A la uneLa chronique du fou

JOURNEES DE REDEVABILITE DE L’ASSEMBLEE NAIONALE

C’est bien mais il faut aller au-delà !

« Culture de la redevabilité, un impératif pour un parlement de proximité ». C’est sous ce thème que se sont tenues, la semaine écoulée, les Journées de redevabilité de l’Assemblée nationale à Bobo-Dioulasso, sous les auspices de Alassane Bala Sakandé. Par cet exercice, les députés entendent rendre compte de l’action parlementaire aux populations, les écouter sur leurs attentes et suggestions et faciliter le contrôle citoyen de l’action gouvernementale. Pour une première, c’en est une puisque depuis la création du Conseil général de la Haute Volta, en 1948, qui est devenu aujourd’hui Assemblée nationale, jamais l’on n’avait vu des députés se montrer aussi proches des masses au point de se soumettre à l’épreuve de reddition des comptes. Certes, le fait, pour des élus nationaux, de se déporter hors de Ouagadougou, ne repose, il est vrai, sur aucune base légale mais cela n’enlève en rien, pour reprendre les termes de Bala Sakandé, à la « légitimité pleine, entière et évidente » de leur démarche. Tant elle peut contribuer à davantage de transparence, de responsabilité et d’efficacité de l’action parlementaire. C’est donc une très bonne chose en soi. Car, comme on le sait, les hommes politiques en général n’ont pas la culture de la reddition des comptes dans notre pays. Si fait qu’une fois élus, ils prennent des distances vis-à-vis de ceux-là mêmes qui les ont faits rois. Ce n’est pas moi qui le dis. Les faits parlent d’eux-mêmes. A preuve, on voit souvent des élus nationaux narguer les pauvres populations avec leurs rutilantes voitures au point qu’ils ne se donnent même plus la peine de les saluer. D’autres se montrent constamment occupés à telle enseigne qu’ils ne se donnent même pas la peine de prêter une oreille attentive à leurs bases respectives.

 

 

Une démarche innovante qui doit permettre au citoyen d’évaluer ou de juger l’action gouvernementale

 

 

Ils ne retournent vers la base que quand commence à sonner l’heure des consultations électorales à l’occasion desquelles ils sollicitent les suffrages des populations. Ainsi va la politique sous nos tropiques. C’est pourquoi je tiens personnellement à saluer l’initiative de Bala Sakandé qui a choisi ainsi de briser les usages parlementaires. C’est tout à son honneur. Je sais que d’aucuns, en l’occurrence ses contempteurs, n’hésiteront pas à parler de démarche populiste et de débauche inutile de moyens financiers. Mais quant à moi, j’y vois une démarche innovante qui doit permettre au citoyen d’évaluer ou de juger l’action gouvernementale.  Car, comme le dit le président de l’Assemblée nationale, lui-même, « sans l’obligation de rendre compte, l’exercice de tout mandat électif, n’est qu’une conspiration ». Voilà donc qui est bien dit et qui devrait, à mon avis, pousser les élus nationaux à aller davantage vers les populations qu’ils représentent à l’hémicycle. Et l’avantage de cette visite- terrain, c’est qu’elle permet aux députés, non seulement de toucher du doigt les nombreuses préoccupations des populations, mais aussi de procéder au contrôle de certaines réalisations gouvernementales. Cela dit, je souhaite que pour les prochaines fois, pareille sortie parlementaire puisse concerner les régions de l’Est, du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, etc., afin de permettre aux élus nationaux de prendre la pleine mesure de la crise sécuritaire que vit notre pays depuis quelques années. Cela pourrait contribuer, du moins on l’espère, à la prise de mesures fortes.

 

« Le Fou »

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