HomeA la uneLE MINISTRE FRANÇAIS DE L’INTERIEUR EN ALGERIE : Un signe de rapprochement entre Paris et Alger ?

LE MINISTRE FRANÇAIS DE L’INTERIEUR EN ALGERIE : Un signe de rapprochement entre Paris et Alger ?


Sur invitation de son homologue algérien, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, est en visite à Alger. Ce déplacement a pour objectif de dissiper l’épais nuage qui assombrit, depuis quelque temps, les relations diplomatiques entre la France et l’Algérie. En effet, entre les deux pays, les points de crispation ne manquent pas au point qu’au fil du temps, leurs relations se sont fortement dégradées. En témoignent la reconnaissance, depuis l’été 2024, par Paris, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, l’enlèvement d’un influenceur algérien opposant au régime d’Abdelmadjid Tebboune, l’arrestation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié plus tard par le président algérien, et la mise en examen d’un agent consulaire algérien sans oublier l’expulsion de douze agents de l’ambassade de la France par Alger. Et ce n’est pas tout. Il y a aussi la condamnation, en Algérie, d’un journaliste sportif français pour « apologie du terrorisme », à sept ans de prison ferme. On oublie volontiers le vote récent par le parlement algérien, d’une loi criminalisant la colonisation française, allongeant ainsi la liste des sujets qui fâchent.

 

La moindre dérive langagière peut contribuer à mettre le feu aux poudres

 

 

C’est dire si le ministre français de l’Intérieur aura fort à faire. Il marche sur des œufs, conscient que ses faits et gestes seront scrupuleusement scrutés par ses hôtes algériens que l’on sait intraitables sur les questions de souveraineté. En tout cas, la moindre dérive langagière de la part du ministre français, peut contribuer à mettre le feu aux poudres. Il gagnerait donc à jouer balle à terre pour autant qu’il veuille se donner les chances de réussir là où son prédécesseur Bruno Retailleau, du fait de ses sorties parfois primesautières, a échoué. Déjà, les signaux sont positifs parce qu’en prélude à la visite du ministre de l’Intérieur, l’ancienne ministre socialiste, Ségolène Royal, a tenté une médiation pour une « reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie », qui semble porter fruit. Pour autant donc que les autorités des deux pays s’inscrivent dans une logique d’apaisement, les tensions entre Paris et Alger pourraient relever d’un lointain souvenir. C’est, du reste, tout le mal qu’on leur souhaite surtout quand on sait que les deux capitales liées par l’histoire, ont plus à gagner en se donnant la main, qu’en passant leur temps à se chamailler.

 

B.O


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