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DIXIEME ANNEE DU DEBUT DE LA REVOLUTION LIBYENNE : Les défis restent entiers

Les Libyens ont commémoré, le mercredi 17 février 2021, le dixième anniversaire du début du soulèvement populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi. En rappel, ce dernier, inspiré par l’exemple des « officiers libres » égyptiens avec à leur tête Nasser, a renversé le Roi Idriss 1er, pour s’emparer du pouvoir.

Il y resta pendant 42 ans. Pendant ce long règne, il améliora, de manière significative, grâce à  la manne pétrolière, les conditions matérielles d’existence de ses concitoyens. A contrario, il fit de son pays, une des dictatures les plus achevées d’Afrique. C’est essentiellement contre cette tyrannie que le peuple s’est révolté. Le  coup d’envoi a été donné un certain 17 février 2011. Ce jour-là, à Benghazi, une foule de 600 personnes se rassemble devant le poste de police principal de la ville. La manifestation fut réprimée dans le sang.

Nonobstant cela, plusieurs autres villes de l’Est libyen entrèrent dans la danse.  Huit mois plus tard, soit le 20 octobre de la même année, le dictateur fut tué de manière atroce à Syrte, grâce à l’intervention  de l’aviation américaine et française aidée par l’OTAN (Organisation du traité de l’atlantique Nord). Sans chercher à excuser la dictature implacable du Bédouin et des siens, l’on peut simplement faire le constat que 10 ans après, les défis restent entiers. En effet, au plan politique, c’est le chaos. Et cela est le résultat d’une lutte acharnée et fratricide entre (ANL) l’Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar et les forces de Fayez el Sarraj basées à Tripoli.

Et  comme l’on pouvait s’y attendre, l’odeur irrésistible du pétrole libyen attira les Russes et les Turcs. Les premiers se rangèrent derrière les forces du maréchal Khalifa Haftar et les seconds prirent fait et cause pour le gouvernement de Fayez el-Sarraj.

Le rêve démocratique s’est transformé en cauchemar sans fin

Les ingérences étrangères multiples et parfois contradictoires, ont fini par asséner le coup de grâce  au pays tant et si bien qu’en lieu et  place de la démocratie rêvée et souhaitée, la Libye s’est enfoncée dans l’abîme. Et cette situation politique exécrable a déteint logiquement sur la situation économique.

En effet, depuis que le régime de Kadhafi a été reversé, les Libyens ont appris à manger du chien enragé et du pain sec. Car, la riche Libye qui, naguère, narguait le monde entier en faisant étalage de ses petro-dollars, est devenue, en l’espace de 10 ans, un pays économiquement exsangue. De ce qui précède, l’on ne voit pas concrètement ce que les Libyens ont gagné en terrassant le régime de Kadhafi. Le rêve démocratique s’est transformé en cauchemar sans fin. Et la prospérité économique de l’ère Kadhafi s’est muée pratiquement en une indigence quasi généralisée. Même les tombeurs du dictateur le reconnaissent.

En effet, dans son livre intitulé « Une terre promise », Barack Obama, l’ancien président américain, avoue que son intervention en Libye, reste le plus grand regret de ses deux mandats. Et l’on peut parier que ce sentiment est aussi celui de bien des Libyens aujourd’hui. Au-delà même de ce pays, bien des Africains nourrissent le même sentiment. En tout cas, les populations du Sahel restent convaincues  que les malheurs qu’elles vivent aujourd’hui au plan sécuritaire, tirent leur origine de la chute du colonel Kadhafi. Et franchement, il est difficile de réfuter cette thèse. Il reste à prier pour que le forum du dialogue libyen, qui a désigné, le  5 février dernier, le nouvel exécutif, puisse conduire à bon port le navire libyen.

 

Pousdem PICKOU                

 

 

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