DEMISSION DE BONI YAYI DE LA TETE DE LES DEMOCRATES : Un départ qui cache mal un malaise
L’information a eu l’effet d’un coup de tonnerre au Bénin. En effet, l’ex-président, Boni Yayi, par ailleurs président de Les Démocrates, a rendu, hier, 4 mars 2026, sa démission de la tête du parti. Il l’a dit dans une correspondance adressée aux responsables et militants du parti, invoquant officiellement des raisons de santé. Agé de 73 ans, Boni Yayi dit vouloir « pleinement consacrer cette nouvelle étape de sa vie au repos ». Mais bien des observateurs de la scène politique béninoise ont vite franchi le pas en établissant un lien de cause à effet entre le départ de Boni Yayi et la crise que traverse Les Démocrates. Le parti, faut-il le rappeler, ne compte désormais aucun élu à l’issue des dernières législatives mais, en plus, il a été exclu de la présidentielle qui se profile à l’horizon et à laquelle le président Patrice Talon ne prendra pas part ; lui qui, après ses deux mandats constitutionnels, a décidé de faire valoir ses droits à la retraite. C’est dire si Boni Yayi quitte la tête du parti au moment où celui-ci est, pour le moins, fragilisé. Sa gestion a même souvent fait l’objet de critiques de la part de certains cadres du parti ; d’aucuns lui reprochant ouvertement un manque de charisme ou de poigne.
Le parti Les Démocrates gagnerait à se réorganiser le plus rapidement possible
Il en résulte donc qu’au-delà des raisons de santé invoquées par Boni Yayi pour justifier son départ de la tête du parti, sa gouvernance de Les Démocrates y est aussi pour quelque chose. Peut-être subodorait-il une fronde à l’interne, et pour éviter toute forme d’humiliation, il a préféré prendre les devants pendant qu’il est encore temps. En tout cas, cette démission cache mal un malaise au sein de Les Démocrates. Surtout que peu avant lui, c’est son fils, Chabi, qui a aussi claqué la porte du parti. On se rappelle que ce dernier, soupçonné d’être impliqué dans le coup de force manqué de décembre dernier, avait été interpellé avant d’être plus tard remis en liberté. De toute évidence, avec le retrait de Boni Yayi de la vie politique, c’est l’opposition béninoise, dans son ensemble, qui s’en trouve fragilisée. Toute chose qui, on l’imagine, constitue du pain bénit pour le pouvoir dont le candidat, sauf tremblement de terre, remportera sans coup férir la présidentielle du 12 avril prochain. Quant au parti Les Démocrates, il gagnerait à se réorganiser le plus rapidement possible pour autant qu’il veuille non seulement exister politiquement, mais aussi remporter les prochaines batailles électorales. C’est le seul combat qui, pour l’heure, mérite d’être mené.
B.O
