MANUELS SCOLAIRES : Un recadrage s’impose
Afin d’accompagner les élèves ou apprenants, il y a des acteurs du monde de l’éducation qui réalisent ou produisent des manuels scolaires que l’on appelle couramment « annales ». Ces documents, il en existe dans toutes les disciplines, avec généralement des épreuves suivies de propositions de corrections. Bien des parents en savent quelque chose. Car, presque chaque année, ils déboursent des sommes d’argent supplémentaires pour permettre à leurs enfants de se procurer ces précieux outils de travail généralement prisés par les élèves en classes d’examens. Il faut donc rendre hommage à tous ceux-là qui ont réussi à concevoir des « annales ». Ils font œuvre utile en ce sens qu’ils aident les élèves ou apprenants à consolider ce qu’ils ont appris en classes. Toutefois, l’arbre ne saurait cacher la forêt. Car, s’il y en a qui mettent du sérieux dans la conception de ces ouvrages pédagogiques, force est de reconnaître qu’il y en a aussi qui font preuve de légèreté. Ces derniers oublient ou feignent d’oublier qu’une œuvre de l’esprit doit sa qualité aussi bien à sa forme qu’à son fond. Une « annale » est une boussole pour un apprenant. Mais si elle est truffée d’erreurs, elle perd sa raison d’être. On peut même dire qu’un manuel scolaire parsemé d’erreurs est un poison. Il n’apprend rien à l’enfant. Bien au contraire, il le désoriente pour ne pas dire qu’il contribue à le perdre. Malheureusement, on en trouve sur la place publique dont le profil des auteurs interroge. Il a été même rapporté qu’une enseignante officiant dans un établissement scolaire de la place, a dû faire des copies pour remettre à ses élèves, leur demandant d’aller remplacer certaines pages des « annales » qu’elle leur avait vendues.
On doit condamner les auteurs des manuels scolaires pleins de fautes
La déception des parents, avec juste raison, était à son comble ; eux qui, pourtant, n’avaient pas hésité à délier les cordons de la bourse lorsque leurs rejetons respectifs sont venus leur dire que la « maîtresse » a dit d’acheter les « annales » à tel montant. Voyez-vous ? Ça ne fait pas sérieux. Certes, on doit condamner les auteurs des manuels scolaires pleins de fautes. Mais on ne saurait absoudre à bons comptes les enseignants qui, on l’imagine, auraient dû prendre le soin de les parcourir pour s’assurer de leur qualité avant d’accepter de les vendre à leurs élèves respectifs. A moins que là aussi, l’esprit du gain n’ait pris le dessus sur la bonne démarche que doit avoir un éducateur. En tout cas, un enseignant qui, conscient qu’un ouvrage est plein de fautes, choisit quand même de le vendre à son élève, est indigne. Surtout dans ce contexte où la piraterie a pris des proportions insoupçonnées. En effet, en plus de l’incurie de certains auteurs de manuels scolaires, il s’en trouve des filous qui, pour se faire de petits sous, passent leur temps à reproduire ces ouvrages. Ces gens-là se soucient de l’éthique comme d’une guigne. C’est d’ailleurs le dernier de leurs soucis ; l’essentiel étant pour eux de pouvoir se tirer d’affaire. Pour cela, il y a lieu d’en appeler à la responsabilité des premiers responsables du secteur de l’éducation. Il faut ouvrir l’œil et le bon, sur la qualité des « annales » vendues à nos enfants. S’il y en a dont la qualité est douteuse, il faut absolument les retirer du circuit et renvoyer, s’il le faut, leurs auteurs respectifs à leurs chères études. En tout cas, en tant que parents, on a parfois de la peine à donner de l’argent à nos rejetons pour qu’ils aillent acheter des documents qui ne leur apporteront rien, si ce n’est contribuer à les embrouiller.
SIDZABDA
