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MARCHE DE SOUTIEN A OLIVIER DUBOIS SUR FOND D’ENLEVEMENTS AU MALI

Bamako doit se réveiller

Alors que les amis, proches et confrères de Olivier Dubois, du nom du seul otage français connu dans le monde, battaient le pavé à Bamako pour exiger sa libération, trois Chinois et des Mauritaniens travaillant pour des entreprises de construction, tombaient dans les serres  d’individus armés. En effet, arrivés à motos, bien armés et opérant en terrain connu, les assaillants, après la prise d’otage, ont incendié le matériel de travail qu’ils ont trouvé sur place. Il s’agit en l’occurrence de grues, de  citernes à goudron ou encore de compacteurs. Et comme à l’accoutumée, ils ont emporté des véhicules afin de renforcer leur dispositif logistique. Les terroristes voudraient faire un pied de nez à Bamako qu’ils ne s’y prendraient pas autrement d’autant que ce rapt intervient au moment où les appels se multiplient afin d’obtenir la libération du journaliste français Olivier Dubois qui vient de passer cent jours entre les mains de ses ravisseurs. C’est dire si Bamako a tout intérêt à se réveiller. Car, tout porte à croire que chaque jour qui passe, les groupes armés ne font que gagner du terrain. Si fait qu’ils peuvent frapper là où on les attend le moins. Et comme pour ne rien arranger, la force Barkhane qui venait en appui aux Forces armées maliennes (FAMA), est en train de faire son paquetage au moment où le Mali traverse une transition politique à l’issue incertaine.

 

Bamako ne doit pas se gargariser des pourparlers en cours

 

Car, depuis quelque temps, des voix et pas des moindres, s’élèvent de plus en plus pour non seulement exiger la prorogation du délai de la transition, mais aussi pour réclamer la candidature de l’actuel locataire du palais de Koulouba qu’est Assimi Goïta, à la prochaine présidentielle et ce, alors même que la Charte de la transition l’en empêche. Cela dit, il faut craindre que les Maliens, dans les jours à venir, ne passent leur temps à se chamailler pour le pouvoir et laisser le terrain à l’ennemi   qui n’en demande pas plus. A moins que les négociations avec certains leaders de groupes armés que sont Iyad Ag Ali et Amadou Kouffa, dont il est de plus en plus question, n’aboutissent à quelque chose de positif, permettant de sauver le Mali qui, à l’instar du Niger et du Burkina Faso, est menacé dans son existence. Et même là, on peut en douter. Car, les terroristes sont ainsi faits qu’ils n’entendent raison que quand ils savent qu’ils sont acculés et que le rapport de forces est totalement en leur défaveur. Bamako ne doit donc pas se gargariser de ces pourparlers en cours, dit-on, pour dormir sur ses lauriers sous peine de se laisser dicter sa conduite par des terroristes. N’est-ce pas déjà assez que le Mali, avec ces enlèvements d’expatriés et tueries en série, fasse l’objet d’une triste publicité au point de voir certains de ses partenaires techniques et financiers prendre le large ? Il y a donc lieu que les autorités de la Transition prennent la mesure du péril. Car, à l’allure où vont les choses, le Mali (touchons du bois) risque de sombrer et ses voisins avec.

 

Boundi OUOBA

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