HomeA la uneCHOC DES EXTREMISMES : Savoir trouver le juste milieu

CHOC DES EXTREMISMES : Savoir trouver le juste milieu


Debout et unie. C’est l’image que la France a laissé voir à travers la gigantesque marche organisée le 11 janvier dernier à Paris. Paris qui a été, l’espace d’un après-midi, la capitale du monde. Une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement ont marqué de leur présence, la marche républicaine qui s’y est tenue. D’autres villes de France et d’ailleurs ont pris également une part active dans ces manifestations. Cette mobilisation républicaine, faut-il le rappeler, visait à rendre hommage aux 17 victimes des attentats terroristes de ces derniers jours dans l’Hexagone.

La liberté d’opinion et d’expression est un droit inaliénable

Mais, au-delà de cet hommage, les manifestants avaient entendu défendre la liberté d’expression, notamment celle de la presse. Ces manifestations qui ont mobilisé des hommes et femmes de toutes confessions religieuses, ont été une véritable démonstration de la détermination du peuple français à ne pas plier face au terrorisme. A présent, il faudra chercher les voies et les moyens de contenir les extrémismes. Car, il faut bien l’avouer, on assiste aujourd’hui à un choc des extrémismes. D’un côté, on a l’Occident, surtout la France, qui a la liberté dans son ADN. En effet, le pays d’Ariane a la liberté comme socle. Cela, elle l’a forgé tout au long de son histoire. En appui au travail des philosophes des lumières et à la Révolution française, la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est venue sacraliser la liberté de penser et d’expression, en consacrant la laïcité de l’Etat français. Les manifestants de mai 67 réclamaient du reste qu’il soit « interdit d’interdire ». Pour les Français, comme pour l’écrasante majorité des Occidentaux, la liberté est un principe cardinal. Il n’y a pas de sujet tabou dans ces sociétés-là. Surtout pas la religion. Ce, d’autant plus que bien des gens y revendiquent leur athéisme, leur droit de ne croire en aucun Dieu. C’est dire que, pour la France, comme pour bien des Etats occidentaux, la liberté d’opinion et d’expression, dans son principe, est un droit inaliénable. C’est au nom de cette liberté que les soldats de ces pays risquent leur vie au secours de certains pays au monde. C’est au nom de la liberté que des dirigeants occidentaux montent au créneau pour réclamer le respect des droits de l’Homme dans des pays lointains où les populations sont sous le joug de dictatures. La liberté n’est donc pas de l’ordre du négociable en Occident.

De l’autre côté, on note un radicalisme qui prétend défendre une religion. En effet, pour les islamistes, il est intolérable que l’Islam soit la cible d’un humour impertinent. Surtout le prophète Mahomet. Pour ces illuminés, l’Occident est le grand « Satan » à abattre. Tirant prétexte des atteintes à la religion par des penseurs occidentaux, ils s’érigent en justiciers, prêts à « casser de l’impie ». Pour eux, les caricatures comme celles de Charlie Hebdo sur le prophète Mahomet, sont tout simplement inacceptables, car le prophète ne peut pas être l’objet de plaisanterie, à plus forte raison de moquerie. Une caricature de leur prophète n’est, à leurs yeux, qu’une déclaration de guerre. Cet extrémisme se nourrit bien entendu des injustices de toutes sortes, dont se rendent coupables les Etats occidentaux à travers le monde. Surtout l’appui aveugle et inconditionnel apporté à Israël.

Il faudra mettre un point d’honneur à promouvoir le respect mutuel des pensées

Mais la folie meurtrière des islamistes n’épargne pas non plus les musulmans modérés qui ne demandent qu’à vivre en paix avec leurs frères et sœurs des autres confessions religieuses. Pour les « fous d’Allah », ces musulmans sont des « impies », au même titre que les Occidentaux.  C’est dire à quel point les agissements des djihadistes procèdent d’un aveuglément sans bornes. Et on voit combien la cohabitation des adeptes de cet islamisme radical et des défenseurs de la liberté dans sa version occidentale, ne peut produire que des étincelles. Comme thérapie à ce choc des extrémismes, il faudra trouver le juste milieu. Il serait bien que l’Occident, tout en conservant son attachement à la liberté, ne perde pas de vue la nécessité de prévenir les radicalisations. Pour ce faire, en plus d’accorder plus de soins à l’intégration des étrangers, il devra œuvrer à prévenir le libertinage. Il faudra mettre un point d’honneur à promouvoir le respect mutuel des pensées, des opinions. Dans ce souci, il ne serait pas de trop, de porter des gants dans le traitement de certains sujets forts délicats. Notamment les sujets qui touchent à la sensibilité des croyants. Si en Afrique, beaucoup de journalistes ont conscience de leur responsabilité sociale, il devrait en être de même pour les médias occidentaux dans leur ensemble. Ce, pour éviter de donner des alibis à des brutes qui n’en demandent pas plus. Ceci dit, ce n’est pas aux religions, encore moins à des « illuminés », d’imposer leurs règles dans un Etat laïc comme la France. Les différentes confessions religieuses devraient composer avec les valeurs cardinales de la République. Ce faisant, les religieux de tout bord devront prendre part au combat contre l’extrémisme. Et pour ce qui les concerne, les musulmans devraient continuer de se battre pour extirper les mauvaises graines de leurs rangs. Car l’Islam est une religion de paix et de tolérance. Du reste, la majorité des grands prédicateurs musulmans n’ont de cesse de le répéter. Il leur faudra donc continuer à s’investir dans la sensibilisation contre les radicalisations et en faveur de la tolérance.

 

« Le Pays »


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