FRAPPES ISRAELO-AMERICAINES SUR L’IRAN :J usqu’où ira l’escalade ?
En un peu plus d’un an après son retour à la Maison- Blanche, Donald Trump est en train de secouer le monde. En effet, après les droits de douane qu’il revise selon ses humeurs et les restrictions de visa imposées à certains pays, le 47e président des Etats-Unis est, pour ainsi dire, sur tous les fronts. A preuve, après avoir provoqué un tollé général en procédant à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, Donald Trump vient de provoquer l’esclandre en trucidant le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier a été tué dans des frappes israélo-américaines qui, au moment où nous tracions ces lignes, se poursuivaient toujours en Iran. En plus du Guide suprême, plusieurs hauts gradés et dignitaires iraniens ont été tués. Certes, on sait que l’inimité entre les USA et l’Iran ne date pas d’aujourd’hui. Mais on ne s’attentait pas à une escalade d’une telle ampleur qui, si rien n’est fait, pourrait provoquer une déflagration mondiale. En fait, on ne le sait que trop bien. Depuis que Téhéran ne fait plus mystère de sa volonté de disposer d’une arme nucléaire, elle fait l’objet de toutes les attentions de la part de Washington, soutenue en cela par Tel-Aviv. On se rappelle d’ailleurs qu’il y a quelques mois, l’Etat hébreux avait décimé le comité scientifique iranien, espérant ainsi anéantir le projet nucléaire de Téhéran. Et très curieusement, l’assassinat d’Ali Khamenei intervient au moment où il se susurrait qu’un accord était sur le point d’être trouvé entre l’Etat iranien et la communauté internationale ; d’où une avalanche de condamnations. Même l’Afrique dont la voix est à peine audible en pareilles circonstances, a donné de la voix, déplorant l’usage excessif de la force là où la diplomatie aurait pu trouver une issue favorable et durable. En tout cas, la méthode forte que prônent Donald Trump et son allié Benjamin Netanyahu en Iran, risque de provoquer l’effet inverse.
L’ONU gagnerait à peser de son poids pour circonscrire la guerre en cours en Iran
Car, ce serait faire preuve de naïveté que de croire que c’est en décapitant le système iranien que l’on peut mieux l’apprivoiser. Bien au contraire, cela ne fait que le braquer ou le radicaliser davantage. Et à l’allure où vont les choses, Donald Trump finira, sans le vouloir, par rendre sympathique le régime iranien qui, on le sait, est connu pour ses méthodes spartiates et ses dérives autocratiques. A preuve, s’il est vrai qu’il y a eu des scènes de liesse saluant la mort de Khamenei, force est de reconnaître qu’il a été aussi enregistré des actions de représailles contre les Etats-Unis dans bien des pays arabes. Jusqu’où ira l’escalade ? Questions à mille inconnus à laquelle Donald Trump lui-même ne saurait répondre pour l’instant. En fait, voilà un homme qui, parce qu’il convoite le Prix Nobel de la paix, se présente comme un faiseur de paix au point qu’il joue les médiateurs dans certains conflits, mais qui, dans le même temps, joue les boutefeux, se faisant, par-endroits, passer pour un chef de guerre. Franchement, réussir à faire le portrait moral d’une personnalité comme Donald Trump, relève d’une véritable gageure ; tant il est connu pour être inconstant et instable dans ses prises de positions et de décisions. Il se croit si puissant qu’il n’hésite même pas à brocarder les décisions de Justice de son pays, quand il ne choisit pas souvent de les contourner et cela, sans même se soucier de la forme. Quant à son alter ego, Benjamin Netanyahu, il a trouvé une belle occasion pour régler ses comptes à l’Iran qu’il aurait souhaité voir rayé de la carte du monde. Face à une telle situation pour le moins préoccupante, il y a urgence à agir. Pour autant donc qu’elle veuille avoir une once de crédibilité, l’ONU gagnerait à peser de son poids pour circonscrire la guerre en cours en Iran. Mais que peut-elle face à Washington et Tel-Aviv, connues pour être des capitales qui foulent au pied le droit international ? Malheureusement pas grand- chose.
B.O
