HomeDroit dans les yeuxMALTRAITANCES D’ENFANTS :Savoir faire montre d’empathie

MALTRAITANCES D’ENFANTS :Savoir faire montre d’empathie


l y a de cela quelques jours, une fillette de 15 ans, victime de maltraitances, a été sauvée par la Police municipale de Ouagadougou qui, pour une prise en charge optimale, l’a remise aux services de l’action sociale. Quant à son bourreau, pour ainsi dire, il a été remis aux autorités judiciaires qui décideront de la suite à donner au dossier. Pour l’heure, on peut dire que la dame en question médite sur son sort en attendant son procès. C’est le lieu de rendre hommage à la Police municipale pour cette action de sauvetage. Elle a fait œuvre utile en sauvant une vie en danger. C’est tout à son honneur. On ne saurait oublier l’auteur de la dénonciation pour la sympathie dont il a fait montre envers la victime. Car, s’il avait choisi de se taire, cette fillette allait continuer de souffrir le martyre. Il  mérite donc que l’on lui tresse des lauriers. Surtout quand on sait que d’autres personnes, à sa place, auraient pu, par cynisme, fermer les yeux. Et Dieu seul sait s’ils sont nombreux qui préfèrent, disent-ils, ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. Il faut changer cette perception des choses. Car, la dénonciation n’a rien de mauvais. Bien au contraire, elle consiste à attribuer publiquement à une personne, la responsabilité d’un acte répréhensible dans l’espoir de susciter un changement. Cela dit, choisir de garder le silence face à une injustice sociale, c’est choisir d’en être complice au même titre que l’auteur des faits. Pour revenir au cas précis de cette fillette victime de violences physiques et morales, l’on a envie de dire que certains, pour ainsi dire, ont une pierre à la place du cœur. Ils sont si méchants que l’on a envie de dire qu’il n’existe aucun grain d’humanisme en eux. En effet, ils ne peuvent pas s’occuper des enfants des autres.

 

Il faut que les uns et les autres sachent raison garder

 

Ils les traitent comme des bêtes de somme, les exploitent et les soumettent à des pires formes de travail. C’est à peine s’ils n’oublient même pas que ce sont des enfants qui ont besoin de protection. Franchement, lorsque l’on regarde le comportement de certains, on a l’impression qu’ils ne se prennent pas pour des mortels ; tant ils se permettent tous les excès. En fait, ce que cette fillette a vécu avant d’être sauvée par la Police municipale, nombreux sont les enfants qui vivent la même situation dans l’ombre et en silence. Ils ne savent pas quoi faire pour se libérer d’une forme d’esclavage qui ne dit pas son nom, humiliés qu’ils sont à longueur de journée. Le plus grave, c’est que généralement, il s’agit d’enfants en situation de précarité. Soit, ce sont des orphelins, soit ce sont des enfants issus de familles pauvres, qui cherchent à survivre. Voyez-vous ? Il faut que les uns et les autres sachent raison garder. C’est indigne de chercher à exploiter la vulnérabilité des autres. En effet, quand on ne peut pas aider quelqu’un en situation difficile, il ne faut pas en rajouter à son calvaire. De la même manière, plutôt que de le maltraiter, le mieux serait de libérer tout enfant que l’on a accepté de recevoir si l’on estime que celui-ci ne répond plus à nos attentes. Certes, on est tous d’accord qu’en Afrique, un enfant, dans son processus d’éducation, a besoin d’être recadré ou corrigé s’il le faut. Mais de là à en faire une « bête de somme », il y a un pas que certains ont vite fait de franchir. Il faut toujours savoir faire montre d’empathie en se disant que notre propre enfant pourrait, un jour, être victime du mal que l’on fait aux enfants d’autrui. La vie est ainsi faite que personne ne sait de quoi demain sera fait. Du reste, on oublie souvent que celui à qui on fait du mal aujourd’hui, pourrait, ironie du sort, devenir notre sauveur de demain. En  un mot comme en mille, on a plus à gagner en nous montrant bienveillants les uns envers les autres qu’en passant le temps à nous faire du mal.

 

Sidzabda


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