HomeA la uneCESSEZ-LE-FEU AU MOYEN ORIENT : L’Afrique peut respirer en attendant

CESSEZ-LE-FEU AU MOYEN ORIENT : L’Afrique peut respirer en attendant


La guerre en Iran entre peut-être dans une phase décisive. En effet, après plus de 40 jours de conflit, le sifflement des missiles et le détonnement des armes pourraient faire place au dialogue et à l’écoute. Pour cause : Washington et Téhéran se sont accordées, le 7 avril dernier, sur un cessez-le-feu d’une durée de deux semaines. Un accord qui a été conclu à l’approche de la fin de l’ultimatum que Donald Trump avait lancé à l’Iran. Pendant ces deux semaines de trêve, les Etats-Unis ont accepté de suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran qui, en retour, s’est engagé à rouvrir le détroit d’Ormuz. C’est le consensus qui a été trouvé entre les deux parties qui ont décidé de faire taire les armes pour s’écouter autour d’une table de discussions.

 

Ce cessez-le-feu va constituer une bouffée d’oxygène pour bien des pays du continent

 

Selon les autorités iraniennes, les pourparlers avec Washington se dérouleront à partir du 10 avril prochain, au Pakistan, médiateur clé dans cette guerre entamée le 28 février et qui a déjà fait des milliers de morts. Si les positions des belligérants restent, pour l’instant, très éloignées, il convient tout de même de saluer ce cessez-le-feu qui fait naître un espoir nouveau dans ce conflit. Cet accord, même s’il reste encore très fragile dans cette atmosphère lourde de tensions, représente une étape importante vers la désescalade, la protection des civils et le rétablissement d’un dialogue constructif. C’est donc avec soulagement qu’il a été accueilli dans bien des pays. En Afrique, la nouvelle a été accueillie avec joie et espoir. Car, ce cessez-le-feu, s’il est respecté de bonne foi par les différentes parties au conflit, va constituer une bouffée d’oxygène pour bien des pays du continent qui ont commencé à subir de plein fouet, les répercussions de cette guerre. L’onde de choc planétaire a été ressentie dans des pays comme le Kenya, l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Sénégal, le Bénin, le Mali, pour ne citer que ceux-là. Dans la plupart de ces pays, le prix du carburant, matière indispensable et vitale pour l’activité économique, a immédiatement connu une hausse.  En fait, l’Afrique s’est trouvée piégée dans ce conflit qui se déroule pourtant loin de ses frontières. En effet, la fermeture du détroit d’Ormuz a porté un coup dur aux fragiles économies de bien des pays africains, avec la crise du gaz et du pétrole qu’elle a entraînée. Mais la véritable menace qui planait sur l’Afrique telle une épée de Damoclès, du fait de cette guerre, n’était pas pétrolière, bien que celle-ci ne soit pas à minimiser encore moins à négliger. La menace la plus profonde était alimentaire. En effet, un tiers du commerce mondial d’engrais transite par ce détroit long d’une soixantaine de kilomètres. Et sa fermeture a provoqué une envolée du cours de l’urée qui a bondi de 100 à 570 dollars la tonne, soit de 65 800 F CFA à 375 060 F CFA. C’est dire si la pratique de l’agriculture était mise en péril et les récoltes s’en trouvaient directement menacées. Et à long terme, les conséquences de cette guerre pourraient se ressentir sur le plan sécuritaire en Afrique.

 

Il faut espérer que cet accord tienne le plus longtemps possible

 

En effet, Téhéran qui, on le sait, est un partenaire stratégique pour les pays du Sahel confrontés à la menace terroriste, ne sera plus en mesure d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses partenaires, si elle reste longtemps engagée dans cette guerre pour sa survie.  C’est donc dire qu’avec ce cessez-le-feu, l’Afrique peut, pour l’instant, respirer un grand coup, en attendant de voir la suite des évènements. Car, la réouverture du détroit d’Ormuz aura un impact positif immédiat sur le coût du pétrole ; toute chose qui va avoir des répercussions heureuses sur plusieurs secteurs d’activités, notamment le transport. Cette trêve, si elle se prolonge, permettra également de rendre plus accessibles les prix des engrais pour la saison des pluies qui s’annonce dans plusieurs pays du continent africain. Ce cessez-le-feu va constituer également une opportunité pour les nombreux Africains pris au piège au Moyen-Orient, de s’extirper de ce bourbier pour regagner des endroits plus sûrs. Il faut donc espérer que cet accord tienne le plus longtemps possible, jusqu’à aboutir à un accord de paix pour mettre définitivement un terme à ce conflit provoqué par les Etats-Unis et leur allié Israël. Il faut surtout espérer que chaque partie respecte ses engagements jusqu’au bout et œuvre en faveur d’une paix durable dans la région.

 

«Le Pays»


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