LUTTE CONTRE LA PROLIFERATION DES ENGINS EXPLOSIFS : De la vigilance à tous les niveaux
Les services de douanes ont encore frappé un grand coup. En effet, plus de 8 000 engins explosifs saisis au cours de leurs opérations de contrôle et de protection du territoire. Cette belle moisson a été présentée aux Burkinabè en fin de semaine dernière, témoignant de la détermination et de l’engagement des gabelous à assurer leur mission régalienne de protection du territoire et des populations. Je me réjouis de cette saisie importante d’autant plus qu’elle permet de mettre hors d’état de nuire, des produits hautement dangereux pour la vie de nos populations et celle de nos infrastructures. Je tiens ainsi à exprimer mes vives félicitations à tous les acteurs dont la vigilance et la collaboration ont permis d’intercepter ces milliers d’explosifs qui étaient, sans aucun doute, destinés à être vendus et qui pouvaient tomber dans les mains de mauvaises personnes. Cela dit, il y a un détail qui retient mon attention et qui m’inquiète. En effet, il n’a fallu que quatre jours d’opérations à la Douane pour débusquer toute cette quantité d’engins explosifs, des circuits sombres. C’est dire si le phénomène a pris de l’ampleur. Cela est également révélateur d’un mal qui est profond et qu’on a de la peine à soigner. Pour preuve, en dépit de toute la volonté affichée, des moyens déployés et de l’engagement des différents acteurs de lutte, le tout renforcé par des campagnes de sensibilisation, on a encore du mal à contenir la prolifération de ces produits explosifs sur notre territoire. C’est forcément préoccupant dans un pays comme le nôtre qui fait face à un défi sécuritaire de taille. Les services de contrôle font déjà un travail remarquable sur le terrain.
Resserrer l’étau autour de ces bandits trafiquants en multipliant les opérations de contrôle sur le terrain
Dans les marchés, sur nos axes routiers jusqu’aux moindres recoins, la Douane et ses différents démembrements multiplient les saisies. Mais si, jusqu’à ce jour, le phénomène continue de perdurer, cela est intrinsèquement lié à une catégorie d’individus dont la cupidité, les pousse à commettre les plus horribles atrocités, même contre leur propre pays. En le disant ainsi, je n’exagère pas. Je ne suis d’ailleurs pas le premier à avoir parlé ainsi. Un de nos compatriotes et pas des moindres, s’était déjà offusqué du fait que des Burkinabè étaient capables de brûler leur pays juste pour chauffer leur café. C’est dire s’il y a des individus qui ne pensent qu’à eux, et dont les actions ne sont guidées que par leurs propres intérêts. Rien à cirer avec ce qu’il adviendra de leur pays. C’est ainsi qu’une personne peut s’adonner à la vente de tels produits dangereux sans se soucier des énormes dégâts qu’ils peuvent engendrer. Il faut se dire la vérité : si le trafic illicite de ces engins explosifs prospère, c’est à cause de la complicité coupable d’un certain nombre d’acteurs, notamment ceux du commerce. Qu’on se comprenne bien. Je ne suis pas en train de dire qu’ils sont tous pourris. Non, certains se sont fixé des limites qu’ils se gardent de franchir. Mais, il s’en trouve des commerçants, en complicité avec des transporteurs véreux, qui usent de tous les stratagèmes pour contourner les services de contrôle et faire prospérer leur sale business de trafic d’engins explosifs. Et certains ne rechignent pas à tenter d’embarquer des contrôleurs avides de gains faciles, dans leur bateau. J’en appelle donc au sens du professionnalisme, de l’honneur, de la dignité et du patriotisme de ces premiers remparts de cette corruption assassine pour faire échec à tous ces projets funestes qui ne peuvent que mettre en danger la vie de nos populations. J’en appelle également à la vigilance de tous ces transporteurs honnêtes qui se font embarquer dans ce faux business par ignorance. Quant aux services de contrôle, je les invite à resserrer l’étau autour de ces bandits trafiquants en multipliant les opérations de contrôle sur le terrain. Il faut également durcir le ton en leur appliquant la loi dans toute sa rigueur.
«Le Fou»
