HomeA la uneFUITE DE BOBI WINE EN OUGANDA : Museveni se frotte les mains

FUITE DE BOBI WINE EN OUGANDA : Museveni se frotte les mains


Traqué de toutes parts, l’opposant emblématique ougandais, Bobi Wine, a préféré fuir son pays. On le sait, l’homme était recherché par l’Armée, après la présidentielle du 15 janvier dernier, remportée par l’inamovible président Yoweri Museveni avec 71,6% des suffrages exprimés. Une victoire que l’opposant avait énergiquement rejetée en dénonçant des fraudes massives et un climat de répression. Depuis lors, le chef de l’Armée, le général Muhoozi Kainerugaba qui n’est nul autre que le fils du président Joweri Museveni, avait fait de l’arrestation de l’opposant, une priorité, l’accusant de plusieurs crimes sans pour autant en donner la nature exacte. Avec cette fuite, Bobi Wine veut-il renoncer au combat qu’il menait? En tout cas, si ce n’est pas une capitulation, cela y ressemble fort. Car, comme on le dit, dans un combat, tout recul, même stratégique, sonne déjà comme une défaite, ne serait-ce que larvée. Du reste, peut-on gagner de l’extérieur, un combat qu’on n’a pas gagné de l’intérieur ? Cela dit, en prenant le large, l’opposant laisse un grand vide. Et c’est le président Museveni qui dirige le pays depuis plus de quatre décennies, d’une main de fer, qui se frotte les mains. C’est d’autant plus vrai qu’il ne reste plus d’opposants d’envergure capables de lui tailler des croupières, Kizza Besigye, l’autre figure majeure de l’opposition, étant toujours en détention depuis novembre 2024. C’est dire aussi si l’exil forcé de l’ancien musicien, risque de faciliter le projet de succession dynastique de Museveni. Certes, en quittant l’Ouganda, Bobi Wine ne met pas fin à ses ambitions présidentialistes ni ne renonce au combat pour l’alternance démocratique en Ouganda.

 

S’il souhaite rester en vie, Bobi Wine se doit de faire preuve de prudence et de redoubler de vigilance

 

 

Mais quelles chances a-t-il de triompher face à un régime déterminé à lui faire la peau ? Du reste, si Bobi Wine pense qu’en quittant le pays, il « sauve définitivement son nez », il se trompe lourdement. Ce d’autant que les régimes dictatoriaux comme celui de Yoweri Museveni, sont capables de tout. Ils ne lésinent pas sur les moyens pour traquer partout où se trouvent leurs opposants et les envoyer ad patres. Sur le continent, les exemples sont légion. C’est dire si Bobi Wine gagnerait à se tenir sur le carreau. En tout état de cause, s’il souhaite rester en vie et continuer à mener le combat de l’extérieur comme il l’a promis, Bobi Wine se doit de faire preuve de prudence et de redoubler de vigilance. Tout porte à croire que le fin mot de cet exil de l’opposant, c’est de se donner plus de liberté de ton et d’internationaliser son combat. Mais sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr. En effet, tant que les intérêts prévaudront, les opposants auront toujours du mal à se faire entendre par les dirigeants occidentaux.  De toute évidence, on ne saurait en vouloir à l’opposant Bobi Wine pour avoir fui son pays en quête de soutien international. Face à un régime très répressif, il n’avait d’autre choix que de chercher à se mettre à l’abri. C’est vrai qu’en le faisant, il fragilise son camp d’autant que ses ouailles pourraient avoir le sentiment de se retrouver désormais abandonnées à elles-mêmes. Mais, c’est peut-être le prix à payer pour l’opposant, s’il veut rester en vie.

 

Dabadi ZOUMBARA


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