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MANIFESTATION CONTRE LES FRASQUES DE ZUMA : L’Afrique du Sud en passe de rejoindre la cohorte des républiques bananières  

 

Trois ministres en moins d’une semaine ! C’est pour le moins abracadabrantesque. Et pourtant ! Le président sud-africain, Jacob Zuma, en a réussi la prouesse ; lui qui, en un peu moins d’une semaine, a limogé deux ministres des Finances. C’est finalement l’ex-député David Van Rooyen dont on dit qu’il est inexpérimenté, qui occupe désormais le poste de Grand argentier. Pourquoi autant d’hésitations ? Difficile d’y répondre. Seulement, il ressort que le ministre Nhlanhla Néné qui vient d’être limogé, paie pour son attachement atavique à la bonne gouvernance économique. Car, dit-on, pas plus tard que la semaine dernière, il avait refusé la négociation d’un contrat entre la compagnie aérienne parapublique South African Airways (SAA) et Airbus, estimant que la transaction n’était pas financièrement viable. Comme on le sait, l’intégrité étant un vilain défaut en Afrique, Jacob Zuma a préféré se passer des services du sieur Néné pour le remplacer par un autre sans doute acquis à sa cause. Ce qui a provoqué l’ire des Sud-africains qui, à l’appel de la société civile, sont descendus dans la rue, hier, pour manifester leur ras-le-bol, estimant que le chef de l’Etat est en train de mettre en péril l’économie du pays pour servir ses propres intérêts.  De Johannesburg à Cape Town en passant par Pretoria et Port Elisabeth, la colère était à son comble ; certains manifestants n’hésitant pas à demander la démission du président de la République. En effet, s’il est vrai que la nomination et le limogeage d’un ministre relèvent du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat, il faut cependant reconnaître qu’en l’espèce, Jacob Zuma en fait trop.

Zuma a bradé l’héritage de Madiba

A tout considérer, il est en train de vendanger les acquis de l’illustre disparu, Nelson Mandela ; si fait que par ses frasques, l’Afrique du Sud est en train de rejoindre la cohorte des républiques bananières. Les faits parlent d’eux-mêmes. Car, on se rappelle encore le tollé qu’avait provoqué, il y a peu seulement, l’affaire de la résidence de Zuma, réfectionnée à coût de milliards de francs CFA dans un pays où le chômage a atteint des proportions inquiétantes. Sans oublier le scandale de Marikana qui a mis la Nation arc-en-ciel à feu et à sang, avec à la clé trente-quatre morts sur le carreau. En un mot comme en mille, jamais l’Afrique du Sud post-apartheid n’avait connu autant d’impairs d’une telle gravité que sous le magistère de Jacob Zuma dont les frasques le disputent aux pantalonnades. Dès lors, on comprend pourquoi, par raison ou par dépit, certains vétérans respectés de l’ANC, (parti au pouvoir), ont rallié les rangs des manifestants, pour décrier la gouvernance politique et économique d’un président qui, par ses excentricités, a réussi à faire l’unanimité contre sa propre personne. Qu’il est donc vrai, comme le dit l’adage, « qu’il n’est pas donné à n’importe qui de chausser les bottes d’un grand homme ». Car, tous ceux qui croyaient que Zuma ferait autant sinon mieux que Mandela, doivent être aujourd’hui dans leurs petits souliers. Zuma a plutôt bradé l’héritage de Madiba qui, par sa rigueur managériale, avait réussi à faire de l’Afrique du Sud une nation prospère qui disputait au Nigeria la première place continentale, en termes de progrès socioéconomiques ! Le constat est clair aujourd’hui que l’Afrique du Sud de Zuma a été surclassée par le Nigeria, si l’on en croit les dernières statistiques publiées par les experts en économie. Il ne reste donc plus qu’à Zuma de se remettre en cause s’il ne veut pas sortir de la scène par la petite porte.

Boundi OUOBA

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