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JO TOKYO 2021


Ouverts le 23 juillet dernier, les Jeux Olympiques (JO) de Tokyo battent… leur vide de médailles pour le Burkina Faso dont l’espoir repose principalement sur le triple-sauteur Hugues Fabrice Zango. Avec un saut de 16,83m lors des séries, l’athlète burkinabè s’est qualifié de justesse, le 3 août dernier, pour la finale de sa discipline qui se disputera le 5 août prochain.  Une qualification sur le fil qui sonne comme une seconde chance pour le natif de Ouagadougou qui a failli passer à la trappe, pour n’avoir pas pu réaliser le minimum de 17, 05m requis, comme ses cinq autres compatriotes dans leurs disciplines respectives, avec qui il composait la délégation du pays des Hommes intègres. Pourtant, les Burkinabè avaient des raisons de croire en leur champion. Surtout au regard de ses dernières performances lors des meetings européens où il a aligné les records, s’adjugeant au passage la plus grosse performance mondiale de la discipline en salle lors du meeting d’Aubière à Clermont –Ferrand en France, en janvier dernier, avec un saut de 18,07m.  Il entrait ainsi dans l’histoire en devenant le premier athlète au monde à sauter au-delà de 18 mètres, battant au passage, de 15cm, le record vieux de dix ans de son entraîneur, Teddy Tamgho.

 

 

 

Le peuple burkinabè est tout entier mobilisé derrière son porte-drapeau

 

 

D’ailleurs, l’athlète burkinabè lui-même est allé très confiant à ces JO, en n’ayant pour seul objectif que la médaille d’or, et en se promettant « d’assommer le concours au premier essai » en finale. A-t-il mis la barre trop haut ? On espère que non. Car, ses chances de remporter une médaille sont bien réelles et restent encore intactes. Surtout s’il se présente dans sa meilleure forme olympique le jour de la compétition. Mais il va falloir, à l’athlète burkinabè, un mental d’acier pour ne pas se laisser perturber par ce repêchage qui sonne comme une véritable contre-performance qui pourrait semer le doute dans son esprit. C’est dire si le 5 août 2021, Fabrice Zango devra être prêt aussi bien physiquement que mentalement, pour espérer écrire l’histoire et réaliser son rêve d’apporter au Burkina Faso, sa toute première médaille olympique. C’est le plus grand cadeau qu’il puisse faire à son pays, à l’occasion du 61ème anniversaire de son accession officielle à l’indépendance. Au-delà, ce serait le couronnement d’une saison bien remplie mais aussi d’une carrière encore plus prometteuse. C’est pourquoi le peuple burkinabè est tout entier mobilisé derrière son porte-drapeau, jusqu’au sommet de l’Etat, pour lui apporter son soutien, dans l’espoir d’entendre le Ditanyé retentir et le drapeau rouge-vert frappé de l’étoile jaune au milieu, flotter dans le firmament du pays du soleil levant, à côté de ceux des cadors comme la Chine (68 médailles dont 32 en or), les Etats-Unis d’Amérique (68 médailles dont 22 en or) ou encore le Japon (35 médailles dont 19 en or) qui constituent jusque-là le trio de tête du classement des médailles à Tokyo 2021.  Mais à défaut de l’or, ce serait aussi une sacrée performance s’il montait déjà sur le podium. Alors, Fabrice nous ramènera-t-il cette médaille ? On croise les doigts.

 

 

C’est le continent africain dans son ensemble qui a des efforts à faire

 

 

Tout comme on le fait pour l’autre athlète burkinabè encore en lice, Marthe Jasmine Koala, qui a encore l’heptathlon à disputer ce 4 août, après avoir été précocement éliminée au premier tour au 100m haies dames.  En tout état de cause, sans avoir pour l’instant pu décrocher la lune, le Burkina n’a pas à rougir des performances de ses athlètes qui font mieux qu’honorer la célèbre formule de Pierre de Coubertin pour qui « l’essentiel est de participer ».  Car, pour l’expérience, Paul Daumont a pris du plaisir dans la compétition cycliste où il est allé au-delà de ses performances habituelles, même s’il n’a pu aller jusqu’au bout de la course, pour des raisons techniques. Quant aux nageurs Adama Ouédraogo et Angelika Ouédraogo, le judoka Lucas Diallo et le taekwondoin Fayçal Ouédraogo, tout le mérite leur revient d’avoir su représenter dignement le Burkina, en donnant le meilleur d’eux-mêmes dans leurs disciplines respectives. Et l’on peut dire que Tokyo valait bien un détour, dans le dur apprentissage du professionnalisme auquel tout athlète aspire légitimement. D’autant qu’à ce jeu, c’est le continent africain dans son ensemble qui a des efforts à faire, au regard de la moisson peu abondante pour tout le continent noir (seulement 4 médailles d’or pour le moment), comparativement à certaines nations prises individuellement. A la date du 3 août, la première nation africaine était l’Afrique du Sud avec 3 médailles dont 1 en or et 2 en argent. Mais à y regarder de près, l’on peut difficilement jeter la pierre aux athlètes africains, quand on sait les difficiles conditions de préparation qui sont les leurs et qui font visiblement toute la différence. La preuve en est que de nombreuses médailles ont été remportées par des athlètes noirs pour des pays d’autres continents.

 

 « Le Pays »

 

 


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