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ELECTIONS GENERALES EN ZAMBIE SUR FOND DE TENSIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES

Un scrutin, ce n’est pas la guerre !

Le 12 août 2021, les Zambiens se sont rendus aux urnes pour choisir parmi les 16 candidats en lice, celui qui présidera aux destinées de leur pays, pour les cinq années à venir.  Mais celui que craindra le plus, le président sortant, Edgar Lungu, qui sollicite un nouveau mandat, c’est bien son principal challenger, Hakainde Hichilema, qu’il affronte pour la 3e fois dans les urnes. Après cinq tentatives infructueuses, ce coup-ci sera-t-il le bon pour Hichilema qu’un second sondage avait récemment placé en tête des intentions de vote ; le premier ayant donné Lungu, vainqueur avec 44% des voix ?  Toujours est-il que dans cette nouvelle course à l’échalote, Edgar Lungu n’est sans doute pas assuré de l’emporter les doigts dans le nez. A moins qu’il n’ait pensé déjà aux … petits raccourcis malsains comme on en voit dans les républiques bananières. En tout état de cause, quel que soit le nom qui sera issu des urnes à l’issue du scrutin, l’essentiel est que ces élections générales respectent les standards internationaux de transparence et d’équité, et se déroulent dans un climat apaisé.  On croise les doigts d’autant que rien n’est gagné d’avance. Le climat socio-politique zambien laisse, en effet, craindre des averses et autres orages qui pourraient s’avérer lourds de conséquences pour l’ex-Rhodésie du Nord. Pour preuve : quatre jours avant ces élections générales, l’atmosphère était déjà tendue et le pays à cran. 

 

 

Le pays doit survivre à ses élections

 

Dans cette ambiance électrique et anxiogène, trois personnes ont malheureusement perdu la vie. C’était lors d’affrontements entre partisans de camps rivaux.  Des violences qui ont entrainé un déploiement sans précédent, de militaires, le 1er août dernier. C’est dire si, le 12 août dernier, bien des électeurs ont fait le déplacement des urnes avec la peur au ventre.  Le contexte ambiant de trouille impactera-t-il le taux de participation ?  Les prochaines heures nous le diront.   En tout cas, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, les acteurs politiques zambiens devraient comprendre qu’une élection, ce n’est pas la guerre ! Quant au pouvoir en particulier, il doit mettre un point d’honneur à veiller à la qualité du scrutin pour ôter tout argument à l’opposition qui, déjà, redoutait, comme certains observateurs, des intimidations d’électeurs par les hommes en treillis.  A son opposition qui était récemment vent debout contre le nouveau fichier électoral, le pouvoir zambien doit éviter de donner des verges, au risque de se faire flageller.  Aux critiques liées aux manifestations de l’opposition, empêchées ou dispersées par la police sous prétexte qu’elles enfreignaient les restrictions anti-Covid, il faut ajouter les sévères récriminations de Amnesty International qui n’hésite pas à parler de la Zambie comme d’un pays « au bord d’une crise des droits humains ». Tout cela suffit, hélas, à faire porter de force, à la Zambie, les haillons de « pays du Gondwana ». Et c’est dommage !  Pour autant que toutes ces accusations soient fondées, il appartient au pouvoir de Luzaka, de montrer qu’il est capable du meilleur, en faisant montre d’un attachement sans faille à la qualité du scrutin.  Il y a intérêt. Car une crise post-électorale n’est pas tolérable ; elle ne fera qu’aggraver les maux de ce pays quasiment au bord de la récession.  L’économie est en berne et le pays croule sous le poids des dettes.  Sévèrement frappée par la crise économique, la Zambie doit aussi faire face à la dure réalité de la crise sanitaire liée à la Covid-19, qui a rendu le quotidien des Zambiens encore plus complexe. Autant dire que ce pays qui est loin d’avoir pu relever ses nombreux défis, doit survivre à ses élections. Et en cela, il n’y a pas d’autre secret : le choix du candidat qui sera porté en triomphe à l’issue du scrutin, doit refléter la stricte vérité des urnes.

 

CBS

 

 

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