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CRISE POLITIQUE AU TCHAD

Que peut l’UA ?

L’Union africaine (UA) pourra-t-elle éteindre l’incendie tchadien ? C’est la question que plus d’un se pose actuellement. En effet, après une semaine fort agitée, caractérisée par une répression sanglante de manifestations à l’appel de partis politiques de l’opposition, de syndicats et de la société civile, l’UA, prenant toute la mesure du péril, vient de dépêcher une mission de médiation au pays de Idriss Déby Itno mort officiellement sur le front alors qu’il se battait aux côtés de ses troupes contre les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) qui a réussi la prouesse d’abattre un hélicoptère de l’armée tchadienne au cours de combats dans le Kanem. A la tête de cette délégation qui séjournera une dizaine de jours au Tchad, on compte le nouveau Commissaire paix et sécurité, Bankole Adeoye et l’ambassadeur djiboutien qui préside actuellement le Conseil paix et sécurité (CPS) de l’UA. Ces deux hommes conduiront une équipe forte de plusieurs membres avec pour objectif de « favoriser le dialogue entre le Conseil militaire de transition (CMT) et les forces politiques ». Et ce n’est pas tout. Les missi dominici de l’UA entendent obtenir des garanties de la part du CMT, sur le respect de la durée de la transition. Autant dire qu’il s’agit là d’une mission difficile. Car, on voit mal comment le CMT qui semble avoir déjà concocté son plan de succession dynastique, acceptera de courber l’échine. Certes, le président congolais, Félix Tshisékedi, par ailleurs président en exercice de l’UA, avait naguère appelé à la mise en place d’une transition respectueuse des valeurs démocratiques. Mais n’oublions surtout pas que le président de la Commission de l’UA est un Tchadien, en la personne de Moussa Faki Mahamat qui, du fait de sa proximité avec Déby père, semble éprouver de la sympathie pour le fils. Si fait qu’il a manœuvré habilement, dit-on, pour empêcher toute sanction contre le Tchad comme le réclamaient certains pays de l’Afrique australe et d’autres comme le Ghana, par exemple.

 

On ne peut que déplorer l’attitude de la CEEAC qui s’est claquemurée dans un silence assourdissant

 

Rappelons que Moussa Faki Mahamat fut longtemps le chef de la diplomatie tchadienne sous le règne de Idriss Déby Itno. C’est donc clair. En envoyant une mission d’évaluation au Tchad, l’UA veut non seulement gagner du temps, mais aussi aider à desserrer l’étau autour de la junte conduite par Mahamat Idriss Déby. On a tout lieu de le penser, surtout qu’après le mardi noir qui a laissé entre 6 à 9 cadavres sur le carreau, les différents acteurs semblent avoir mis de l’eau dans leur thé tant et si bien que l’on assiste à des consultations tous azimuts en vue de la formation d’un gouvernement de transition. Toutefois, on ne peut que déplorer l’attitude de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) qui, face au drame qui se joue au Tchad, s’est claquemurée dans un silence assourdissant et incompréhensible au point de se laisser damer le pion par l’UA qui, d’ordinaire, suit le rythme imposé par les organisations sous-régionales. On l’a vu au Mali où la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne s’est pas laissée conter fleurette quand les militaires avaient déposé Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour s’emparer du pouvoir. Mais avec la CEEAC, c’est tout à fait le contraire si bien que d’aucuns s’interrogent même sur l’importance de ce « machin ».

 

B.O

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