COMMEMORATION DU 8-MARS :Que la bamboula fasse place à la réflexion
Dans quelques jours, le monde entier va célébrer le 8-Mars, Journée internationale de la Femme. Rappel pour ceux qui ne le savent pas encore: cette journée a été décrétée depuis 1977, par les Nations unies, en hommage à de braves dames qui se sont battues au début du 20e siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour réclamer l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote pour les femmes. Cette tradition dure depuis de longues années. Et cette année, c’est la 169e fois que le 8-Mars sera commémoré à travers le monde. Sur le plan mondial, cette journée symbolique est placée sous le thème : «Droits, justice, action : pour toutes les femmes et les filles». Au Burkina Faso, puisque nous ne sommes pas en reste, nous commémorons cette journée sous le thème : «Bâtir une paix durable au Burkina Faso : quelle contribution des femmes et des filles à la promotion du vivre- ensemble ?». Tous les deux thèmes sont profonds et viennent rappeler que le 8-Mars est plus qu’une simple célébration. C’est un moment de réflexions, de décisions et d’actions en faveur des droits des femmes. Malheureusement, l’esprit de cette journée n’a pas toujours été compris. Je ne connais pas les réalités sous d’autres cieux, mais chez nous, pendant de très longtemps, beaucoup de femmes ont réduit la journée du 8-Mars à des réjouissances festives. Si fait que les éditions se suivaient et se ressemblaient avec leurs lots de «djandjoba», c’est-à-dire ces cérémonies pompeuses au cours desquelles chaque femme se pare de ses plus belles tenues pour faire la fête. Ainsi, de façon générale, on ne retrouvait pas les femmes autour des panels de débats ou de fora, mais dans des maquis où elles se réunissaient pour faire le show.
Cette journée est également le moment le mieux indiqué pour penser à toutes les femmes qui souffrent dans leur chair
C’est dire si nous avions une manière très particulière de commémorer la journée la plus importante dédiée à la défense de la cause de la femme. Il faut qu’on se dise la vérité. Cette manière de faire n’est pas la bonne. Et ces pratiques n’honorent pas la femme. Le 8-Mars est la Journée internationale des droits des femmes. Cela veut dire que l’heure doit être plus à la réflexion qu’à la fête. C’est avant tout un devoir de mémoire en hommage aux amazones qui se sont battues parfois au prix de leur vie, pour améliorer les conditions de vie des femmes dans le monde. Cette journée est également le moment le mieux indiqué pour penser à toutes les femmes qui souffrent dans leur chair, qui sont victimes de violences et d’inégalités de tout genre. En tout cas, je me réjouis de voir que la dynamique est en train de changer dans notre pays. En effet, depuis quelque temps, on fait l’effort de réduire le festif pour faire place à la réflexion et à l’action. Et la dernière sortie du ministre chargé de la famille, vient confirmer la nouvelle vision de nos autorités sur la Journée du 8-Mars. En effet, à l’en croire, il n’y aura plus de «djandjobas» à l’occasion de la célébration de cette Journée. Le mois de mars sera désormais orienté vers des actions structurées et à fort impact en faveur de l’autonomisation des femmes dans toutes les régions du pays. Voilà toute l’essence du 8-Mars. Et cette dynamique doit être maintenue pour que cette journée puisse véritablement profiter aux femmes du Burkina Faso.
«Le Fou»
