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CRISE POLITIQUE EN RDC : Le tout n’est pas de nommer un Premier ministre…

La République démocratique du Congo (RDC) a un nouveau Premier ministre. Il s’appelle Sama  Lukondé, Kyenge. Désormais ex-Directeur de la Gecamines, c’est lui qui succède à Sylvestre Ilunga Ilunkamba poussé à  la démission au début du mois en cours. Fini donc le suspense à Kinshasa et ce, après plusieurs semaines d’âpres négociations. En effet, avant la confirmation de Sama Lukonde Kyenge à la Primature, plusieurs autres noms avaient circulé. Il s’agit de Modeste Bahati Lukwebo nommé Informateur par le président Félix Tshisékedi en vue de former une nouvelle majorité. Et ce n’est pas tout. Moïse Katumbi, l’un des poids lourds de la scène politique congolaise, a été aussi approché. Ce dernier, à ce qu’on dit, a décliné l’offre après avoir vainement demandé à échanger en tête-à-tête avec le chef de l’Etat himself. Mais en nommant Sama Lukonde Kyenge comme chef du gouvernement, le président Tshisékedi a opéré un choix stratégique, étant donné que le nouveau promu, à l’instar de Moïse Katumbi, est un natif du grand Katanga. Faut-il y voir un calcul politique quand on sait que la présidentielle de 2023 approche à grands pas et que la bataille promet d’être rude ? Tout porte à le croire. Car, s’il est vrai que Moïse Katumbi a décidé de rejoindre l’Union sacrée de Tshisékedi, il ne faudra cependant pas s’étonner que celui-ci, tout comme Jean-Pierre Bemba, claque, quelques mois plus tard, la porte pour se porter candidat à la prochaine présidentielle.

Le nouveau Premier ministre n’a pas droit à l’erreur

C’est dire donc que la nouvelle majorité qu’appelle de tous ses vœux le président congolais, pourrait faire long feu. Car, au choc des ambitions, il faudra ajouter le difficile partage du gâteau qui ne manquera pas de créer des frictions. En tout cas, le tout n’est pas de nommer un Premier ministre. Il faut plutôt travailler à aplanir les divergences en harmonisant, autant que faire se peut, les ambitions de chaque composante de l’Union sacrée aussi bien sur le programme que sur la réparation des postes. Sama Lukonde Kyenge que d’aucuns présentent comme un « homme intègre », y parviendra-t-il ? On attend de voir. Mais quand on sait que la nomination de Sama Lukonde Kyenge intervient dans un contexte  de crise politique marqué par la destitution de pro-Kabila, l’on a envie de dire que le nouveau Premier ministre n’a pas droit à l’erreur. Les Congolais attendent de lui des actions concrètes. Car, de sa capacité à travailler dans l’intérêt supérieur du peuple, dépendra la réelection de son mentor Tshisékedi. Il a donc du pain sur la planche. Et après le divorce avec le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, le maître de Kinshasa et ses nouveaux alliés n’auront aucune excuse s’ils n’arrivent pas à mettre convenablement en œuvre leur programme de développement.

 

 

B.O

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