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FRAPPES ISRAELO-AMERICAINES SUR L’IRAN :Quand la religion et les affaires prennent…des missiles perdus


Depuis les frappes conjointes israélo-américaines du week-end dernier contre l’Iran, c’est l’escalade au Moyen-Orient où le pays des Ayatollahs a pris pour cibles l’Etat hébreu et plusieurs bases américaines dans le Golfe, en guise de représailles. Une escalade des tensions qui fait craindre un embrasement régional et dont l’onde de choc est ressentie jusqu’en Afrique où la situation ne laisse pas indifférent. Plusieurs pays, au nombre desquels le Sénégal, le Tchad ou encore le Maroc, ayant réagi à l’offensive militaire américano-israélienne, en appelant à un cessez-le feu immédiat. Seront-ils entendus ?

 

Beaucoup d’Africains qui ont investi dans les pays du Golfe, se retrouvent dans la tourmente

 

On attend de voir. Toujours est-il qu’au Nigeria, des chiites pro-iraniens ont manifesté, le 1er mars dernier, après la mort du Guide iranien, Ali Khamenei, tué dans les largages de bombes qui ont laissé de nombreuses victimes sur le carreau. Et Dieu seul sait de quoi ces brebis nigérianes du grand Guide iranien seraient capables, pour montrer leur solidarité à l’Iran. C’est dire si cette guerre aussi proche  que lointaine, ne manque pas de conséquences pour le continent noir où l’inquiétude grandit, face aux éventuelles répercussions d’une flambée des cours du brut, si le conflit devait s’installer dans la durée. Sur le plan religieux, ces frappes américaines sont d’autant plus mal vécues par de nombreux fidèles, qu’elles interviennent en pleine période du jeûne de Ramadan. Une période sacrée pour les musulmans qui doivent débarrasser leur cœur de toute haine. Mais qui ne pourront, dans le cas d’espèce, s’empêcher de nourrir des ressentiments contre le pays de l’Oncle Sam, parce que poussés à bout par des Etats-Unis qui n’en sont pas à leur première provocation du genre, après avoir pendu l’ex-président irakien, Saddam Hussein, un jour de fête de l’Aïd el-Adha. C’est à se demander si le choix de cette période de frappes américano-israéliennes, n’a pas été calculé à dessein. Quoi qu’il en soit, ce sont des actes qui peuvent heurter la conscience religieuse. Et il faut craindre que cela ne contribue à exacerber les tensions religieuses et sectaires, dans des sociétés africaines connues pour être multiconfessionnelles. Sur le plan des affaires, beaucoup d’Africains qui ont investi dans les pays du Golfe ou y mènent leurs affaires, se retrouvent dans la tourmente de ces violences dont on ne sait pas jusqu’où elles iront, encore moins quand elles prendront fin. Pour ceux-là et pour tous ceux qui ont été pris dans le piège de ces bombardements sans possibilité de quitter l’Iran, il ne reste plus qu’à croiser les doigts pour que les choses n’aillent pas de Charybde en Scylla.

 

L’Iran agit en véritable lion blessé, prêt à frapper partout où il peut toucher aux intérêts américains

 

Et surtout qu’une solution soit rapidement trouvée dans le sens de la désescalade. Déjà, l’annulation et la suspension de nombreux vols dans la zone, ne manque pas de conséquences pour de nombreux Africains qui ont fait des pays du Moyen-Orient comme Dubaï aux Emirats arabes unis, leur destination privilégiée pour les affaires. Autant dire que l’Afrique reste largement exposée aux conséquences de cette guerre au Moyen-Orient qui risque de se répandre au niveau régional, voire mondial si elle doit entraîner des puissances comme la Russie ou la Chine, dans la guerre. Et le continent noir qui a souvent été le théâtre des rivalités entre les grandes puissances, risque de se retrouver, une fois de plus, au milieu du guet. Si elle n’est pas victime de dommages collatéraux comme ce fut déjà le cas dans le conflit ukrainien dont les chocs économiques, diplomatiques, voire sécuritaires sont encore loin d’être totalement amortis. Et rien ne dit que les bases militaires américaines situées en Afrique, notamment à Djibouti et en Somalie, ne constituent pas des cibles potentielles de représailles pour l’Iran qui agit en véritable lion blessé, prêt à frapper partout où il peut toucher aux intérêts américains. Enfin, sur le plan diplomatique, les Etats africains restent exposés à des pressions multiformes pour prendre parti dans cette guerre. Toute chose qui pourrait les contraindre à des choix difficiles entre les parties au conflit, avec toutes les conséquences qui vont avec.

 

« Le Pays »    

 

 

 


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