérêt à ce que la situation dégénère

Car, ce statu quo d’une trentaine d’années, ne saurait faire bouger les lignes. On est d’autant plus fondé à le penser que les indépendantistes commencent à se lasser du sur-place. S’ils se disent prêts à négocier, ils n’excluent pas la lutte armée. C’est dire si le risque d’une reprise de la guerre est grand. Or, on le sait, les conséquences d’une éventuelle guerre pourraient être dramatiques pour bien des pays. D’abord, parce que les échanges commerciaux avec certains pays de l’Afrique de l’Ouest,  pourraient en souffrir. Ensuite, parce que dans ce contexte de la pandémie du coronavirus qui frappe durement l’économie marocaine, se lancer dans une guerre de conquête de territoire, serait un sacrifice énorme pour Rabat. A cela, il faut ajouter le contexte sous-régional en proie au terrorisme. En effet, même si le Maroc n’est pas touché au même titre que les pays du Sahel, il reste qu’il est loin d’être à l’abri de l’hydre terroriste. Quid de la RASD ? Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le poids économique d’une guerre ouverte, pourrait asphyxier l’économie de ce territoire qui aura passé près d’un demi-siècle à lutter pour sa souveraineté internationale.

Autant dire que ni le Maroc ni le Front Polisario n’ont véritablement intérêt à ce que la situation dégénère. Cela dit, tout se passe comme si le Front Polisario cherche à réveiller la communauté internationale qui semble tergiverser sur la question de son statut. Car, la  suspension, en 2019, des pourparlers qui impliquaient des pays voisins tels que la Mauritanie et l’Algérie n’aura eu pour effets, que d’émousser les espoirs du Front Polisario. Et comme pour ne rien arranger, le bloc de soutien du Polisario s’est fissuré avec l’intégration du Maroc à la CEDEAO. Autant dire que cette montée de tensions s’apparente, à bien des égards, à un acte de désespoir de la part du Front Polisario.

Dabadi ZOUMBARA  

 

 

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