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FAIRE DE LA GAMBIE UN ETAT ISLAMIQUE : C’est du Jammeh tout craché !

 

Toujours droit dans ses… babouches, il n’aura pas eu peur des mots. Deux mots aussi courts que  chargés, qu’il faudra désormais coller au statut de  son pays.  De fait, pour le bon vouloir de l’excentrique autocrate Yahya Jammeh, la Gambie devient un … Etat islamique.  Pas même une « République islamique » qui aurait au moins eu le don de ne pas faire penser  au ténébreux  EI (Etat islamique) de Daesh.  Il est clair que la nouvelle camisole dont se revêt dorénavant l’ex-colonie britannique, ne manquera pas de susciter confusions, railleries et peur. Mais après tout,  n’est-ce pas le but recherché  par le tyran gambien ?    C’est du Jammeh tout craché ! Petit président à la tête d’un petit pays ( une banane plantain dans la gueule du Sénégal),  Yaya Jammeh, c’est peu dire, aime s’attirer les projecteurs des médias internationaux. Cet habitué des discours anti-impérialistes et nationalistes, n’avait-il pas bruyamment claqué  la porte du Commonwealth, avant d’annoncer, un an plus tard, la fin de l’anglais comme langue officielle ? N’avait-il pas, en chaman revendiqué, prétendu soigner le Sida ou être prêt à accueillir  la minorité Royingas de Birmanie ?   Bref,  il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que tout cela participe d’une stratégie, pour ce Amin Dada des temps modernes,  visant à montrer qu’il existe  et que le monde doit compter avec lui. Et le moins que l’on puisse dire,  c’est qu’il  vient encore de réussir un joli coup médiatique !   Car,  une fois encore, Jammeh  réussit l’exploit d’être au centre de toutes les attentions. Certes, qu’un pays africain fasse le choix souverain de rejoindre la liste des Républiques islamiques du continent, il n’y a  rien d’anormal ni de condamnable à cela. Mais il faut bien admettre, dans le cas d’espèce,  que l’oukase de Jammeh intervient après des vagues d’attentats meurtriers à travers le monde, revendiqués  par l’EI. Une telle annonce aurait certainement moins choqué si elle était intervenue  avant la création de l’EI. Pour tout dire,  le contexte est pour le moins mal choisi.

Yaya Jammeh ne sait pas qu’il joue gros

Mais on est tenté de dire que « heureusement », la décision de faire de la Gambie un Etat islamique, émane d’un homme connu pour ses déclarations saugrenues et autres annonces  sans effet.  Quel crédit accorder  donc à cette autre lubie du dictateur  gambien ?  Ses sorties peuvent-elles être prises au sérieux ?  Quoi qu’il en soit,  on peut faire le constat que la dernière en date sonne  plutôt comme une provocation à l’égard de la communauté internationale plus que jamais vent debout  contre le péril djihadiste. Cela dit, quelles retombées  l’homme aux éternels bazins riches,  compte-t-il engranger, au-delà du coup de pub que vient de lui procurer sa nouvelle trouvaille ? On peut voir, en sa dernière fanfaronnade,  non seulement un appel du pied vers  les  monarchies  arabes du Golfe à un moment où il est de plus en plus sur la sellette, pour ses multiples atteintes aux droits de l’Homme,   mais aussi un message fort adressé à l’Occident : il ne faut pas que ce dernier l’attende sur le terrain de la démocratie dans une Afrique où l’aspiration au changement est pourtant  de plus en plus forte. Jammeh  l’a du reste indiqué en creux, en déclarant : « Le destin de la Gambie est entre les mains du Tout-Puissant Allah. A partir d’aujourd’hui,  la Gambie est un Etat islamique ». Si l’intention est effectivement de s’attirer les bonnes grâces des monarchies du Golfe, Yahya  Jammeh semble oublier  qu’il « s’expose » aussi à une « effusion » de sympathie des… djihadistes de tous bords qui pourraient voir en la Gambie, une formidable terre d’accueil.  On verra bien si l’Etat islamique de Gambie les accueillera à bras ouverts. A dire vrai, Yaya Jammeh ne sait pas qu’il joue gros dans cette affaire.  On ira même jusqu’à affirmer que  son annonce de l’Etat islamique manque de responsabilité pour deux raisons : non seulement, elle pourrait  amener les islamistes à pavoiser, mais en plus, elle pourrait avoir pour effet d’amener la Gambie à s’aliéner la sympathie des Occidentaux friands des belles plages ensoleillées de Banjul. Ceux-ci pourraient opter pour d’autres destinations touristiques.  Ainsi va, hélas, la Gambie !  Otage depuis des décennies, d’un tyran que personne ne s’aviserait de contester.  Dieu seul sait pourtant s’il aurait mieux gagné à se laisser conseiller et guider. Mais Jammeh n’est pas de cette race-là ; il n’est pas  homme à se soucier de l’avis d’un mortel, dans sa position de démiurge trônant depuis des lustres à la tête du malheureux Etat gambien.

« Le Pays »

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