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VALIDATION DE LA VICTOIRE DE FAUSTIN-ARCHANGE TOUADERA : Va-ton vers une sortie de crise ou un enlisement de la crise politique en RCA ?

Faustin-Archange Touadéra rempile pour un second mandat en République centrafricaine (RCA). Tel est le verdict de la Cour constitutionnelle qui, après avoir vidé le contentieux électoral, soit  en rejetant certains recours, soit en redressant ou en annulant les résultats de certains bureaux de vote,  a validé sa victoire avec 56,16% des suffrages exprimés lors de l’élection du 27 décembre 2020. Son challenger immédiat, Georges Dologuélé, lui,  a obtenu un score de 21,69%  des voix pour un taux global de participation de 35,25 %. Cette validation des résultats de l’élection  par la plus haute juridiction du pays, devrait, en principe, constituer l’épilogue du processus électoral. Mais tout laisse croire, au regard du  climat ambiant, que cette validation ne sera qu’un épisode du feuilleton à rebondissements que constitue la crise politique en Centrafrique.

En effet, la capitale Bangui est encerclée par des groupes armés rassemblés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) qui n’ont jamais fait mystère de leur volonté de prendre le pouvoir par les armes.  Il est donc fort à parier que ces spadassins à la solde de  François Bozizé, qui contrôlent les ¾ du pays et en exploitent les richesses minières, ne se sentent pas concernés par ces résultats. Plutôt qu’à une accalmie des tensions dans le pays, il faut s’attendre à un regain de la violence. Cette probabilité est d’autant plus forte que la position de la CPC est renforcée par les récriminations de l’opposition. En effet, après avoir échoué dans leur tentative de faire annuler l’élection en usant des arguments de fraudes massives et de l’impossibilité, pour des électeurs, d’exercer leur droit constitutionnel de vote, Georges Dologuélé et ses compagnons de lutte accusent maintenant et ouvertement l’Organisation des Nations unies (ONU) d’avoir forcé la tenue du scrutin et imposé par la même occasion, Faustin-Archange Touadéra à la tête de l’Etat.

Un refroidissement des ardeurs de la communauté internationale en RCA, serait synonyme d’une condamnation à mort

Toutes les conditions semblent donc réunies pour que la cocotte-minute centrafricaine que la validation des résultats des élections du 27 décembre était censée refroidir,  saute à nouveau.

Cette atmosphère sulfureuse dans le pays, est symptomatique de l’immensité des défis qui attendent le  nouveau président. En tout cas, Touadéra est plus à plaindre qu’à envier ; tant il a en face de lui des travaux d’Hercule. Et la priorité des priorités sera de faire taire les armes et de ramener au bercail, les milliers de Centrafricains contraints à l’exil en raison des violences. La mission peut paraître, pour le moins, impossible si l’homme ne bénéficie pas d’un soutien renforcé de la communauté internationale. Il reste  à savoir si l’ONU qui est payée en monnaie de singe avec les accusations de l’opposition après avoir tout fait pour éviter un vide constitutionnel qui aurait sans nul doute provoqué l’apocalypse en RCA, ne sera pas quelque peu gênée aux entournures. Cette éventualité  n’est pas simplement une vue de l’esprit  quand on sait qu’au sein du Conseil de sécurité, il y a déjà des réticences  à lever l’embargo sur les armes pour les alliés militaires du pouvoir centrafricain et à muscler le mandat des Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). Mais disons-le net, un refroidissement des ardeurs de la communauté internationale en RCA, serait synonyme d’une condamnation à mort car ce serait l’occasion pour François Bozizé et sa bande, de lancer un autre assaut sur Bangui.

 

SAHO 

 

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